Accident mortel à Scott: face-à-face raté avec le suspect

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Une amie des victimes de l'accident mortel, Nicky Gilbert, était présente au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce lundi. «Je voulais voir le gars, parce que ça me fait fâcher ce qu'il a fait», a-t-elle confié.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les proches de Louis-David Fournier et Dereck Bolduc-Coulombe, dont les vies ont été fauchées lors d'un violent face-à-face samedi soir à Scott, en Beauce, n'ont pu voir le conducteur soupçonné d'avoir conduit sa fourgonnette en état d'ébriété, causant le tragique accident. Si certains sont volontairement restés à la maison, trop en peine, d'autres ont fait le pied de grue au palais de justice, en vain.

L'homme de 31 ans d'origine guatémaltèque, seul au volant d'une fourgonnette impliquée dans l'accident mortel de samedi soir, était toujours hospitalisé, lundi, et n'a pu comparaître comme prévu au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce. 

Blessé au bassin lors de la collision survenue vers 23h, il n'avait toujours pas obtenu son congé de l'hôpital, lundi après-midi, retardant les procédures d'enquête. La Sûreté du Québec (SQ) a confirmé le report de sa comparution vers 15h30, après des heures d'incertitude. 

Dès sa sortie du centre hospitalier, le travailleur et résident de Saint-Anselme doit être interrogé par les enquêteurs au quartier général de la SQ. Des sources bien au fait du dossier ont confirmé qu'il aurait besoin d'un interprète puisqu'il ne parlerait fluidement que l'espagnol. 

Le présumé chauffard devrait ensuite être amené devant un juge, mardi. La SQ a l'intention de déposer deux accusations de conduite avec les capacités affaiblies causant la mort. 

Des amis de Dereck et Louis-David se sont présentés au palais de justice au courant de la journée de lundi, dans l'espoir d'assister à la comparution. Le Soleil a pu s'entretenir avec Nicky Gilbert. «Premièrement, je voulais voir le gars, parce que ça me fait fâcher ce qu'il a fait», a-t-elle confié. 

Déjà choquée par la perte de ses amis, la jeune femme a trouvé encore plus frustrant d'apprendre que le conducteur de l'autre véhicule était possiblement sous l'effet de l'alcool. «Ça m'a vraiment fait fâcher. Je trouve ça plate un peu que le monde fasse encore ça de nos jours... Tu penses pas que ça peut arriver à tes amis.»

Louis-David Fournier était selon elle apprécié de tous. «Quand tu lui parlais, t'avais l'impression d'être son ami tout de suite. C'était vraiment un bon gars. Je connais pas personne qui l'aimait pas», a-t-elle louangé.

Présente au rassemblement spontané d'une centaine de personnes en l'hommage des disparus dimanche soir, à Saint-Bernard,  elle s'est dite touchée et encouragée par la solidarité démontrée par ses camarades. «C'est comme ça ici en Beauce, on est comme une grosse gang et tout le monde se connaît.»

Peu de membres des familles des victimes se sont présentés au palais de justice. Jointe au téléphone, une tante de Dereck Bolduc-Coulombe a expliqué que la famille n'avait pas l'intention de se présenter à la comparution. Sa mère «est dans tous ses états», a-t-elle dit.

Encore lundi, la SQ s'est faite avare de commentaires sur l'état de santé des deux autres passagers, une femme et un homme dans la jeune vingtaine, qui se trouvaient également à bord du véhicule conduit par Louis-David Fournier.

Deux tantes de la jeune Beauceronne blessée étaient au palais de justice lundi. Ces dernières ont fait savoir qu'aux dernières nouvelles, leur protégée était plongée dans un coma à l'hôpital, où elle a subi une opération d'urgence le soir de l'accident. Selon ces deux proches, leur nièce n'est toujours pas tirée d'affaire. Si elle s'en sort, elles appréhendent d'importantes séquelles. 

Le quatrième passager, seul à être conscient après l'impact, a réussi à sortir du véhicule de lui-même mais présentait tout de même de graves blessures. Il serait hors de danger.

La mort en direct

Des témoins ont raconté au Soleil, dimanche et lundi, que des amis, à bord d'une autre voiture, suivaient le groupe de quatre impliqué dans l'accident sur la route 171. L'un d'eux a écrit sur les réseaux sociaux qu'il était «dret en arrière» au moment du face-à-face. «Je capote...»

Toujours selon des témoins, la voiture aurait été soulevée sous la force de l'impact, avant de retomber lourdement sur la chaussée quelques mètres plus loin. Les amis dans la voiture derrière ont voulu leur porter secours, mais leurs camarades étaient coincés par la tôle froissée.

Dimanche soir, des jeunes ont voulu rendre hommage... (Photo fournie par Félicia Jacques) - image 2.0

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Dimanche soir, des jeunes ont voulu rendre hommage aux victimes en faisant vrombir leurs moteurs et crisser leurs pneus, faisant monter des nuages de fumée blanche dans les airs. 

Photo fournie par Félicia Jacques

Défoulement collectif pour des proches

La centaine de proches des deux victimes de l'accident de Scott qui s'étaient rassemblés à Saint-Bernard, dimanche soir, ont plus tard migré vers le lieu du face-à-face pour procéder à une séance de défoulement collectif.

Un cortège d'automobiles a ainsi convergé sur la route 171 vers 21h, dimanche, à l'angle de la rue du Pont et du rang Saint-Étienne. La nuit tombée, des jeunes ont commencé à faire des traces sur la chaussée avec leurs véhicules, sous les cris d'encouragement de leurs camarades. D'autres appuyaient sur les capots pour mettre davantage de pression sur les pneus, créant encore davantage de fumée blanche dans l'air.

Le manège a duré au moins une bonne demi-heure. Selon des jeunes présents sur place, c'était pour eux leur façon de rendre hommage aux disparus. Louis-David Fournier, alias Podil, originaire de Saint-Bernard, et Dereck Bolduc-Coulombe, de Saint-Lambert-de-Lauzon, étaient deux adeptes d'automobiles, nous a-t-on fait comprendre.

Tolérance policière

Des autopatrouilles de la Sûreté du Québec ont été dépêchées sur les lieux dimanche soir. Les policiers auraient toléré la situation et n'ont pas demandé aux jeunes d'évacuer l'endroit, même s'ils bloquaient partiellement la chaussée. Dans l'émotion du moment, une jeune femme est même montée sur le capot d'un véhicule de la SQ.

Tristes et en colère 24 heures après le drame survenu samedi vers 23h, les jeunes ont pu se recueillir sous encadrement policier pour le reste de la soirée. 

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