Mort de Guy Blouin: le policier a droit à la présomption d'innocence, dit le chef du SPVQ

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Le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Michel Desgagné avait affirmé, un mois après l'événement du 3 septembre 2014, que la mort de Guy Blouin était un «accident» déplorable.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) «Comme tout citoyen, le policier a droit à la présomption d'innocence.»

Visiblement sonné par la tournure des événements dans l'affaire Guy Blouin, le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Michel Desgagné, a brièvement commenté, mercredi, les accusations déposées par le Directeur des poursuites criminelles et pénales contre l'agent Simon Beaulieu.

«Concernant ce dossier, le SPVQ laissera le processus judiciaire faire son travail. Nous continuerons à collaborer comme nous l'avons fait depuis le début», a déclaré M. Desgagné en marge du congrès de l'Association canadienne des chefs de police, tenu à Québec ces derniers jours. À l'instar des médias et du grand public, le patron du SPVQ n'a pris connaissance de l'acte d'accusation que mercredi matin.

Dans sa brève allocution, après laquelle il n'a répondu à aucune question des journalistes, M. Desgagné a fait savoir que Beaulieu avait été affecté dès «ce matin [mercredi]» à des tâches administratives jusqu'à nouvel ordre. Accusé notamment de conduite dangereuse causant la mort, «il lui est interdit de conduire un véhicule d'urgence pour le temps des procédures».

Présomption d'innocence

Avant de s'éclipser promptement, M. Desgagné a tenu à rappeler que «comme tout citoyen, le policier a droit à la présomption d'innocence».

Ce même Michel Desgagné avait affirmé, un mois après l'événement du 3 septembre 2014, que la mort de Guy Blouin était un «accident» déplorable. Il avait également pris soin de défendre ses deux patrouilleurs.

«C'est un accident et on le déplore. Si ça avait été un citoyen qui avait été en cause, c'est ce que tout le monde aurait dit. La différence ici, c'est que c'est des policiers», avait-il dit au Soleil, le 14 octobre. Il avait aussi assuré que son service de police faisait preuve «de transparence»

Rappelons que Beaulieu avait été promu enquêteur quelques jours seulement après la collision avec le cycliste de 48 ans. «Si on avait bloqué son affectation temporaire, ça aurait été comme le punir avant la conclusion de l'enquête de la SQ», avait alors justifié un porte-parole du SPVQ.

Beaulieu a connu des jours plus heureux en uniforme. En 2012, Le Soleil rapportait qu'il avait, avec un autre collègue, sauvé la vie d'un homme qui tentait de mettre fin à ses jours. «Quand on rentre dans la police, oui, on souhaite sauver la vie de quelqu'un», avait déclaré le policier, qui avait reçu une médaille d'action méritoire pour son geste.

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