Un neurochirurgien de l'Enfant-Jésus poursuivi pour 7,8 millions $

La plaignante allègue que, le jour de sa...

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La plaignante allègue que, le jour de sa biopsie, son chirurgien aurait procédé sans préavis à l'extraction de 70 % de la tumeur non cancéreuse, même si un traitement par radiothérapie avait été convenu.

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(Québec) Une femme de Québec s'est réveillée paralysée, presque muette et avec des problèmes de vision à la suite d'une chirurgie au cerveau qu'elle n'aurait pas autorisée et qui a mal tourné. Elle allègue que, le jour de sa biopsie, son chirurgien aurait procédé sans préavis à l'extraction de 70 % de la tumeur non cancéreuse, même si un traitement par radiothérapie avait été convenu.

Louise (nom fictif)* et sa famille poursuivent le Dr Claude Picard, neurochirurgien pratiquant à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, pour une somme de 7,8 millions de dollars. Une requête a été officiellement déposée devant la Cour supérieure au palais de justice de Québec, le 5 août.

On y apprend que Louise a su du Dr Picard, le 22 octobre 2012, qu'elle était atteinte d'une tumeur au cerveau et qu'une chirurgie exploratoire par biopsie allait être nécessaire afin de déterminer si elle était maligne ou bénigne.

La masse, qui aurait été présente depuis 15 à 20 ans, avait peu de chances d'être cancéreuse, avait expliqué le spécialiste. Ce dernier s'est montré rassurant devant sa patiente en affirmant que la biopsie représentait «un risque mineur».

Toujours avant la biopsie, Louise et le médecin s'étaient entendus sur les traitements à suivre. «S'il était découvert que la tumeur était bénigne, il est convenu [avec le Dr Picard] d'un traitement non chirurgical, soit de la radiothérapie effectuée à Québec.» Les proches de Louise, dont son conjoint, sont informés de cet accord.

L'opération a lieu le 1er novembre 2012 et, tel qu'anticipé, il s'est avéré que «la masse était bien une masse bénigne». Mais pour une raison qui lui appartient, le Dr Picard ne s'est pas arrêté à ce constat, allègue la poursuite.

«Sans aucune urgence médicale, sans le consentement [et par le fait même] contre la volonté de la patiente, dans l'ignorance de celle-ci, laquelle est endormie», et sans en avoir informé le conjoint - qui était à la disposition du médecin -, «le Dr Picard procède unilatéralement et sans préavis à une chirurgie invasive d'exérèse [une extraction] de 70 % de la masse», relatent les procureurs.

Le Dr Picard serait ainsi «allé à l'encontre du plan de traitement» et aurait «opéré sans autorisation».

Selon la requête déposée en cour, le neurochirurgien «n'a offert aucune explication, se bornant à dire que "tant qu'à être là", il a décidé d'enlever le plus de matière possible, qu'il a dû "accrocher un nerf" et qu'il ne comprend pas.»

Joint par Le Soleil hier, le Dr Picard n'a émis aucun commentaire et n'a pas voulu livrer sa version des faits. Il a cependant déclaré qu'il contesterait «vigoureusement» la poursuite dont il fait l'objet.

«Conséquences désastreuses»

Quant à Louise, «les conséquences ont été désastreuses, comme le sait personnellement le Dr Picard [...] d'autant qu'il aura personnellement connaissance du dossier médical [de Louise]», poursuivent les avocats.

Intubée et inconsciente après l'erreur médicale alléguée, Louise a passé de longs moments sur son lit d'hôpital. Lorsqu'elle a fini par se réveiller, elle ne pouvait plus parler et a aussitôt subi une trachéostomie. Le jour même de l'accident, il était impossible de connaître l'ampleur des séquelles à venir.

La femme sera hospitalisée trois autres mois et devra ensuite passer six mois au Centre de réadaptation François-Charron.

Au terme de cette «catastrophe», Louise, qui avait 56 ans au moment des faits, n'est plus la même. Cette «femme professionnellement active [sténographe], d'envergure et reconnue dans la communauté juridique, fière, indépendante, élégante, mère, grand-mère et épouse dévouée», est aujourd'hui «paralysée, confinée à un fauteuil roulant, sourde du côté gauche, invalide et dépendante de son entourage».

Elle a notamment dû réapprendre à parler avec ses cordes vocales artificielles, les siennes étant paralysées. Par conséquent, elle s'exprime faiblement «et avec grand effort». Elle ne peut presque plus voir, ne peut plus lire ni écrire.

Le Soleil a pu discuter brièvement au téléphone avec la plaignante, hier. Cette dernière n'a pas voulu parler publiquement des procédures qu'elle enclenche.

Pour l'ensemble des torts causés, elle demande un dédommagement de 7,35 millions de dollars, alors que son conjoint, ses fils et leurs conjointes, tous à ses côtés pour lui venir en aide au quotidien, réclament 450 000 $.

* Un nom fictif a été utilisé à la demande de la plaignante

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