Chute mortelle dans un CHSLD: la préposée coupable de négligence criminelle

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La résidence Côté Jardins, dans Sainte-Foy, où le drame est survenu

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Aucune contrainte de temps ne peut justifier un préposé aux bénéficiaires d'escamoter les règles de sécurité et de mettre en péril la vie des patients. C'est ce que la juge Christine Gosselin a rappelé en reconnaissant Houssna Mahamat coupable de négligence criminelle causant la mort d'une octogénaire de la résidence Côté Jardins de Sainte-Foy.

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L'ex-préposée aux bénéficiaires au CHSLD Côté Jardins Houssna Mahamat

Tirée de Facebook

Geneviève Saillant, 87 ans, est morte d'une fracture du crâne après avoir fait une lourde chute du haut de la chaise adaptée, à la sortie de la baignoire.

Le 2 novembre, Houssna Mahamat était chargée de donner les bains à six résidents durant l'avant-midi.

Sa troisième patiente, Geneviève Saillant, était connue comme une résidente à risque de chute qui avait d'ailleurs besoin d'aide pour certains déplacements.

La juge Christine Gosselin a estimé que la jeune préposée, aujourd'hui âgée de 30 ans, avait donné le bain «en contravention flagrante» avec les règles de sécurité.

Elle ne s'est pas préoccupée de mettre la ceinture qui aurait retenu la dame à la chaise. Elle n'a pas non plus vérifié si elle avait bien installé le bras protecteur. Ce bras s'est détaché, provoquant la chute de la dame âgée.

La préposée a augmenté le risque en maintenant la chaise et la baignoire à une hauteur trop élevée et elle n'a pas demandé d'aide, même en sachant qu'elle était incapable de donner le bain de façon sécuritaire.

La législation provinciale prévoit que tout bénéficiaire a le droit de recevoir des soins de façon sécuritaire, note la juge Gosselin. «Ce droit impose au personnel un devoir de dispenser des soins de santé de façon professionnelle et sécuritaire», insiste la juge.

Un fils heureux

Un des fils de Geneviève Saillant, Claude Paré, s'est dit heureux de voir enfin un coupable reconnu dans ce grave cas de négligence.

Il souligne toutefois que la préposée est loin d'être la seule à blâmer.

«Je le sais qu'elle a été négligente, mais ce que j'ai de la misère à comprendre, c'est pourquoi elle était encore à l'emploi ce jour-là malgré deux rapports négatifs», dit M. Paré.

La résidence avait le pouvoir et le devoir de la congédier et elle ne l'a pas fait, regrette le fils endeuillé.

Avec des frais d'hébergement de plus de 4600 $ par mois, la famille s'attendait à des soins de grande qualité, fait remarquer M. Paré.

«On avait vendu la maison familiale pour pouvoir la placer à Côté Jardins, pensant qu'elle y serait en sécurité, car le directeur nous disait qu'il avait le double du personnel, explique Claude Paré. Ça a été une erreur de notre part, elle n'a pas été en sécurité, elle est morte là.»

La famille de Geneviève Saillant avait intenté une poursuite civile contre le CHSLD. Le litige s'est réglé à l'amiable, à la satisfaction de la famille, a indiqué M. Paré.

Houssna Mahamat, mère de trois et bientôt quatre enfants, n'a pas eu beaucoup de réaction dans la salle d'audience après la lecture du jugement. En quittant le palais de justice, la jeune femme a indiqué qu'elle remettait son sort entre les mains de Dieu.

Les observations sur la peine auront lieu plus tard à l'automne.

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