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Meurtre dans Saint-Sauveur: «Pas une surprise pour personne»

La police de Québec a poursuivi son enquête... (Collaboration spéciale Steve Jolicoeur)

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La police de Québec a poursuivi son enquête toute la journée lundi, questionnant les témoins de l'agression survenue au 610, rue Colbert, à Québec, vers 20h.

Collaboration spéciale Steve Jolicoeur

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(Québec) La coopérative d'habitation l'Étale, où est survenu le meurtre dimanche, est un milieu de vie accueillant à la fois une clientèle familiale et des gens souffrant de problèmes de santé mentale, question de favoriser la réinsertion et la mixité sociale.

Bien qu'étroite, la cour arrière où l'altercation a débuté sert de terrain de jeux à plusieurs enfants. «Ma fille était rentrée une demi-heure avant pour prendre son bain. C'est troublant», témoigne Nathalie Lortie, la voisine d'en bas du suspect, Sylvain Fournier. 

Selon elle, cette agression «n'est pas une surprise pour personne». M. Fournier, qui vit à cet endroit depuis «au moins cinq ans», avait des problèmes de consommation de drogue et d'alcool, qui, combinés à ses problèmes de santé mentale, le rendaient instable. «Les policiers étaient déjà venus pour lui», soutient Mme Lortie. 

Se présentant comme une femme «qui a déjà eu une deuxième chance aussi», Mme Lortie dit toutefois croire au bien-fondé de la mixité sociale. «Par contre, il faudrait qu'ils (les malades) soient mieux suivis», ajoute-t-elle. 

Une autre voisine semblait quant à elle terrifiée lundi matin. «C'est épouvantable. Je pense déménager», a-t-elle lancé, question de protéger ses enfants. 

Le résidant qui est venu au secours de la dame qui s'est fait poignarder a raconté au Soleil être lui-même atteint de troubles anxieux. «Je suis médicamenté et suivi pour ça (...) Est-ce que là, les gens vont avoir peur de moi, et des autres?», s'inquiète-t-il. 

Le conseil d'administration de la coopérative a tenu une réunion d'urgence lundi soir au sujet du meurtre. 

«Les gens sont sous le choc. Mais le centre de crise de Québec est dans le dossier et va rencontrer tous les membres», explique Sandra Turgeon, directrice générale de la Fédération des coopératives d'habitation de Québec, Chaudière-Appalaches.

Garder leur ouverture

Mme Turgeon affirme que selon les règles de la Régie du logement, on ne peut pas discriminer un membre en raison de leurs antécédents judiciaires. Elle espère qu'après avoir encaissé le choc, les membres de la coopérative vont garder «leur belle ouverture» face aux gens atteints de problèmes de santé mentale. 

Même souhait de la part de Benoît Côté, directeur général de PECH, l'organisme de Québec qui vient en aide aux personnes qui font l'objet de plaintes à la police alors qu'elles sont en détresse ou intoxiquées.

«De tristes événements comme ça, ça véhicule une image que tous les malades mentaux sont dangereux, alors que c'est totalement faux», dit-il. 

Même s'il ne veut pas minimiser le «geste très grave» qui a été posé, il espère que la population ne cédera pas à la peur. «Ça fait 25 ans qu'on travaille avec ces gens-là, et jamais un de nos intervenants n'a été agressé de cette façon», indique-t-il. 

Sylvain Fournier n'était pas suivi par PECH, mais par «un autre organisme», indique M. Côté, sans spécifier lequel.

Les victimes venues de France pour visiter leur fille

Originaires de la région de Nice, les victimes Joachim Aracil et Arlette Aracil étaient à Québec pour visiter leur fille, selon des informations recueillies par Le Soleil. Celle-ci devait d'ailleurs rencontrer des représentants du Consulat général de France à Québec lundi, un entretien qui a finalement été remis à plus tard.

«Je pense qu'elle souffre énormément», mentionne Yasmine Berthou, porte-parole du Consulat, présumant que cette rencontre ne doit pas être dans les priorités de la jeune femme pour le moment. «Il lui faudra beaucoup de courage», ajoute-t-elle. «Elle vit un drame qu'on ne souhaite à personne.» La jeune femme est au chevet de sa mère qui, aux dernières informations obtenues par Le Soleil, repose dans un état stable.

Reste à savoir si l'appartement où a eu lieu le drame était celui de la fille des victimes. Pour le moment, le Service de police de la Ville de Québec indique qu'il s'agirait de «l'appartement d'une connaissance de la victime». On ne sait également toujours pas si la fille des victimes était sur les lieux au moment du crime.

Échos en Europe

La nouvelle a retenti jusqu'en France lundi, alors que des médias, dont les quotidiens Libération et Sud Ouest, en ont fait mention. «On voit que ça a un écho jusqu'en France», commente Mme Berthou. Un écho qui pourrait assombrir l'image qu'ont les Français de la ville de Québec? «Non, assure la porte-parole. C'est un drame. Des drames, il y en a partout.»

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