Policier accusé pour le décès d'un cycliste: onde de choc chez les policiers de Québec

À l'aube du premier anniversaire de la mort... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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À l'aube du premier anniversaire de la mort du cycliste Guy Blouin, le DPCP a confirmé, mercredi matin, que le policier comparaîtra par voie de sommation au palais de justice de Québec le 16 octobre. Sur la photo, la reconstitution de l'événement.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La nouvelle de la mise en accusation de Simon Beaulieu a créé une onde de choc au sein de la police de Québec. Des collègues du policier estiment que la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) est purement politique.

«Il [le DPCP] a cédé aux pressions populaires», nous ont dit deux policiers de Québec qui se sont exprimés sous le couvert de l'anonymat.

«Le DPCP a préféré laisser le système de justice juger de la conduite du policier plutôt que de porter l'odieux de la décision de ne pas l'accuser», pense un autre confrère, qui se demande par ailleurs si le policier aurait été accusé si la victime, Guy Blouin, n'avait eu qu'un bras cassé. «Est-ce qu'on accuse quelqu'un à cause de son comportement ou à cause de la gravité de la conséquence?» s'interroge-t-il.

«Il va y avoir un procès. Si le policier est acquitté, au moins, il y aura eu apparence de justice», philosophe un autre.

Tous les policiers interrogés par Le Soleil ont fait un lien avec l'histoire du bambin de Longueuil tué pendant une filature. «Le DPCP avait décidé de ne pas porter d'accusations, la ministre [de la Justice, Stéphanie Vallée] s'en est mêlée, et le policier impliqué a finalement été accusé. La pression était tout aussi forte pour qu'il y ait des accusations [dans le cas du policier du Parvis]», résume l'un d'eux.

Nos interlocuteurs ont par ailleurs dit craindre les répercussions que la décision du DPCP pourrait avoir sur le travail de la police. «Il ne faudrait pas que les patrouilleurs se sentent freinés dans leur travail par crainte d'être accusés si un accident arrive quand ils répondent à un appel d'urgence, par exemple», s'inquiète un policier.

Un autre croit que c'est exactement ce qui risque de se produire. «Le policier va vouloir protéger sa job et il va faire moins de zèle», pense-t-il.

Une chose est sûre, nous dit-on encore à la police de Québec, «il n'y a pas un policier qui se lève un matin avec l'intention de blesser ou de tuer quelqu'un». Ce qui est arrivé demeure un accident, insiste-t-on, faisant ainsi écho aux propos déjà tenus par le chef Michel Desgagné.

«Mais c'est sûr que ce genre d'événements force les patrouilleurs à réfléchir sur leur travail et à la nature des infractions qui sont commises. S'il n'y a pas de vie en danger, jusqu'où doivent-ils aller pour intercepter quelqu'un?» se questionne un policier.

La Fraternité des policiers et des policières de la Ville de Québec (FPPVQ) n'a pas voulu commenter la décision du DPCP, se contentant d'en «prendre acte» et préférant «laisser la justice faire son oeuvre». «Le syndicat assure qu'il offrira son support au policier concerné», a indiqué la FPPVQ dans un bref communiqué diffusé mercredi après-midi.

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