Procès du père Jean-Claude Bergeron: la défense joue le tout pour le tout

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Le père Jean-Claude Bergeron

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(Québec) La défense au procès du père rédemptoriste Jean-Claude Bergeron a tenté le tout pour le tout afin de faire tomber les accusations d'attentat à la pudeur sur une des sept victimes alléguées.

Le procès criminel du rédemptoriste, amorcé en novembre 2013, devrait en principe être terminé.

Mais la défense a fait rouvrir le procès pour déposer en preuve une lettre qui, à ses yeux, vient démolir la crédibilité d'une victime.

L'homme, aujourd'hui dans la jeune cinquantaine, a témoigné au procès qu'en 1995, il a découvert une lettre que son présumé agresseur et surveillant de dortoir, Jean-Claude Bergeron, lui avait écrite en 1979.

Dans cette lettre, le père Bergeron s'excuse d'avoir mal agi. «J'ai demandé plusieurs fois au Seigneur de te protéger et de ne pas te laisser marqué par mes faiblesses», écrivait notamment le religieux.

L'ex-élève du Séminaire Saint-Alphonse s'est rappelé de cette lettre, qui constituait une forme d'aveux à ses yeux, et l'a remise au requérant du recours collectif civil.

L'ancien étudiant a donné un sens «oblique» à cette lettre, a plaidé l'avocat du père Bergeron. «Dans son désir d'alimenter le recours collectif, il a présenté la lettre du père Bergeron comme des excuses pour des gestes illicites alors que c'était des excuses pour des gestes d'impatience envers un élève turbulent», a fait valoir l'avocat.

Une réponse écrite par la victime et sa mère, quelques jours après l'envoi par Jean-Claude Bergeron en juin 1979, permet d'en être certain, affirme la défense.

Dans sa lettre, l'adolescent demande lui aussi pardon au religieux et l'invite à venir le visiter chez lui. Une attitude complètement irréconciliable, croit la défense, avec le témoignage du plaignant, qui avait décrit l'horreur ressentie après les abus sexuels.

À la lumière de cette correspondance nouvellement mise au jour, le témoignage de ce plaignant doit être écarté pour sa non-fiabilité, estime la défense.

Le plaignant a menti lorsqu'il a dit à la cour qu'il avait pris connaissance des excuses du père Bergeron seulement en 1995. «Il a bien fallu qu'il lise la lettre en 1979 pour pouvoir y répondre», soumet Me Massicotte.

La défense demande au juge Jean-Pierre Dumais d'acquitter le religieux sur les quatre chefs concernant cette victime ainsi que sur tous les autres chefs. Au total, le père Bergeron est accusé de 10 chefs d'attentat à la pudeur sur sept anciens élèves âgés de 12 à 13 ans. Les plaignants ont témoigné au procès que le père Bergeron leur donnait des leçons d'hygiène en nettoyant leurs parties génitales. 

La procureure de la Couronne Me Carmen Rioux a indiqué que le plaignant n'avait aucun souvenir d'avoir écrit cette réponse au père Bergeron. Il a toutefois confirmé que la calligraphie lui semblait être la sienne.

Me Rioux a soumis un seul point au juge Dumais. Pourquoi, si la correspondance ne traite que de sujets banals comme un mouvement d'impatience envers un élève turbulent, avoir conservé les lettres durant toutes ces années?

Le juge Jean-Pierre Dumais rendra son jugement le 11 septembre, presque cinq ans après l'arrestation du père Bergeron.

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