Lac-Beauport: un pompier congédié, réintégré et... suspendu

Le capitaine pompier à temps partiel Guy Gosselin... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le capitaine pompier à temps partiel Guy Gosselin affirme que la municipalité de Lac-Beauport lui a vite fait savoir qu'il n'était pas le bienvenu à son retour au travail.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Sept mois après avoir été forcée par la Commission des relations du travail (CRT) de réintégrer son capitaine pompier à temps partiel Guy Gosselin, congédié en juin 2013, la municipalité de Lac-Beauport vient de le suspendre à nouveau de ses fonctions avec deux collègues de travail sur un fond de climat tendu qui perdure depuis quatre ans au service de protection contre l'incendie.

La mairesse de Lac-Beauport, Louise Brunet, a confirmé mardi les suspensions de Guy Gosselin et de ses collègues François Richard et Philippe Bolduc, mais n'a pas voulu en préciser les raisons. «Une enquête est en cours», a-t-elle simplement déclaré, ajoutant que la situation n'était pas vraiment grave et qu'elle devrait être réglée d'ici quelques semaines.

Le Soleil a cependant appris des principaux intéressés que la suspension aurait été causée par leur refus de signer une lettre dans laquelle ils se seraient engagés à ne s'adresser à personne au-dessus de leur supérieur hiérarchique en cas de problème.

Retour difficile

Guy Gosselin, qui est aussi pompier à temps plein à la Ville de Québec, tentait depuis plusieurs semaines d'entrer en contact avec les membres du conseil municipal. Il voulait leur faire part des difficultés vécues depuis son retour au travail en janvier, après que la CRT eut annulé son congédiement et forcé la municipalité à le compenser pour le salaire perdu durant un an et demi.

«C'est loin d'être facile, même si la CRT m'a donné raison sur toute la ligne et qu'aucune des allégations invoquées lors de mon congédiement n'a été retenue. Quand je suis revenu au travail, on m'a vite fait sentir que je n'étais pas le bienvenu, le climat est demeuré très froid», explique M. Gosselin. «Le directeur adjoint m'a même carrément dit : "Toi, tu ne fais pas partie de l'état-major!"» poursuit-il.

«Je n'ai pas l'intention d'abandonner après m'être tant battu. J'avais rencontré deux conseillers et on devait se revoir pour que je dévoile ce qui s'était passé sous l'administration précédente et qui avait mené au jugement de la CRT, la guerre des nerfs qui se poursuit au service, car rien n'a été rétabli. Mais je n'ai jamais eu de nouvelles», poursuit-il. C'est après ces tentatives d'entrer en contact avec le conseil que le directeur du service a demandé aux pompiers de signer la fameuse lettre.

Sans salaire

Un autre pompier suspendu, François Richard, également pompier à temps plein à la Ville de Québec, s'était pour sa part fait suspendre et retirer son titre de lieutenant à Lac-Beauport par l'ancien conseil municipal après que lui et Guy Gosselin eurent tenté de négocier les conditions de travail des pompiers.

«C'est un règlement de compte parce que moi et Guy avions osé demander de meilleures conditions de travail pour les pompiers. L'ancien conseil et le directeur général, qui est toujours en poste, nous ont pris en grippe», affirme-t-il au Soleil, ajoutant que leur récente suspension, d'abord avec solde, a été transformée en suspension sans salaire lundi.

«On nous reproche d'être entrés dans la caserne sans motif valable suite à notre suspension alors qu'on y est allés simplement pour signer notre feuille de temps à la fin du mois. D'ailleurs, personne ne nous avait dit qu'on ne pouvait y aller», poursuit M. Richard.

Celui-ci ajoute que lui et MM. Gosselin et Bolduc ont d'ailleurs tous fini par signer la fameuse lettre en litige. «Nous sommes de bonne foi, alors une fois suspendus, on l'a signée, mais on a indiqué dans notre courrier électronique qu'on se réservait le droit d'aller voir un palier supérieur en cas de conflit avec notre supérieur hiérarchique», conclut-il en ajoutant que cela n'avait cependant pas amené la municipalité à revoir leur suspension.

Trois sources de tension

Dans sa décision dans le dossier de Guy Gosselin, la CRT avait reconnu qu'un climat tendu existait au service de protection contre les incendies de Lac-Beauport. Elle précisait toutefois qu'on ne pouvait en imputer tout le blâme, comme la municipalité avait tenté de le faire, à Guy Gosselin, un pompier d'expérience, qualifié et respecté par la majorité de ses collègues.

Elle avait plutôt identifié trois causes : un conflit personnel entre Guy Gosselin et son frère Denis, qui a depuis quitté le service, un clivage entre les pompiers à temps partiel qui occupent aussi un emploi à la Ville de Québec et les autres pompiers, et une négociation longue et ardue qui s'est soldée par une adoption des conditions de travail par le conseil municipal à l'insu de tous les pompiers en janvier 2013.

Pour la CRT, tous les pompiers avaient été impliqués dans une mesure variable dans un conflit de travail et leur confrontation visait à dénouer l'impasse et à rechercher une solution. 

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