Sainte-Brigitte-de-Laval doit réintégrer son ex-dg et son ex-directeur juridique

L'ex-directeur général Gaétan Bussières (photo) et l'ancien directeur... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'ex-directeur général Gaétan Bussières (photo) et l'ancien directeur juridique Sylvain Déry ont gagné leur cause contre la Ville de Sainte-Brigitte-de-Laval.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Après plus d'un an et demi devant les tribunaux et des dépenses de plus d'un demi-million $, la Ville de Sainte-Brigitte-de-Laval devra réintégrer dans leurs fonctions l'ancien directeur général Gaétan Bussières et l'ancien directeur des affaires juridiques Sylvain Déry, suspendus, puis congédiés au début de 2014 quelques semaines après l'arrivée au pouvoir de l'équipe de la mairesse Wanita Daniele.

La Commission des relations du travail a rendu lundi une décision donnant raison sur toute la ligne aux deux anciens cadres de la Ville, annulant du même coup leur suspension et leur destitution et décrétant qu'ils avaient été victimes de harcèlement psychologique.

En plus de leur verser tout le traitement qui aurait dû leur être versé depuis leur suspension, Sainte-Brigitte-de-Laval devra réintégrer les deux cadres, dans les huit jours pour M. Déry et dans les 30 jours pour M. Bussières, si la décision n'est pas contestée.

Directeur général de la Ville depuis neuf ans, M. Bussières s'inquiétait à l'époque des liens de l'équipe politique de Mme Daniele avec les détracteurs des services administratifs de la Ville et il craignait une vengeance de celle qu'il avait remerciée de ses services de directrice de l'aménagement du territoire en 2012.

« Le congédiement de Gaétan Bussières se révèle donc arbitraire, déraisonnable et non fondé. Il ne constitue pas une décision '"sage, opportune, judicieuse et non précipitée" prise dans l'intérêt de la Ville. Sa plainte de congédiement doit être accueillie », écrit la commissaire Myriam Bédard dans sa décision de plus de 130 pages.

La commissaire a démoli l'enquête de la Ville et les motifs invoqués pour congédier ses anciens cadres. « Il est difficile, voire impossible, de cerner précisément les éléments qui ont été vérifiés dans le cadre de l'enquête. On sait toutefois ce qui ne l'a pas été : les versions de MM Bussières et Déry non plus que celles des membres de l'équipe des élus municipaux qui a pris les décisions concernées.»

Harcèlement

La commissaire a également abordé la question du harcèlement dont ont été victimes les deux ex-cadres. « Il est difficile de ne pas voir de harcèlement psychologique, d'abord dans les gestes de plusieurs citoyens aucunement réprimés par la Ville, mais aussi dans les comportements des nouveaux dirigeants entre le moment de leur arrivée au pouvoir (et même dans les semaines qui ont précédé) et la fin d'emploi de MM Bussières et Déry (et même après) », écrit-elle également.

La juge administrative estime que les gestes posés par l'administration Daniele équivalaient à offrir les employés en pâture et à ouvrir toute grande la porte aux harceleurs qui ne pouvaient qu'être encouragés par les déclarations de la mairesse, qui parlait sans retenue de fraude, d'illégalité et de corruption sur les médias sociaux et dans les médias traditionnels.

« Plusieurs des gestes posés transpirent la vengeance (...) Que la motivation soit la vengeance de la mairesse, qui a été remerciée par la Ville à titre de directrice de l'aménagement du territoire, ou le simple fait de vouloir plaire à certains citoyens n'a pas d'importance. Seul le résultat compte », résume Mme Bédard.

Soulagement

Lundi, tant Sylvain Déry que Gaétan Bussières se disaient soulagés par la décision et prêts à réintégrer leurs fonctions à Sainte-Brigitte-de-Laval malgré la longue bataille judiciaire livrée contre la Ville et même s'ils occupent présentement d'autres emplois.

« C'est un soulagement au niveau personnel et professionnel. Je suis soulagé que justice soit faite », a déclaré M. Bussières au Soleil, ajoutant qu'il avait entrepris ces démarches d'abord et avant tout pour laver sa réputation. « La réputation, c'est quelque chose de précieux et je suis heureux de constater que mes qualifications professionnelles aient été reconnues dans cette décision sans équivoque», poursuit celui qui est maintenant directeur des finances et du greffe à Shannon.

Sylvain Déry s'est aussi dit heureux et soulagé, ajoutant qu'il n'avait jamais douté du résultat des procédures judiciaires. « J'ai toujours prétendu que les motifs de nos congédiements étaient farfelus. Imaginez, il y avait 40 motifs de congédiement pour Gaétan Bussières et moi-même! Tout ça après avoir dit aux citoyens qu'ils allaient mettre dehors le directeur général et le directeur des services juridiques », indique celui qui travaille présentement chez Deblois avocat, mais souhaite aussi reprendre son ancien emploi.

« J'ai très hâte de retrouver mon bureau et mes collègues de travail et de recommencer à travailler pour les citoyens de Sainte-Brigitte », a-t-il déclaré en estimant qu'il en coûterait « au moins 100 000 $ » de plus à la Ville si elle décidait de porter en révision la décision après en avoir déboursé un demi-million $.

Quant à la mairesse Wanita Daniele, il a été impossible d'obtenir ses réactions à la décision lundi soir. Un courrier électronique envoyé à l'élue par Le Soleil est demeuré sans réponse.

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