Radicalisation: les policiers veulent l'aide de la population

Le vice-président de l'ACCP, Mario Harel, a estimé... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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Le vice-président de l'ACCP, Mario Harel, a estimé que les policiers doivent se rapprocher des communautés religieuses afin de prévenir les dérives.

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(Québec) La radicalisation inquiète tous les corps de police du Canada, à un point tel qu'ils ont décidé de faire du phénomène l'élément principal de la 110e Conférence annuelle de l'Association canadienne des chefs de police (ACCP). Selon les autorités, le seul moyen d'enrayer cette problématique, c'est avec l'aide de la communauté.

Durant quatre jours, de dimanche à mercredi, sont réunis au Centre des congrès de Québec plus de 350 policiers et experts. «Le sujet de la radicalisation a été soumis à l'ACCP il y a deux ans en anticipant notamment les événements tragiques qui sont arrivés en octobre dernier à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa», commente Michel Desgagné, chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

Rappelons que le 20 octobre 2014, Martin «Ahmad» Rouleau, un adepte de l'islam radical, avait délibérément happé avec son véhicule deux militaires dans un stationnement commercial du boulevard du Séminaire, près du centre-ville de Saint-Jean, avant d'être abattu par la police. L'un des deux militaires est décédé.

Quelques jours plus tard, soit le 22 octobre, une fusillade a éclaté au parlement d'Ottawa. Michael Zehaf-Bibeau a tué le caporal Nathan Cirillo et a finalement été abattu par les services de sécurité.

Ces deux cas, parmi tant d'autres, ont fait couler beaucoup d'encre à travers le monde. Aujourd'hui, les policiers cherchent des solutions pour «prévenir, agir et rétablir la radicalisation». Ils demandent d'ailleurs l'aide de la population pour détecter les individus plus à risque.

«Le message que nous voulons donner au public, c'est que les autorités ne sont pas les seules concernées par la prévention de la radicalisation», la population doit aussi participer, a souligné le président de l'ACCP, Clive Weighill, aussi directeur du service de Saskatoon. 

Pour Mario Harel, vice-président de l'ACCP, l'aide des citoyens est essentielle pour lutter contre la radicalisation. «C'est un nouveau phénomène qu'on vit réellement au Canada. Il faut travailler en prévention et en collaboration. Ce n'est pas un problème de la police, la radicalisation, c'est un problème de la communauté, souligne-t-il. Le service de police doit assumer un leadership pour engager la communauté au niveau des différents partenaires, nos imams, nos écoles et même les systèmes de justice, mais il ne faut pas nécessairement s'approprier la problématique. Il faut mobiliser la communauté, travailler en prévention et donner des alternatives aux personnes intéressées à se joindre à des idéologies extrémistes», ajoute celui qui est aussi directeur du Service de police de la Ville de Gatineau.

Durant le congrès, les policiers vont notamment discuter des solutions offertes pour déceler des indices qui amènent les gens à se radicaliser. «Il faut non seulement enseigner à nos policiers comment détecter une personne, mais aussi il faut l'enseigner à l'ensemble de la communauté. Il faut apprendre à détecter les changements de comportement, changement de nom, habillement, habitude, une personne qui s'absente plus régulièrement du travail...», indique Michel Desgagné.

Pour l'heure, le chef du SPVQ a précisé qu'aucun endroit à Québec n'est ciblé plus qu'un autre par les autorités. «Je pense que ça serait un défaut des services de police de mettre des oeillères et de cibler des endroits bien précis. Comme avec tous nos partenaires, nous échangeons avec le service de sécurité de l'Université Laval.»

D'ailleurs, l'Université Laval surveille de près la propagation d'idées intégristes sur son campus. Une cellule de crise a été mise en place qui surveillerait l'ensemble des comportements des étudiants.

D'autres problématiques vont aussi être abordées durant le congrès, notamment le crime organisé et la cybercriminalité.

Terrorisme à Québec

Question : Y a-t-il des cellules terroristes à Québec?

«C'est plutôt Internet. Ce n'est pas vraiment palpable, à ma connaissance. Ça se passe surtout par l'informatique. Tu ne peux pas dire, comme avant : ils ont un local et se regroupent à telle place. De ceux que j'ai entendu parler, ils n'avaient pas nécessairement d'attachement à un lieu ou à un groupe» - Michel Desgagné, chef du Service de police de la Ville de Québec

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