Surdoses liées au fentanyl: trois décès à Québec

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La Direction de santé publique de la Capitale-Nationale a répertorié 11 cas de surdoses sévères, dont trois décès, liés à la consommation de fentanyl au cours des derniers mois seulement.

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(Québec) La vague de surdoses liées à la consommation de fentanyl qui frappe le pays déferle aussi sur Québec. La Direction de santé publique de la Capitale-Nationale a répertorié 11 cas de surdoses, dont trois décès, au cours des derniers mois seulement.

La situation est préoccupante au point que les autorités médicales envoyaient le 2 juillet un premier appel à la vigilance à tous les organismes qui oeuvrent auprès des toxicomanes de la région: CLSC, personnel d'urgence, pharmaciens, organismes communautaires et policiers, explique Catherine Chagnon, agente d'information pour le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS).

On y expliquait alors que des comprimés contenant du fentanyl circulaient sur le territoire de la ville de Québec. Cet analgésique opioïde, des dizaines de fois plus puissant que la morphine et l'héroïne, est vendu sous la forme d'un comprimé bleu, portant l'inscription A-215 et surnommé «la petite bleue».

«Nous avons eu des informations au début juillet de la présence de cette nouvelle drogue, rapporte Mme Chagnon. Ces informations ont été prises assez au sérieux pour que le directeur de santé publique, François Desbiens, décide de faire enquête de manière systématique sur les cas de surdoses sévères qui étaient rapportés.»

Outre la dangerosité intrinsèque de cette drogue, le problème réside dans le fait que ce sont des comprimés contrefaits. «C'est vendu comme de l'oxycodone [produit actif de l'Oxycontin] ou une autre drogue. Les gens consomment donc un produit autre que ce qu'ils croient consommer à l'habitude. C'est un leurre», explique Mme Chagnon.

La Direction de la santé publique a entrepris son enquête épidémiologique le 8 juillet. Le 6 août, date à laquelle elle faisait parvenir un second appel à la vigilance, elle avait répertorié 11 cas de surdoses sévères liés à la consommation de fentanyl, dont trois décès. Les personnes touchées sont âgées de 19 à 44 ans.

Dans la rue

Mario Gagnon est bien au fait de ce qui se passe dans la rue. Le directeur général de Point de repères, organisme qui travaille auprès des toxicomanes, avait entendu parler d'une nouvelle drogue disponible dans la région depuis quelques mois déjà.

«Les utilisateurs nous rapportaient que dans le même lot de comprimés, quelqu'un pouvait ne pas voir d'effets particuliers tandis qu'un autre avait des effets indésirables. On savait qu'il y avait eu des décès dans notre clientèle, mais on ne savait pas alors ce que ça pouvait être.»

En mars, Le Soleil publiait que les ambulanciers de Québec observaient une hausse significative du nombre inhabituel de personnes intoxiquées par les drogues, présentant des symptômes psychotiques et de l'agressivité. À l'époque, le Dr Claude Rouillard, professeur au Département de psychiatrie et de neurosciences de l'Université Laval, disait ne pas être surpris de la situation.

Il avait alors expliqué que le consommateur devient une sorte de cobaye avec la seule promesse de mettre la main sur un stupéfiant, toujours plus puissant et aux effets prolongés. «Ce sont des drogues qui ne sont pas testées. À Montréal, des décès ont été rapportés en lien avec des contaminants, comme le fentanyl.»

Plus récemment, ce même fentanyl a fait la manchette dans tout le pays. En une seule journée, 16 cas de surdoses ont été rapportés à Vancouver. La province a aussi vécu une vague de décès. Parmi les victimes, un adolescent de 17 ans qui croyait consommer de l'Oxycontin et un couple de trentenaires.

Le comprimé est habituellement chauffé, puis injecté. Pour Mario Gagnon, les décès survenus à Québec au cours des derniers mois justifient plus que jamais l'implantation d'un Centre d'injection supervisé. «Ça commence à presser», laisse-t-il tomber. À l'hiver, un rapport concluait à la nécessité d'ouvrir un tel centre à Québec. Un comité doit se pencher au cours des prochains mois sur la forme que prendra le projet, et surtout, son lieu d'implantation.

Dans l'immédiat, M. Gagnon a demandé au centre de santé de la Capitale la possibilité que les intervenants en toxicomanie de son organisme puissent administrer du naloxone en cas de surdose. Le produit a l'avantage de freiner l'action de la drogue. Une façon de sauver des vies lorsque le temps presse. Il n'a pas encore de réponse, mais compte bien revenir à la charge.

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