Une éducatrice accusée de leurre informatique sur un garçon de 12 ans

L'éducatrice a été amenée au palais de justice... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'éducatrice a été amenée au palais de justice et a comparu en fin d'après-midi. Elle n'a eu que peu de réactions lors de sa brève comparution.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Une éducatrice du service de garde de l'école primaire La Farandole de Beauport, Mélanie Roy, 36 ans, a été accusée jeudi de leurre informatique sur un garçon de 12 ans ainsi que d'incitation à des contacts sexuels.

L'éducatrice a été arrêtée chez elle dans Charlesbourg jeudi matin après qu'un récent signalement eut été fait à la Direction de la protection de la jeunesse. Elle a été suspendue par l'école La Farandole depuis le mois d'avril, soit tout juste après la période des infractions alléguées.

Après avoir été interrogée à la centrale de police du parc Victoria tout l'avant-midi, l'éducatrice a été amenée au palais de justice et a comparu en fin d'après-midi. Elle n'a eu que peu de réactions lors de sa brève comparution.

Mélanie Roy a été accusée d'avoir fait du leurre informatique d'un garçon de 12 ans entre le 2 mars et le 8 avril dernier. À voir l'épaisseur de la preuve documentaire transmise par la Couronne à la défense, les conversations informatiques entre l'adulte et l'enfant ont l'air d'avoir été nombreuses.

L'employée du service de garde n'aurait pas utilisé les ordinateurs de l'école pour commettre le crime dont elle est accusée.

L'éducatrice a aussi été accusée d'avoir incité la même victime à se toucher et à la toucher, durant la même période.

La procureure de la Couronne MeNathalie Leroux ne s'est pas opposée à la remise en liberté de Mélanie Roy. Mais cette dernière, en plus de s'engager pour une somme de 2000 $, devra observer une quinzaine de conditions, notamment celle de ne communiquer d'aucune façon avec la victime ni de se trouver dans un rayon de 25 mètres de la maison ou de l'école de l'enfant.

L'éducatrice n'aura pas le droit de se trouver dans un parc public, une garderie, un terrain d'école où des jeunes de moins de 16 ans peuvent se trouver. Elle n'aura pas non plus le droit d'accepter un emploi qui la place en relation de confiance avec les enfants.

Elle ne pourra se trouver avec des mineurs, sauf avec ses quatre enfants et en compagnie d'un adulte.

Il lui sera interdit d'utiliser un ordinateur et d'accéder à Internet.

Son dossier reviendra à la cour le 26 août. Mélanie Roy n'a aucun antécédent judiciaire.

Des doutes depuis avril

Joint par Le Soleil jeudi, la commission scolaire des Premières-Seigneuries assure avoir réagi rapidement dans le dossier.

«Nous avons eu vent qu'il pouvait y avoir des allégations de nature douteuse au début du mois d'avril. Nous avons alors déclenché tout de suite une entente multisectorielle, DPJ [Direction de la protection de la jeunesse] et police de Québec. Mme Roy a été immédiatement suspendue», raconte Jean-François Parent, secrétaire général de la commission scolaire.

Mme Roy était à l'embauche de la commission scolaire depuis trois ans et demi. Elle travaillait à l'école La Farandole depuis l'automne dernier.

Questionnée à savoir si l'éducatrice allait être renvoyée, la commission scolaire s'est montrée très prudente. «Pour l'instant, elle est suspendue. Nous allons voir avec les procédures judiciaires», s'est contenté de répondre M. Parent, ajoutant que tous les parents de l'école ont reçu une lettre jeudi pour les informer de la situation. «Une lettre a été mise dans chaque sac des enfants», indique-t-il.

D'ailleurs, le contenu de la lettre est accessible sur le site Web de l'établissement scolaire. Toutefois, il ne précise pas la nature de l'arrestation de Mme Roy. «Je vous assure que le respect et la sécurité des enfants sont au coeur des priorités de l'école et de la commission scolaire, en tout temps. Je vous rappelle que vous pouvez communiquer avec moi pour toute situation que vous jugez nécessaire de me signaler», écrit dans la lettre la directrice de l'école primaire, Suzanne Tremblay.

L'école La Farandole compte environ 325 élèves.

«C'est très surprenant comme situation»

«Ce n'est pas drôle comme situation, penser à l'enfant qui va avoir des séquelles le reste de sa vie.»

Rencontré jeudi devant l'école primaire La Farandole, dans Beauport, Alain Michaud, comme plusieurs autres parents avec qui Le Soleil a discuté, était sous le choc d'apprendre qu'une éducatrice du service de garde, Mélanie Roy, était accusée de leurre informatique sur un garçon de 12 ans, ainsi que d'incitation à des contacts sexuels. Les événements se seraient déroulés entre le 2 mars et le 8 avril dernier.

Parents inquiets

Parmi la dizaine de parents rencontrés jeudi après-midi devant l'établissement, aucun n'avait encore été informé de la situation. La direction de l'école primaire et la commission scolaire des Premières-Seigneuries n'avaient diffusé aucun communiqué ni information au sujet de Mme Roy et de sa suspension, qui était en vigueur depuis le début du mois d'avril.

D'ailleurs, une responsable de l'école a demandé au représentant du Soleil de monter dans son bureau. Elle a alors demandé si c'était possible de laisser les parents tranquilles et de communiquer avec la commission scolaire.

«C'est très surprenant comme situation», a commenté à la sortie des classes M. Michaud. «La direction de l'école fait très bien son travail. Ils sont excellents. C'est décevant de vivre une situation comme ça», a ajouté le père de famille.

«On pense toujours que cela arrive aux autres», affirme pour sa part Jonathan Thomassin, dont la fille fréquente l'établissement depuis deux ans. «Une personne comme ça, ça n'a pas sa place dans une école. La suspendre, c'est un minimum... je pense.»

«Je suis surprise et déçue d'entendre ça», souligne Michelle Giguère. «Ma fille est en quatrième année et elle est ici depuis le début et jamais, jamais, il n'y a eu de problème.»

Selon la commission scolaire des Premières-Seigneuries, tous les parents concernés ont reçu une lettre jeudi leur expliquant la situation.

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