L'auteur du «cube blanc» menace de poursuivre la Ville de Québec

Dévoilée le 31 août 1987 à l'occasion du... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Dévoilée le 31 août 1987 à l'occasion du second Sommet de la Francophonie, la sculpture Dialogue avec l'histoire est un cadeau de la Ville lumière à Québec.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Auteur de l'oeuvre Dialogue avec l'Histoire qui sera démantelée cette semaine à la place de Paris, l'artiste français Jean-Pierre Raynaud s'attend à ce qu'elle soit ensuite reconstruite, à défaut de quoi il se promet d'intenter un recours en justice contre la Ville de Québec.

«On n'a pas le droit de détruire une oeuvre d'art. Si on détruit une oeuvre, on peut être poursuivi même si on la possède», a déclaré Raynaud lundi, en entrevue téléphonique avec Le Soleil, à propos de l'éventualité où l'oeuvre surnommée le «Colosse de Québec» ne serait pas reconstruite.

«De ce que j'en ai compris, l'oeuvre sera défaite pour des raisons de sécurité, mais ensuite elle sera refaite. Il n'est pas question qu'elle soit laissée aux oubliettes parce que ça coûte trop cher», a-t-il poursuivi.

Pas question donc de voir la Ville de Québec faire disparaître son oeuvre. «Quand je veux faire disparaître une oeuvre, je le fais moi-même. Je n'aime pas qu'on le fasse à ma place», lance-t-il en faisant référence à sa maison qu'il avait bâtie et qu'il avait détruite en 1993 pour en exposer les morceaux dans des conteneurs chirurgicaux au Centre d'arts plastiques contemporains de Bordeaux.

Informé que la conseillère municipale Julie Lemieux avait laissé entendre qu'on pourrait refaire Dialogue avec l'Histoire ou se tourner vers un autre concept, l'artiste de 76 ans est demeuré bien campé sur ses positions.

«Reconstruire ou faire autre chose? Si on décide de faire autre chose, moi, je fais carrément un procès à la Ville! Il me reste à voir si je suis suffisamment bien protégé de ce côté-là, mais ça n'aurait aucun sens de ne pas reconstruire, surtout que c'est un cadeau qui a été fait à Québec par M. Chirac.»

«Mal construite»

Jean-Pierre Raynaud estime que Dialogue avec l'Histoire a été mal construite au départ pour résister aux intempéries, ce qui expliquerait son état de dégradation aujourd'hui. Il a aussi tenu à rappeler que, bien qu'il ait conçu l'oeuvre, il n'est pas celui qui l'a construite.

«C'est la Ville de Québec qui l'a bâtie. La structure n'a quand même pas été transportée de Paris! J'ai donné les proportions, la liste des matériaux à utiliser à la Ville de Québec et je n'ai pas été trahi, j'ai avalisé la chose, je l'ai reconnue comme mon oeuvre. Cependant, il semble que la technique de base pour construire n'était pas bonne», poursuit-il, avouant qu'il n'était pas familier avec les problèmes d'érosion liés au climat québécois.

Celui qui a reçu en 1986 le Grand Prix de sculpture de la Ville de Paris ajoute que, parmi les oeuvres qu'il a installées un peu partout dans le monde, notamment en France, en Espagne, en Chine et à Cuba, c'est la première fois que l'une doit être démantelée.

Oeuvre controversée

Le plasticien sait que l'oeuvre qui orne la place de Paris à Québec est controversée, mais il ne croit pas que ce soit une raison pour ne pas la reconstruire. «Vous savez sûrement que Picasso était controversé lui aussi. Les artistes qui ne sont pas controversés ne sont souvent pas les meilleurs non plus. Et en plus, cette oeuvre n'est pas outrageuse, ni pour des raisons sociales ni pour des raisons politiques», conclut-il.

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