Affaire Guy Blouin: vers une augmentation des mises en accusation

Dans le quartier Saint-Roch, le 3 septembre 2014,... (Photothèque Le Soleil, Steve Jolicoeur)

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Dans le quartier Saint-Roch, le 3 septembre 2014, une autopatrouille a reculé à haute vitesse sur le cycliste Guy Blouin, entraînant sa mort.

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(Québec) Assistera-t-on à un plus grand nombre de mises en accusation de policiers pour des gestes commis dans l'exercice de leurs fonctions? Fort probable, soutient l'expert en affaires policières Stéphane Berthomet.

La mise en accusation de l'agent Simon Beaulieu témoigne peut-être bien pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) d'une nouvelle façon de gérer les dossiers de nature criminelle, impliquant des policiers.

Il prend en preuve deux événements récents. Le 18 juillet, une collision impliquant un véhicule semi-banalisé de la SQ a fait trois innocentes victimes au Lac-Saint-Jean. La police de Québec mène actuellement l'enquête.

Mais surtout, il y a eu en mai une accusation de conduite dangereuse ayant causé la mort portée contre un policier de la Sûreté du Québec. Celui-ci était au volant d'une voiture de filature qui a happé mortellement un garçon de cinq ans en février 2014 à Longueuil.

L'inculpation survenait au terme d'une seconde enquête réclamée à grand cri. «Le témoignage d'une dame avait poussé le DPCP à faire marche arrière, à refaire l'enquête et porter des accusations», lance celui qui est aussi auteur de nombreux ouvrages et articles sur les questions policières et judiciaires.

«À Québec, il y a eu des veilles, des manifestations publiques à la suite du décès du cycliste. Le poids et la sensibilité de l'opinion publique comptent. Avant, on [le DPCP] avait tendance à évacuer un peu rapidement la mise en accusation. Là, on semble faire preuve de prudence et mettre en accusation. On laisse la justice suivre son cours.»

M. Berthomet signale que certains pays, dont la France, procèdent presque systématiquement à des mises en accusation. «Porter une accusation aide à faire la preuve qu'on va au bout du processus judiciaire, poursuit-il. À terme, la conclusion du tribunal ne souffrira pas de la critique.»

Surpris

Le spécialiste se dit surpris de la gestion de ce dossier depuis les premiers moments. «Ça laisse l'impression qu'on a traité ça avec une certaine légèreté. La façon dont la scène a été modifiée en déplaçant le véhicule et le vélo après l'impact. Il y a aussi eu l'information qui a été diffusée, sans jamais être confirmée, concernant la défectuosité du système de freinage ABS. Ça donnait l'impression que le policier n'était pas imputable.»

Enfin, M. Berthomet indique que ces mises en accusation ne sont peut-être pas étrangères à des pressions politiques. «C'est possible que des gens [au gouvernement] veuillent que tout se fasse dans la transparence», conclut-il.

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