Un enfant de six ans électrisé au Patro de Charlesbourg

Jordan Pelletier a été brûlé aux deuxième et... (Photo tirée de Facebook)

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Jordan Pelletier a été brûlé aux deuxième et troisième degrés sur ses deux mains, jeudi après-midi, lorsqu'il a inséré une broche de métal dans une prise de courant située près des jeux d'eau, dans la cour arrière du Patro de Charlesbourg.

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(Québec) Un enfant de six ans a été brûlé aux deuxième et troisième degrés sur les deux mains, jeudi après-midi, lorsqu'il s'est électrisé en insérant une broche de métal dans une prise de courant extérieure située dans la cour arrière du Patro de Charlesbourg. Furieuse et abasourdie par ce qu'elle qualifie de «négligence», la mère du garçon, qui était toujours hospitalisé vendredi, envisage de poursuivre le camp de jour.

Jordan Claveau-Pelletier, six ans, jouait avec des amis autour des jeux d'eau, vers 13h30. Plusieurs dizaines d'enfants s'amusaient alors au même endroit, surveillés par leurs moniteurs. Le ratio est d'un accompagnateur et d'un assistant pour un maximum de 20 jeunes. 

Jordan et des camarades ont soudainement repéré une prise de courant, à un pied du sol et sans capuchon de sécurité, sur un bâtiment situé à quelques dizaines de mètres des jeux d'eau. C'est après s'y être rendu incognito que le petit groupe a amorcé un dangereux manège. 

«Ils se donnaient des défis de mettre des broches dans la prise de courant et les petits garçons disaient : "Allez, t'es pas game de faire ça, et si tu ne le fais pas on va rire de toi!"», a raconté Alexandra Pelletier, la mère de Jordan, dans un récit publié sur Facebook, jeudi soir. 

Après avoir vu un ami mettre un seul bout d'une broche - probablement trouvée sur les lieux - dans la prise de 120 volts, sans conséquence, Jordan a plié la pièce de métal en deux et a inséré chaque extrémité dans la prise. Il a aussitôt reçu une décharge électrique, se brûlant sévèrement aux deux mains. 

En pleurs et en douleur, l'enfant a été transporté en ambulance à l'hôpital de l'Enfant-Jésus, où il a reçu des soins à l'unité des grands brûlés. Des photos partagées par sa mère sur Facebook montrent clairement les marques de la broche et d'imposantes cloques d'eau.

Accident ou négligence? 

Toujours sur les réseaux sociaux, Mme Pelletier a mis en doute la qualité de surveillance assurée par les moniteurs. «Au nombre de surveillants de terrain qu'il y avait aujourd'hui, il n'y avait personne qui surveillait ce que le groupe faisait, même pas son moniteur, et là, l'impensable s'est passé. [...] La broche faisait quoi là? Les surveillants de terrain étaient où? Depuis quand on laisse des enfants seuls?» s'est-elle interrogée.

Au lendemain de l'événement, Mme Pelletier ne dérougissait pas. «J'appelle pas ça un accident, j'appelle ça de la négligence. À la tonne de groupes [ils sont 1200 enfants inscrits au Patro] et de surveillants, je peux pas croire que ça s'est passé», a-t-elle déclaré, jointe par Le Soleil. 

Elle envisage maintenant de poursuivre le camp de jour, bien qu'elle prévoit d'abord s'asseoir avec la direction du Patro pour entendre sa version des faits. 

Chose certaine, il n'y a aucune chance qu'elle envoie de nouveau son Jordan au camp de jour de Charlesbourg. «C'est fini», a-t-elle tranché, avant de lâcher une nouvelle kyrielle de doléances. «Il y a des patrouilleurs de camp supposés de faire le tour du Patro voir si y'aurait pas des objets dangereux justement pour ne pas que ça arrive», a-t-elle souligné. Et elle n'arrivait toujours pas à s'expliquer comment deux jeunes ont eu le temps de jouer avec la prise «à 30 pieds du moniteur».

Répondant au Soleil depuis l'hôpital, Mme Pelletier a aussi confirmé que son fils était toujours hospitalisé, vendredi. Il a été transféré au CHUL et devrait obtenir son congé samedi. 

Le Patro réagit

Carole Pelletier, directrice générale du Patro de Charlesbourg, a fait face à ses responsabilités, vendredi. Elle n'a rien nié et a confirmé que les événements s'étaient bel et bien produits selon les dires de la mère. Mais elle a refusé de prendre l'entière responsabilité. 

«Pour le moment, j'enquête à savoir ce qui s'est passé. Est-ce que le Patro a eu un manque à quelque part? [Pour le moment], je n'ai pas d'information qui me dit qu'il y a eu un manquement», a-t-elle expliqué.

Normalement, des capuchons de sécurité protègent les prises électriques extérieures. Mais pas celle avec laquelle Jordan Claveau-Pelletier et ses amis s'amusaient. «Celle-là n'était pas recouverte. Le boîtier a été cassé. Je ne suis pas en mesure de dire depuis quand.»

Le Patro a pris plusieurs actions dès jeudi, déclenchant une enquête interne. Les circuits branchés aux prises de courant du bâtiment extérieur situé près des jeux d'eau ont été mis hors tension et le resteront jusqu'à nouvel ordre. Un électricien venu inspecter la prise doit aussi remettre un rapport au camp de jour. Selon lui, le disjoncteur a fonctionné, ce qui a probablement aidé l'enfant dans sa malchance.  

Le moniteur ou la monitrice du groupe de jeunes garçons a été rencontré jeudi. 

Quant aux menaces de poursuites, la directrice générale du Patro a dit comprendre la mère d'être furieuse. «C'est très légitime de sa part [d'être en colère et de vouloir nous poursuivre]. Elle va faire ce qu'elle va juger qui est correct de faire.» Les deux femmes se sont parlé au téléphone vendredi matin.

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