Mort du cycliste Guy Blouin: l'intervention de la ministre de la Justice réclamée

Porte-parole du Comité du 3 septembre, Jean Fortin... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Porte-parole du Comité du 3 septembre, Jean Fortin veut des réponses à ses questions sur les évènements ayant mené à la mort du cycliste Jean Blouin, frappé par une autopatrouille.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le Comité du 3 septembre réclame l'intervention immédiate de la ministre de la Justice : Stéphanie Vallée doit forcer le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) à décider une fois pour toutes si les policiers de Québec seront accusés à la suite de la mort du cycliste Guy Blouin, frappé par une autopatrouille.

«On veut que la ministre s'en mêle, [...] qu'elle ait des réponses à donner à la population», lance Jean Fortin, résident du coin et porte-parole pour le Comité du 3 septembre. Rencontré par Le Soleil sur le site du funeste accident dont il a été témoin, il insiste pour que Stéphanie Vallée sorte de sa réserve : «Elle a dit qu'elle voulait des réponses elle-même. Si elle n'en a pas eu, il est temps qu'elle en demande après neuf mois. A-t-elle oublié le dossier?»

Voilà donc déjà neuf mois que Guy Blouin, 48 ans, a été heurté sous les yeux des habitués du parvis de l'église Saint-Roch. Voilà quatre mois que le DPCP a en main la preuve amassée par la Sûreté du Québec.

Faute d'informations tangibles, le ouï-dire est roi... La rumeur qui circule dans la rue veut que l'enquête de la SQ ne mène à aucune accusation; on aurait jugé les témoins peu crédibles, indique Boromir Vallée Doré, un «agent de mixité» à l'Engrenage, organisme communautaire de la basse-ville.

Jean Fortin n'est pas choqué. «Je m'en fous qu'il n'y ait pas d'accusations, balance-t-il fermement. Mais on veut les réponses. [La ministre de la Justice] doit travailler dans le but de rétablir la confiance et qu'on sache, qu'on ait les réponses à nos questions sur ce qui s'est passé le 3 septembre.»

«Le 3 septembre, j'étais sur le banc ici. Quand j'ai entendu l'accélération, je me suis reviré. Je suis venu tout de suite sur le côté. Ils étaient accotés dessus avec leurs genoux», raconte Jean Fortin, devant la croix qui marque encore le lieu de l'impact. «Plus tard, on a su qu'il était mort. Le monde était très en colère.»

Il a bon espoir que la ministre intervienne pour préserver la foi des locaux dans la justice. Il fait remarquer que l'élue s'est impliquée dans le dossier du petit Nicholas Thorne-Belance, cinq ans, tué à Longueuil quand un véhicule banalisé de la SQ a percuté la voiture familiale à 120 km/h. Le DPCP ne voulait pas accuser le policier; il a dû changer son fusil d'épaule.

Si la ministre Vallée a pu s'ingérer cette fois-là, elle le pourra pour le dossier de Québec, évalue Jean Fortin, qui souligne que la confiance en l'enquête policière n'est pas forte dans Saint-Roch.

Pour dissiper les doutes, toute la preuve devra être rendue publique, propose-t-il. «On veut des réponses.» Pourquoi avoir foncé à reculons sur le cycliste? Pourquoi la caméra de la caisse populaire n'a pas filmé la scène? Pourquoi les agents ont immobilisé la victime au sol après l'impact? Pourquoi avoir enlevé le vélo de la scène?

Le cabinet refuse

Alors, l'appel sera-t-il entendu par le cabinet de Stéphanie Vallée? Questionnée par Le Soleil, l'attachée de presse, Jolyane Pronovost, a été claire : «La ministre de la Justice ne s'ingère pas dans la gestion des dossiers du DPCP afin de préserver l'indépendance de l'organisme, nécessaire à une saine administration de la justice.»

On nous recommande du même souffle de nous adresser au DPCP pour obtenir des détails... Détails que le DPCP ne fournit pas.

Le Comité du 3 septembre réunit des citoyens et des organismes communautaires du quartier Saint-Roch, dont la Ligue des droits et libertés et le Regroupement d'éducation populaire en action communautaire.

DPCP: «On ne fixe pas d'échéance»

«Le fait qu'un policier est impliqué dans la mort de quelqu'un, c'est forcément un dossier qui est extrêmement important. C'est pour ça qu'il faut mettre le temps et l'énergie, le temps nécessaire pour maîtriser le dossier.» Chez le Directeur des poursuites criminelles et pénales, le cas Guy Blouin est toujours à l'étude. «On n'a pas de nouvelle encore, il n'y a pas de décision de prise encore», note Me René Verret, du bureau des relations publiques et de l'information. 

Le rapport d'enquête effectué par la Sûreté du Québec a été remis le 3 février, soit cinq mois après le décès du cycliste frappé par une autopatrouille du Service de police de la Ville de Québec.

«C'est toujours sous analyse par un procureur de l'extérieur, de la région du Saguenay. Quand ça implique un policier de Québec, par transparence, on confie ça à un procureur de l'extérieur. C'est la raison pour laquelle il y a un procureur de Saguenay qui a été chargé d'examiner ça. Donc, un procureur qui, d'aucune façon, ne connaissait le policier impliqué ou avait eu à travailler avec lui.»

Alors, ce procureur est-il sur le point de décider si la preuve amassée par la SQ justifie un procès? «On ne le sait pas, on ne fixe pas d'échéance. Quand on va être prêt, on va l'annoncer, mais je ne peux pas vous dire quand», répond Me Verret, qui ne juge pas que le DPCP se traîne les pieds. «C'est toujours comme ça. On attend que le procureur soit prêt. On n'a pas de délai fixe.»

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