Exclusif

Deux trafiquants blâment la police de les avoir incités au crime

«Compte tenu des quantités de stupéfiants impliqués et...

Agrandir

«Compte tenu des quantités de stupéfiants impliqués et de la nature de ceux-ci, la conduite de la police a dépassé les bornes de l'acceptable à un point tel que permettre à la poursuite de suivre son cours équivaudrait à un abus de procédure judiciaire de la part de l'État», écrivent les avocats.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Deux trafiquants qui ont vendu plus de 25 000 comprimés de métamphétamine réclament l'arrêt des procédures, car, allèguent-ils, ce sont les policiers qui les ont incités à commettre les crimes.

Anthony Brochu, 24 ans, de Québec, et Dave Audet, 36 ans, de Repentigny, viennent tout juste d'être reconnus coupables par le juge Alain Morand de la Cour du Québec d'avoir fait le trafic de métamphétamine, une drogue de synthèse, et d'avoir eu en leur possession l'argent fruit du crime.

Ils avait été ciblés au début janvier 2011 par la GRC, qui enquêtait sur la vente de stéroïdes aux mineurs.

Un agent d'infiltration, jouant les maniaques de musculation, réussit à rencontrer Anthony Brochu, qui lui vend des stéroïdes.

L'agent d'infiltration de la GRC, bientôt rejoint par un deuxième au fil des scénarios, va rapidement demander de la peanut (métamphétamine), toujours plus de peanut.

Dave Audet, fournisseur, entre en scène lorsque les commandes deviennent plus considérables.

À l'été, trafiquants et clients s'entendent sur une transaction de 100000 comprimés. Plus de 25000 comprimés seront livrés et payés avant que les policiers ne mettent fin au projet d'infiltration, qui a déjà coûté cher en ressources humaines et financières. Méfiants, les trafiquants ont fini par couper les ponts. Dave Audet et Anthony Brochu seront arrêtés le 26 octobre 2011 et remis en liberté sous conditions.

Conduite «illégale»

Les deux avocats des trafiquants, Me Marco Robert et MCharles Levasseur, ont déposé une requête en arrêt des procédures parce qu'à leurs yeux, la conduite des policiers est carrément illégale.

«Compte tenu des quantités de stupéfiants impliqués et de la nature de ceux-ci, la conduite de la police a dépassé les bornes de l'acceptable à un point tel que permettre à la poursuite de suivre son cours équivaudrait à un abus de procédure judiciaire de la part de l'État», écrivent les avocats.

En fait, selon les avocats de défense, les policiers ont offert beaucoup plus qu'une simple occasion et ont, par leurs demandes répétées, littéralement fabriqué et développé le crime de trafic de métamphétamine. «La conduite des policiers aurait amené l'individu moyen, dans la position de l'inculpé, soit une personne avec des points forts et des faiblesses, à commettre le crime», ajoute la défense.

Pour la défense, la conduite des policiers est terriblement choquante, pas seulement pour les accusés, mais aussi pour le public. «Il semble manifeste que le fait pour la police de faire en sorte que des quantités importantes de métamphétamine soient vendues et que l'argent des payeurs de taxes soit distribué et serve potentiellement à générer encore plus de trafic de stupéfiants sans que personne intervienne est susceptible de choquer la conscience de la collectivité», plaide-t-on dans la requête.

Le juge Morand entendra cette requête en octobre.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer