Policier accusé dans l'affaire Guy Blouin: «un petit baume sur les plaies»

L'annonce de la mise en accusation de l'agent... (Le Soleil, Erick Labbé)

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L'annonce de la mise en accusation de l'agent Simon Beaulieu a poussé des habitués de place du Parvis à prendre part à un rassemblement spontané devant l'église Saint-Roch.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La mise en accusation d'un policier de Québec relativement au décès de Guy Blouin est un «petit baume sur les plaies» des habitués du parvis de l'église Saint-Roch, dont certains ont vu la mort en direct le 3 septembre 2014. Mais ce n'est «qu'un pas dans la bonne direction» devant beaucoup de chemin à faire pour rétablir les ponts avec la justice.

Dans les jours suivant la mort de Guy Blouin, la colère grondait sur le parvis de l'église Saint-Roch, un endroit fréquenté à l'occasion par le cycliste. Certains parlaient déjà des tensions à venir; des manifestations avaient aussitôt été organisées. L'une d'elles a mené à neuf arrestations.

Les émotions des premiers jours, plus vives, ont ensuite laissé place au devoir de mémoire. C'est ainsi qu'est né le Comité du 3 septembre, responsable d'honorer la mort de Guy Blouin, notamment par des actions politiques.

Jean Fortin, témoin de la collision avec l'autopatrouille conduite par l'agent Simon Beaulieu, est membre du comité depuis le début. Il en est pratiquement devenu le porte-parole. «Je suis content. C'est déjà un premier bon résultat. Je trouvais que ça tardait», a-t-il réagi mercredi, joint au téléphone par Le Soleil. «[Les accusations], ça traduit le fait qu'ils [les représentants du Directeur des poursuites criminelles et pénales] ont pris conscience et qu'ils ont vu que quelque chose ne marchait pas.»

Un régulier du parvis, M. Fortin était exceptionnellement à l'extérieur de la ville au moment où la nouvelle est tombée, mercredi matin, sans quoi il aurait pris part au rassemblement spontané organisé devant l'église Saint-Roch.

M. Fortin sera là pour la suite des choses. Il prévient d'ailleurs que le combat du Comité est loin d'être terminé. «C'est un petit baume sur nos blessures, mais on continue la lutte jusqu'au bout.»

Délais trop longs

Le porte-parole a réitéré mercredi que les délais des enquêtes entre corps policiers étaient beaucoup trop longs et que celles-ci manquaient de transparence. «Ce n'est pas normal le délai d'un an que ça a pris. [...] On ne veut pas fesser sur la tête d'un policier, on veut que les enquêtes soient plus clairvoyantes», a-t-il exprimé.

M. Fortin attend avec impatience l'entrée en vigueur du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) promis par le ministère de la Sécurité publique en décembre dernier, et dont les assises avaient été préparées par le Parti québécois avant même l'accident. «Les lois ont été passées [pour la création du BEI], pourquoi est-ce qu'on a quand même utilisé l'ancien mécanisme d'enquête?» a demandé M. Fortin.

Un autre habitué du parvis, Pierre Bilodeau, dit avoir confectionné la croix apposée sur un arbre, en souvenir de Guy Blouin. Lui-même, comme bien d'autres habitués du parvis, ne le connaissait pas personnellement. Il a simplement été touché par l'événement qui s'est produit à deux pas de l'organisme (Engrenage) où il oeuvre bénévolement.

Selon M. Bilodeau, les accusations contre le policier sont une bonne nouvelle pour les personnes marginalisées, avec qui il a l'occasion de travailler. «Ils vont retrouver une confiance envers la justice, croit-il. Un policier doit payer comme un citoyen doit payer. La loi s'applique à tout le monde.»

Commémoration le 3 septembre

Le décès de Guy Blouin sera rappelé à la mémoire le 3 septembre. «On va organiser un rassemblement sur le parvis. Il va y avoir une assemblée commémorative, de la musique, un petit mot par les gens du quartier et une soupe populaire», explique Françoise Laforce de la Ligue des droits et libertés.

Selon ce que constate la représentante de la Ligue, la mobilisation populaire est toujours nécessaire, notamment pour améliorer la relation de confiance policiers-citoyens, déjà fragile avant le 3 septembre 2014. «On veut se doter d'un discours commun sur la façon dont doivent se faire les interventions policières dans le quartier. Essayer de créer un dialogue», précise Mme Laforce.

«Une des demandes était que les autopatrouilles demeurent dans la rue plutôt que de rouler sur le parvis lorsqu'une intervention était nécessaire. On pensait que c'était réglé après avoir eu des discussions avec le haut commandement de la police. Pourtant, des gens rapportent avoir vu des autopatrouilles sur le parvis cet été. On dirait que la communication ne se fait pas toujours bien», conclut-elle. Jean-François Néron

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