Écrasement d'un hydravion sur la Côte-Nord: un impact «à la verticale»

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Après avoir retrouvé la carcasse de l'hydravion d'Air Saguenay, dimanche, et s'être assuré qu'il n'y avait pas de survivants, les Forces armées canadiennes ont passé le relais à la SQ lundi.

La Presse Canadienne

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Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Tadoussac) Selon le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), l'hydravion d'Air Saguenay dans lequel six personnes ont péri dimanche au nord de Bergeronnes, sur la Côte-Nord, s'est écrasé à la verticale, tout près du sommet d'une montagne.

Les policiers et les enquêteurs du BST s'apprêtant... (Collaboration spéciale, Steeve Paradis) - image 1.0

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Les policiers et les enquêteurs du BST s'apprêtant à retourner sur les lieux de l'écrasement, lundi midi. Le poste de commandement de la SQ se trouve à environ 25 kilomètres du site, un secteur inaccessible en véhicule.

Collaboration spéciale, Steeve Paradis

«Il n'y a pas encore d'hypothèse retenue, mais on peut dire que l'impact [de l'appareil] s'est produit à la verticale. Il a percuté sur le museau», a déclaré l'enquêteur responsable du dossier, Pierre Gavillet, à sa sortie de l'hélicoptère qui le ramenait des lieux de l'écrasement. «Il y a bien des raisons pour lesquelles un avion peut se retrouver à la verticale. On ne veut pas spéculer sur les causes de l'accident pour l'instant et il reste à comprendre le pourquoi.»

D'après M. Gavillet, l'écrasement s'est produit dans un cap de roche assez escarpé, rendant les recherches particulièrement difficiles. Les débris sont toutefois concentrés dans un rayon assez restreint. Les enquêteurs du BST retourneront sur les lieux du crash mardi matin afin de compléter leur analyse de la scène.

Toujours selon le BST, le Beaver qui s'est écrasé était en bon état, selon les carnets de vol, et il avait réalisé des vols sans anicroche dans les jours précédents.

Même si la Sûreté du Québec (SQ) a refusé de confirmer l'information, deux des victimes sont identifiées. Il s'agit du pilote de l'hydravion, Romain Desrosiers, un employé d'expérience chez Air Saguenay, et une touriste française, Émilie Delaître. Les quatre autres victimes seraient d'origine britannique, mais encore là, pas de confirmation du côté de la SQ.

Les conditions météo ont considérablement nui aux efforts de recherche lundi. En raison d'un plafond bas et d'une pluie persistante, les policiers de la SQ et les enquêteurs du BST n'ont pu arriver sur les lieux de l'accident avant 14h, même si l'hélicoptère avait décollé deux heures avant.

Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, l'hydravion qui datait de 1956 aurait décollé du lac Long, près de Tadoussac, vers 11h15, afin de faire un tour d'observation du secteur. Les conditions météo étaient alors excellentes. Les touristes avaient acheté leur billet auprès d'Aviation du Fjord, une filiale des Croisières AML qui vend des circuits touristiques sur les ailes d'Air Saguenay.

Selon la porte-parole des Croisières AML Sarah Leblond, Aviation du Fjord fait affaire depuis trois ans avec Air Saguenay et la relation se déroulait au beau fixe durant tout ce temps. Aucun incident notable n'avait été signalé avant l'accident de dimanche.

Après avoir retrouvé la carcasse dimanche et s'être assuré qu'il n'y avait pas de survivants, les Forces armées canadiennes ont passé le relais à la SQ lundi. C'est le corps policier qui aura la charge de sortir les corps des victimes avant de les remettre au Bureau du coroner en chef du Québec. Cette pénible tâche ne devrait pas se faire avant mardi, si les conditions le permettent.

La scène de l'accident, dans un secteur densément boisé et escarpé, n'est pas accessible par la route ou par des sentiers de VTT. C'est pourquoi le centre de coordination se trouve au poste de Tadoussac de la SQ, à une trentaine de kilomètres des lieux de l'écrasement.

Très belles conditions de vol

La compagnie Air Saguenay s'explique mal ce qui a pu se produire dimanche pour qu'un de ses appareils s'écrase dans un secteur montagneux et densément boisé au nord de Les Bergeronnes, sur la Côte-Nord, faisant six morts.

La Sûreté du Québec a confirmé le décès des six personnes, en fin d'après-midi, lundi.

Selon le vice-président d'Air Saguenay, Jean Tremblay, les conditions de vol étaient «très, très belles».

«La visibilité était illimitée, avec des vents légers», a souligné M. Tremblay, en entrevue avec La Presse Canadienne, lundi.

«À première vue, les conditions météorologiques ne sont pas du tout en cause, c'est clair», a-t-il déclaré, encore sous le choc de la nouvelle.

«Ça ne va pas tellement bien, a-t-il avoué, visiblement ébranlé. Ce n'est pas une belle journée pour nous. C'est très difficile pour l'équipe d'Air Saguenay.»

M. Tremblay a ajouté que l'appareil était piloté par un vétéran comptant près de 6000 heures de vol et qui était à l'emploi de l'entreprise familiale depuis 14 ans. L'appareil, un De Havilland DHC-2 Beaver, comptait 25 000 heures de vol, ce qui n'est pas inhabituel pour ces avions construits dans les années 1950 et 1960.

«C'est un appareil très fiable, constamment mis à niveau par le manufacturier, qui est soumis à un entretien annuel et des entretiens périodiques. Celui-là n'était pas dû pour une inspection», a précisé M. Tremblay.

L'hydravion transportait six personnes, soit le pilote et cinq passagers, dont les identités n'ont pas encore été dévoilées par la Sûreté du Québec.

Il s'agissait d'un survol touristique de 20 minutes, rien de plus qu'un banal «tour d'avion», en partance du lac Long, situé environ à mi-chemin entre Les Bergeronnes et Tadoussac.

Selon les informations obtenues par La Presse Canadienne, aucun appel de détresse n'a été logé par l'appareil avant l'écrasement.

Le premier appel d'urgence a été reçu par la Sûreté du Québec pour un appareil manquant à l'appel. L'aide des Forces armées canadiennes et de ses parachutistes a permis de survoler le secteur et de localiser l'hydravion.

La carcasse n'est pas accessible par une route. Elle se trouve dans un secteur boisé et très escarpé à six kilomètres de Les Bergeronnes.

Des bûcherons ont dû aménager un espace à proximité de l'avion accidenté pour permettre à l'hélicoptère de la SQ et à d'autres appareils de se poser sans risque. Le travail s'effectue par temps pluvieux.

L'identité des victimes n'a pas encore été dévoilée. La SQ a indiqué que leur identification ainsi que l'enquête sur les décès relèvent de la responsabilité du Bureau du coroner. Les dépouilles seront transportées au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecines légales, à Montréal, à des fins d'expertises.

La SQ dit poursuivre son travail d'enquête sur les lieux de l'accident.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a également dépêché une équipe d'enquêteurs sur les lieux de l'écrasement.

Air Saguenay avait instauré un nouveau système de sécurité à la suite d'un écrasement survenu en juillet 2010 à Chutes-des-Passes, au Lac-Saint-Jean. Six personnes étaient à bord d'un avion d'Air Saguenay pour un voyage de pêche; quatre d'entre elles sont mortes dans l'accident.

Avec La Presse Canadienne

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