Le cimetière Saint-Charles vandalisé

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(Québec) Quelque 170 pierres tombales ont été renversées ou fracassées au cimetière Saint-Charles dans la nuit de mercredi à jeudi. Un acte de vandalisme sans précédent et «choquant», s'indigne le contremaître des lieux.

Des pierres ont été renversées sur le côté... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

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Des pierres ont été renversées sur le côté alors que d'autres ont été carrément fracassées par l'impact.

Le Soleil, Yan Doublet

Robert Julien a fait la troublante découverte jeudi matin vers 8h10, alors qu'il effectuait sa tournée matinale. «Ça m'écoeure», a-t-il confié au Soleil quelques heures plus tard.

Des épitaphes renversées, fracassées et des pierres tombales déterrées jonchent la section du cimetière située entre la rivière Saint-Charles et la rue Saint-Vallier Ouest.

«L'ampleur des dommages est sans précédent pour un cimetière à Québec», a précisé l'abbé Marc Pelchat, du diocèse de Québec, par voie de communiqué.

Parmi les sépultures touchées, certaines datent d'il y a plus de 150 ans, et d'autres sont considérées comme des pertes totales par les autorités du cimetière, le plus grand à Québec. Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) chiffre actuellement les dommages à 100 000 $.

«Quand on ne respecte plus ces lieux sacrés, c'est quoi, la prochaine étape? Qu'est-ce qu'on fait après?» s'interroge l'abbé Pierre Gingras, président du conseil d'administration du cimetière Saint-Charles. «C'est quoi le plaisir de venir briser un lieu comme ça? C'est quoi l'intérêt? C'est simplement de briser pour briser.»

Beaucoup de questions qui demeurent sans réponses, et que se posent tout particulièrement les familles des défunts touchés par cet important acte de vandalisme.

«Ce qui me fait le plus de peine, c'est pour les familles», souligne l'abbé Gingras. 

«Il faudrait que [les responsables] apprennent - ou réapprennent - certaines valeurs de vie en société. Le respect du bien d'autrui, le respect de l'histoire, le respect de la mort, le respect des familles. [...] Une société qui s'aventure dans ça, c'est une société qui n'a pas beaucoup d'avenir.»

Jeudi matin, la nouvelle du crime a été transmise sur les ondes du FM93. Des dizaines de personnes se sont ensuite présentées sur les lieux afin de vérifier si les pierres tombales de leurs proches avaient été vandalisées.

«Ça me bouleverse par en dedans, mais je vais retrouver la bonne humeur parce que je vais la faire arranger, la remettre sur place», a notamment commenté Lise Cloutier-Rhéaume à Radio-Canada. 

Enquête ouverte

Le SPVQ a ouvert une enquête après que l'administration du cimetière Saint-Charles eut porté plainte pour méfaits de plus de 5000 $. Actuellement, l'ampleur de l'infraction porte à croire que plusieurs personnes en sont à l'origine.

Les autorités du cimetière ont assuré jeudi qu'elles ne comptaient pas augmenter la sécurité sur le terrain. Toutefois, elles ont décidé de restreindre l'accès au site à partir de 16h30, et ce, jusqu'à 7h30.

«Nous ne voulions pas avoir beaucoup de gens et plusieurs voitures sur le terrain ce soir [jeudi]», a commenté M. Julien.  «Les gens vont devoir repasser demain [aujourd'hui] ou en fin de semaine».

Au cours des 15 dernières années, entre le 1er mai et le 31 octobre, les grilles du cimetière Saint-Charles ont toujours été fermées. C'est le premier été qu'elles étaient ouvertes au public toute la nuit. 

«Nous les fermions justement pour éviter le vandalisme», explique le contremaître. «Cette année, nous avons pris la décision de les laisser ouvertes pour permettre aux gens de se recueillir; de se promener à pied ou à vélo. C'est très dommage comme situation... Ce sont des grands parcs publics où les gens aiment se promener.»

M. Julien n'était pas en mesure de dire jeudi si le cimetière allait fermer ses portes tout l'été à 16h30 à la suite des actes de vandalisme. «La direction va évaluer la situation et prendre une décision éventuellement».

Pour l'abbé Gingras, il n'y a pas de meilleur moment dans une journée pour se recueillir. «Moi, je refuse de m'enfermer pour préserver la niaiserie des autres», lance-t-il. «Le cimetière, c'est un lieu public. On n'a pas de la peine de 9h à 5h. On ne choisit pas de venir le mardi après-midi en grand soleil pour prier et pour faire mémoire. C'est un lieu qui doit être accessible et respecté, de jour et de nuit. [...] Ce n'est pas parce que les portes sont fermées que le cimetière n'est plus accessible. Il y a des accès qui ne sont pas clôturés. L'endroit demeure accessible à pied. Ce sont des jardins magnifiques où l'on peut se promener».

Des cicatrices pour longtemps

Les autorités du cimetière Saint-Charles ne toucheront pas aux pierres tombales endommagées tant et aussi longtemps que les familles concernées n'auront pas été contactées, précise le contremaître Robert Julien.

Le tout pourrait prendre plusieurs semaines. Et sachant que bon nombre de familles seront certainement injoignables, M. Julien prévoit que l'acte de vandalisme commis dans la nuit de mercredi à jeudi marquera encore longtemps le terrain du cimetière.

Il explique que les épitaphes renversées et fracassées pourraient éventuellement être empilées sur leur sépulture respective, mais ajoute qu'elles ne seront réparées ou déblayées qu'après qu'ait été obtenu l'accord des familles.  Camille B. Vincent

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