Procès de Nicolas Lacroix: «Je n'ai jamais entendu Nathan pleurer»

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Le procès de Nicolas Lacroix, 39 ans, s'est amorcé lundi au palais de justice de Québec dans une atmosphère lourde.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Mélanie Bissonnette a encore dans l'oreille le bourdonnement de la déflagration. Son petit Nathan vient de s'effondrer sans faire un seul son, abandonnant son minuscule tracteur à côté de lui. La vie est partie, le drame prend toute la place.

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Une photo de l'arme déposée au dossier de la cour

Photo sûreté du Québec

Le procès de Nicolas Lacroix, 39 ans, s'est amorcé lundi au palais de justice de Québec dans une atmosphère lourde. 

La procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine a d'entrée de jeu demandé à ce que les photos de la petite victime, images qu'elle a qualifiées de «choquantes et perturbantes», ne soient pas publiées.

Contrairement à la coutume, les photos de la scène de crime n'ont d'ailleurs pas été projetées sur les écrans de la salle d'audience. Sans que personne ne s'en plaigne.

La mère de la victime, Mélanie Bissonnette, 39 ans, a raconté à la juge Chantale Pelletier comment, le 3 mai 2012, elle a lancé un appel à l'aide à ses amis Facebook.

La journée est belle, la jeune mère a fait du vélo avec Nathan, âgé de deux ans et demi. Mélanie Bissonnette, vivant seule avec son garçonnet depuis janvier, a toutefois la peur au ventre; un inconnu la harcèle au téléphone nuit et jour.

On saura plus tard que cet homme, Daniel Bédard, qui a depuis plaidé coupable, s'était trompé de cible et pourchassait en fait une homonyme de Mélanie Bissonnette.

Nicolas Lacroix, ami et ex-amoureux, réagit rapidement au cri de détresse. Il propose de venir aussitôt chez la jeune femme pour répondre au téléphone et lui montrer le maniement d'une arme, afin qu'elle se sente davantage en sécurité.

Mal à l'aise, Mélanie Bissonnette commence par refuser l'arme. Lacroix finit par la convaincre. «Il me dit que si ce gars-là déboule chez moi à 2h du matin, soûl, je vais être capable de lui faire peur.»

Dès son arrivée au 15, rue Foisy, dans un quartier modeste du Vieux-Lévis, Nicolas Lacroix débarque avec son fusil de calibre .12 dans son étui.

Gêné, Nathan se cache derrière la jambe de sa mère. Nicolas Lacroix, lui-même père d'un garçon, lui fait des blagues, le fait rire.

La mère et Nicolas Lacroix entrent aussitôt dans la cuisine et s'installent, debout, à la table. Nathan continue à se cacher dans le salon et derrière l'îlot de la cuisine et à faire des «coucous» aux adultes.

Nicolas Lacroix ouvre l'arme, insère une cartouche, la referme et tente de montrer à Mélanie Bissonnette comment ôter le cran de sûreté. Il y va à deux mains, en lâchant un «ben voyons donc», d'impatience.

L'arme, toujours au-dessus de l'étui, pointe vers le bout de la table. Mélanie Bissonnette écoute discrètement la démonstration; elle vient de voir son fils. «Je sens le danger, je me dis : il faut que j'avertisse Nicolas que Nathan est là et que c'est dangereux, mais le coup de feu part», a-t-elle courageusement raconté, la voix brisée par les larmes.

La mère sait que son garçon est tombé. Elle fige sur place. Nicolas Lacroix va voir le petit. «Je n'ai jamais entendu Nathan pleurer, je sais qu'il n'y a rien à faire, témoigne Mélanie Bissonnette. Je ne veux pas regarder Nathan.»

«Je sens le danger, je me dis il faut que j'avertisse Nicolas que Nathan est là et que c'est dangereux, mais le coup de feu part»

Mélanie Bissonnette
La mère du petit Nathan

Les deux sortent de la maison, complètement effondrés. Selon la mère, Nicolas Lacroix s'excuse, lui dit que tout est de sa faute. Il répète qu'il va se suicider.

Mélanie Bissonnette affirme que dans les tragiques cinq minutes qu'aura duré la rencontre, jamais elle n'a remarqué que Nicolas Lacroix avait pu avoir consommé de l'alcool ou de la drogue.

Une voisine accourue sur les lieux du drame a au contraire estimé que Nicolas Lacroix avait bu. «Il était en choc nerveux, mais il y avait aussi une odeur d'alcool», a témoigné Nancy Bergeron.

À l'occasion d'un voir-dire, soit un débat sur l'admissibilité d'éléments de preuve, le premier policier arrivé sur les lieux a aussi indiqué que Lacroix dégageait une odeur d'alcool.

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Nathan est décédé en 2012.

L'accusé, vêtu d'une chemise blanche, les cheveux longs attachés, a de nouveau plaidé non coupable aux deux accusations d'homicide involontaire en utilisant une arme à feu et de négligence criminelle causant la mort.

Les grands-parents de la victime assistent au procès. Depuis trois ans, ils ont d'ailleurs suivi chaque procédure judiciaire.

Le procès se poursuit toute la semaine. L'avocat de la défense Me Herman Bédard a déposé une requête pour faire exclure de la preuve la majorité des éléments amassés contre son client après son arrestation.

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