Exercice illégal de la médecine: un charlatan coupable, des victimes dégoûtées

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L'enquêteur Jean-Louis Granger du Collège des médecins voudrait bien récolter des peines plus sévères pour les faux médecins qui causent de vraies souffrances.

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(Québec) «Vendre de l'espoir à quelqu'un qui est décompté, c'est un scandale!»

Diane Bourget sort en furie de la salle d'audience où Lucien Morin vient de plaider coupable à deux accusations d'exercice illégal de la médecine.

Morin, qui se disait thérapeute, était accusé de 16 chefs, mais la poursuite a accepté d'en retirer 14 en échange d'une reconnaissance de culpabilité rapide.

Dans une procédure expéditive, comme c'est la coutume au pénal, le juge François Khoury a déclaré le charlatan coupable et l'a condamné à l'amende minimale, soit 5000 $ par chef d'accusation. Au total, incluant les frais, Lucien Morin, de Lévis, devra payer 12000 $.

Aux yeux de Diane Bourget, celui qui a gâché la fin de vie de son conjoint, atteint d'un cancer du cerveau, méritait plutôt la prison. «Il se disait spécialiste en autoguérison, mais c'était plutôt de l'autodestruction!»

La dame de Saint-Apollinaire se rappelle encore le premier rendez-vous avec le faux médecin. «Il était pas mal impressionnant avec sa croix dans le cou.»

«Traitement» particulier

Au fil des rencontres, le conjoint de Mme Bourget a investi 700 $ en produits naturels. Lucien Morin lui suggérait notamment de se badigeonner le cou avec de l'iode quatre fois par jour. C'est Mme Bourget qui nettoyait son mari après chaque «traitement», car ce dernier n'avait plus la vue assez bonne pour le faire.

Il lui avait aussi prescrit de prendre quotidiennement 14 capsules de vitamine C.

Diane Bourget était très inquiète de voir son homme ainsi mélanger produits chimiques et naturels, contre l'avis de son médecin. «À la fin, avec ça, il marchait tout croche dans le corridor», se souvient la dame.

Son conjoint est mort le 3 février 2014, à l'âge de 66 ans.

«Je vous en prie, n'achetez pas de l'espoir d'un charlatan, fiez-vous à votre médecin», lance Mme Bourget, entourée de ses deux filles. «Vous êtes mieux de prendre le temps qu'il vous reste à vivre pour vous préparer à partir dans la sérénité et de l'amour.»

Plus de sévérité

L'enquêteur Jean-Louis Granger du Collège des médecins voudrait bien récolter des peines plus sévères pour les faux médecins qui causent de vraies souffrances. «On aimerait avoir plus, mais avec la jurisprudence qu'on a, c'est ce qu'on peut obtenir», indique-t-il, sur un ton résigné.

Lucien Morin a confié à une enquêtrice qu'il «pratiquait» depuis pas moins de 47 ans. C'était la première fois que le Collège recevait une plainte à son sujet.

En plus de payer l'amende - il aura huit mois pour le faire -, Lucien Morin s'est engagé moralement à respecter le Code des professions, qui lui interdit de pratiquer la médecine. S'il y déroge, il n'est toutefois passible d'aucun non-respect d'engagement, contrairement à ce qui se fait en chambre criminelle.

En cas de récidive, les amendes doublent, et le contrevenant peut être accusé d'outrage au tribunal, un crime passible d'emprisonnement.

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