Délit de fuite mortel à Baie-Comeau: les parents «en partie soulagés»

Samuel Arsenault, de Baie-Comeau, est mort en septembre... (Photo tirée de Facebook)

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Samuel Arsenault, de Baie-Comeau, est mort en septembre d'un accident de motocross. Dave Deschenes a été accusé jeudi de conduite dangereuse ayant causé la mort et de délit de fuite.

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(Québec) «Même si Dave Deschenes est finalement accusé, ça ne nous ramènera pas notre enfant.»

Joints par Le Soleil samedi, les parents de Samuel Arsenault, décédé dans un accident de motocross le 7 septembre dernier à Baie-Comeau, sont «en partie soulagés» que Dave Deschenes, 41 ans, ait été accusé jeudi au palais de justice de l'endroit de conduite dangereuse ayant causé la mort et de délit de fuite mortel. Dave Deschenes reviendra en cour le 22 septembre.

Le 6 septembre 2014, Samuel Arsenault était sorti en ville avec ses amis. Vers 23h, l'homme de 18 ans a décidé de revenir à la maison pour récupérer son motocross. «Ils sont allés faire du bruit et des start en ville», raconte le père de la victime, Rock Arsenault. «On pense qu'il a fait ça pour épater ses amis.»

C'est alors que Samuel revenait à la maison vers 1h15 que l'accident est arrivé. Il circulait sur le boulevard Manicouagan en direction ouest lorsqu'il a perdu la maîtrise de son engin et a heurté un trottoir et un lampadaire. Son décès a été constaté à l'hôpital. «Il était près de la maison. Il était seul», confie la mère de la victime, Nancy Imbeault. «On déduit que la personne [Dave Deschenes] était tannée d'entendre du bruit et qu'il a poursuivi notre fils.»

Selon M. Arsenault, Dave Deschenes aurait percuté avec sa voiture, un utilitaire sport, l'arrière du motocross de Samuel. Il aurait par la suite quitté les lieux de l'accident. «C'est ce qui lui a fait perdre le contrôle de son motocross. Il le poursuivait.»

Circonstances nébuleuses

L'accident s'est produit à quelques kilomètres de la demeure de Dave Deschenes. Lors de l'enquête, la Sûreté du Québec (SQ) avait demandé l'aide du public pour déterminer les causes de l'accident. Elle jugeait les circonstances plutôt nébuleuses. «Plusieurs personnes ont été rencontrées» au cours des derniers mois, a confirmé Mélanie Dumaresq, porte-parole de la SQ, ne pouvant pas en dévoiler plus sur les circonstances de l'accident.

Le 1er juillet, Dave Deschenes a finalement été arrêté, 10 mois après l'événement tragique. «On ne le connaissait pas en personne», affirme M. Arsenault. 

«C'est une personne qui n'avait pas de dossier avant. Toutefois, il était considéré comme une personne agressive dans le secteur. On a entendu beaucoup de choses sur lui. Proche de sa maison, il y a un chemin qui mène à une rivière. Les jeunes vont souvent à cet endroit pour se faire des feux à la plage. Il pétait souvent sa coche. Ce n'était pas quelqu'un de patient. Il gueulait après les jeunes. Le chemin n'était pas sur son terrain et la plage non plus», ajoute le père.

Selon les informations du journal Le Manic à Baie-Comeau, Dave Deschenes a aussi comparu le 22 juin dans une autre cause relativement au dossier de Samuel Arsenault. Le procès a été reporté au 10 août. Il serait question de menaces de mort et d'intimidation à l'endroit de mineurs. Des accusations ont également été portées contre les jeunes, rapporte l'hebomadaire.

«Après l'accident de Samuel, des jeunes se sont révoltés...» souligne Mme Imbeault. «Ils passaient devant chez lui. Ils faisaient du bruit. Deux d'entre eux ont eu des lettres d'avocat de M. Deschenes. Des jeunes ont lancé des oeufs chez lui. Au mois de mars, cinq jeunes mineurs ont passé devant sa demeure en voiture, on ne sait pas ce qu'ils ont fait. Dave Deschenes et son frère ont poursuivi les jeunes et les ont retrouvés. Il [Dave] avait un bâton de baseball et son frère menaçait les jeunes. Ils leur auraient même dit que s'ils n'arrêtaient pas, ils allaient en enterrer d'autres...», ajoute encore choquée par ces propos Mme Imbeault.

Marqués par la peur

Les parents de Samuel ont d'ailleurs rencontré Dave Deschenes peu après la mort de leur fils. «On l'a rencontré par hasard au CLSC, car nous avions un rendez-vous avec un médecin. Il n'avait aucun remords», raconte M. Arsenault. «Lorsque je l'ai vu la première, je lui ai dit que j'étais la mère de Samuel. Il m'a alors ri dans la face», ajoute Mme Imbeault. «Il n'y a jamais eu de "je suis désolé".»

Depuis l'accident de leur enfant, Mme Imbeault et M. Arsenault ont beaucoup de difficulté à sortir de la maison de peur de rencontrer Dave Deschenes. «Ce n'est pas facile dans une petite ville comme Baie-Comeau. Depuis que l'événement est arrivé, on cherche à s'isoler. Lorsque l'on sort en ville, on peut le rencontrer. Les derniers mois ont été très difficiles. Samuel était un bon vivant. Il adorait les sports extrêmes. On n'avait aucune misère avec lui. C'était l'idole de son frère de 11 ans...»

En mémoire de Samuel, des jeunes ont demandé au maire Claude Martel de nommer la piste de motocross de l'endroit en son nom.

Dave Deschenes a été libéré sous conditions. Il doit notamment respecter un couvre-feu et ne doit pas posséder d'armes, ce qui inclut un bâton de baseball.

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