Le repaire des Hells Angels dans Charny sera démoli

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Lors du passage du Soleil lundi, les bâtiments faisant partie du repaire n'avaient déjà plus leur apparence originale.

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(Québec) Le dernier repaire des Hells de la région de Québec sera démoli cette semaine. Fermés par les policiers lors de l'opération SharQc, les immeubles situés au 2289, du Quartier-d'Antan, dans Charny, sont inhabités depuis six ans. Ils disparaîtront finalement du paysage.

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On laisse aux Hells Angels le soin de faire table rase et de payer la facture de la démolition.

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Un permis de démolition valide du 4 au 7 août a été octroyé par la Ville de Lévis à Récupération de métaux Rive-Sud, confirme Nicole Rodrigue, conseillère en communication pour la Ville. Ordonnée par la cour, la démolition sera faite aux frais de cette entreprise, présidée par Daniel Beaulieu, un membre en règle des Hells de la section de Québec. 

Arrêté lors de l'opération SharQc, Daniel Beaulieu a passé les six dernières années derrière les barreaux. Il est un homme libre depuis mai, à la suite de l'abandon des procédures contre lui. Depuis, il songe à poursuivre le gouvernement du Québec pour ses années de prison, mais «sa décision n'a pas encore été prise», soutient son avocate, Me Nellie Benoît.

Le bunker où il avait ses habitudes a toutefois été officiellement confisqué par le gouvernement du Québec en mai. Dans son jugement, la cour ordonne à Daniel Beaulieu et à son entreprise de «terminer les travaux requis pour l'enlèvement et l'évacuation des matériaux, des débris et de tout conteneur ayant servi à ladite démolition», de nettoyer et de remettre le terrain en bon état d'ici le 7 octobre.  

Lors du passage du photographe du Soleil lundi, les deux bâtiments faisant partie du repaire n'avaient déjà plus leur apparence originale, des portes, des fenêtres et le revêtement ayant déjà été enlevés. 

Contrairement à la démolition du bunker de Trois-Rivières, survenue il y a un mois, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n'est aucunement impliqué dans ce chantier. On laisse aux Hells Angels le soin de faire table rase et de payer la facture. 

«C'est très différent. On intervient absolument d'aucune façon là-dedans», s'est contenté de dire MRené Verret, porte-parole du DPCP. 

À la Ville de Lévis, on soutient que la démolition sera faite sous la surveillance policière de la Sûreté du Québec (SQ). Ann Mathieu, porte-parole de la SQ, se fait toutefois plus discrète. «On est au courant du jugement et très au fait de la situation, mais je n'irais pas jusqu'à dire qu'on fera de la surveillance», dit-elle. 

Avenir du terrain

Les terrains où se trouvent les bâtiments du bunker ont été saisis et appartiennent désormais au Procureur général du Québec. Des discussions sont toujours en cours entre le DPCP et la Ville de Lévis, qui aimerait s'en porter acquéreur. «Il n'y a encore rien de réglé là-dedans», soumet Me Verret. 

Les trois lots qui appartenaient aux motards criminels sont avantageusement situés près du parc industriel et de l'autoroute 73. Leur valeur combinée, sans les bâtiments, est de 355 400 $, selon la dernière évaluation.  La Ville de Lévis souhaite qu'ils lui soient cédés (ou vendus à faible coût), afin de récupérer au moins 75 000 $ en taxes impayées.

En 2003, après une longue saga judiciaire qui... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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En 2003, après une longue saga judiciaire qui aura duré six ans, le bunker des Hells de Saint-Nicolas avait finalement pu être saisi et détruit. 

Photothèque Le Soleil

Une démolition plus discrète qu'en 2003

Le bunker des Hells de Charny n'est pas ce qu'on peut appeler un symbole de la guerre des motards au Québec, ayant été en activité à peine un an et ayant peu fait parler de lui.

Inauguré le 24 mai 2008, il a été perquisitionné le 15 avril 2009 par les policiers participant à l'opération SharQc. Depuis, il était frappé d'une ordonnance de blocage, empêchant son propriétaire d'en faire usage ou de le vendre. 

Il était le deuxième repaire du groupe criminalisé à voir le jour sur le territoire de la ville de Lévis. Sa démolition sera certainement moins courue qu'en 2003, alors qu'on avait mis à terre le bunker de Saint-Nicolas, qui avait été en activité pendant 15 ans, en plein quartier résidentiel. 

Le repaire avait été détruit sous l'oeil des policiers, journalistes, citoyens et même des motards, qui regardaient la scène depuis la maison d'à côté, en exhibant leur logo par la fenêtre, racontait alors Le Soleil.

Mobilisation citoyenne

Les citoyens s'étaient mobilisés contre la présence du bunker de Saint-Nicolas après qu'une bombe eut explosé devant l'édifice de la rue du Pont, en mars 1997. Des manifestations avaient eu lieu devant l'immeuble. 

Après une longue saga judiciaire, qui a - tout comme pour le bunker de Charny - duré six ans, celui de Saint-Nicolas a finalement pu être saisi et détruit.

À cette époque, les spécialistes s'entendaient pour dire qu'on avait gagné une bataille, mais pas la guerre contre les motards.

Les autres bunkers au Québec

Trois-Rivières: Le célèbre bunker qui a été en activité pendant 25 ans a été démoli à la fin juin, après avoir été confisqué en même temps que celui de Charny, en mai. La Ville de Trois-Rivières a renoncé aux taxes impayées, mais elle a hérité du terrain, d'une valeur de 67 000 $. La démolition a été financée à même les profits découlant des biens criminels confisqués. 

Sorel-Tracy: Le premier bunker des Hells à avoir vu le jour au Québec, en 1977, a été détruit en 2008 par un incendie criminel. Le terrain où il était situé a été confisqué au profit du procureur général du Québec en mars dernier. Depuis, des pourparlers sont en cours avec la ville de Sorel-Tracy pour savoir ce qui adviendra du terrain.

Sherbrooke: Le repaire situé dans le secteur de Lennoxville accumule les défauts de paiement de taxes municipales. La Ville de Sherbrooke a entrepris début juin un recours hypothécaire qui devrait lui permettre d'acquérir le bâtiment, de le démolir, et de revendre ensuite le terrain.

Saint-Basile-le-Grand: Le bunker a été saisi en 2004 et détruit le 30 janvier 2006. Deux résidences privées ont été construites sur les terrains vacants.

Démolition du repaire des Hells Angels dans Charny

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