Dynamitage à Stoneham: une pluie de roches s'abat sur des résidences

Des résidences, piscines et automobiles de la route... (Collaboration spéciale Steve Jolicoeur)

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Des résidences, piscines et automobiles de la route Tewkesbury à Stoneham ont été endommagées, vendredi, vers 10h30, lorsqu'un dynamitage qui se voulait contrôlé a largement dépassé les limites d'un chantier voisin d'Allen Entepreneur Général.

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(Québec) Une pluie de roches s'est abattue sur plusieurs résidences de Stoneham après qu'un dynamitage eut mal tourné dans un chantier voisin. «J'ai failli me faire tuer», explique un résident qui s'est retrouvé pris sous les projectiles.

Le terrain de Serge Marcoux, situé au 1307, avenue Tewkesbury, à Stoneham-et-Tewkesbury, avait des allures de champ de mines, vendredi après-midi. Autour de ses automobiles et de sa maison endommagées, des roches allant jusqu'à 50 centimètres de long jonchaient le fond de sa piscine, son terrain et son entrée. Dans le bois derrière, la chute d'une pierre d'un mètre de longueur a laissé un trou cinq fois plus gros et déraciné quelques arbres. La cause : un dynamitage qui se voulait contrôlé a largement dépassé les limites d'un chantier voisin, géré par Allen Entrepreneur Général.

L'entrepreneur s'affaire depuis quelques semaines à dynamiter un secteur situé entre l'avenue Belmont et l'avenue Tewkesbury, en vue du développement d'un ensemble résidentiel. Miraculeusement, aucun résident du secteur n'a été blessé dans l'explosion de vendredi.

Vers 10h30, M. Marcoux était en train de sceller des dalles de son entrée à l'extérieur de sa maison lorsqu'il a entendu la sirène annonçant un dynamitage au chantier, séparé de sa cour arrière par un bois d'une bonne cinquantaine de mètres.

«À un moment donné, j'ai entendu un boum incroyable, puis les roches ont commencé à tomber dans le bois derrière.»

Pluie de projectiles

Serge Marcoux s'est alors réfugié accroupi derrière son garage, un réflexe qui lui a possiblement sauvé la vie. Les projectiles sont arrivés en grand nombre partout autour de lui, trouant le toit de sa maison à une dizaine d'endroits, défonçant un mur de son garage et éclatant des dalles de son entrée. «J'étais sûr que j'allais mourir. Je me protégeais la tête.»

Sa femme se trouvait dans la résidence durant l'incident. «Une vitre du sous-sol a éclaté, et ça tremblait. Je pensais que la maison s'écrasait.»

Le couple et tous les résidents du secteur avec qui Le Soleil s'est entretenu s'entendent sur une chose : la force des dynamitages augmentait de plus en plus depuis une semaine.

Les projectiles se sont même rendus de l'autre côté de la rue, où deux vitres de la maison de Jean Lafond ont été fracassées par des roches. Il en a retrouvé au milieu du champ derrière chez lui, à quelques centaines de mètres des limites du chantier, qui se trouve surélevé par rapport aux résidences de l'avenue Tewkesbury.

Pas de surprise

«Je ne suis pas surpris. Cette semaine, je sortais lorsque j'entendais la sirène et je voyais les matelas de dynamitage passer dans les airs au-dessus de la cime des arbres», a raconté le résident.

Selon la Sûreté de Québec, Allen Entrepreneur Général disposait des permis en règle pour dynamiter. La Sûreté du Québec a envoyé des enquêteurs sur place pour évaluer la nature criminelle de l'incident, mais comme personne n'a été blessé, l'enquête pour déterminer si les normes de sécurité au travail ont été respectées revient à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

Le chantier a été suspendu immédiatement après le dynamitage, vendredi, et des inspecteurs de la CSST sont rapidement venus interroger les résidents du secteur. On ne connaît pas encore les conclusions de l'enquête.

Le Soleil n'a pas été en mesure d'entrer en contact avec Allen Entrepreneur général.

Du retard dans les travaux

Les travaux d'Allen Entrepreneur Général derrière l'avenue Tewkesbury étaient en retard de quelques semaines, aurait confié l'arpenteur du projet à un résident dont le terrain a été bombardé de roches, vendredi matin.

«L'arpenteur et le promoteur du projet sont passés nous voir après l'explosion et ils m'ont dit que les travaux étaient deux semaines en retard à cause de la météo», a confié Guy Moisan, dont le mur du cabanon a été défoncé et la table en vitre de patio a éclaté à cause du dynamitage extrême vendredi. Le promoteur aurait aussi assuré à M. Moisan que les dommages causés par l'explosion lui seront remboursés.

Le résident de Stoneham aurait préféré que les dynamiteurs tiennent compte de sa mise en garde, quelques jours auparavant. «Mercredi, l'explosion était tellement forte que l'horloge chez moi a décroché du mur. Alors, je suis allé les voir pour leur dire que c'était exagéré.»

Sismographe

Le soir même, un représentant de l'entrepreneur vient le rassurer chez lui. Il pose un sismographe sur son terrain en lui expliquant qu'il permettra à la compagnie de s'assurer que les explosions ne se répercutent pas jusque chez lui. Les inspecteurs qui sont passés chez Guy Moisan après l'incident n'en étaient pas si sûrs.

«Le gars de la CSST [Commission de la santé et de la sécurité du travail] est venu ramasser le sismographe tout à l'heure pour l'enquête. Il m'a dit que l'appareil n'avait apparemment pas été connecté depuis le 25 juin.»

Non seulement cela, mais le sismographe avait été déposé dans la cour à l'intérieur d'un sac de gravelle. «L'inspecteur m'a expliqué que cela atténuait les vibrations.»

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