Le juge Girouard questionné sur un Post-it

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Le juge Michel Girouard

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) «On n'a pas de son, on ne voit pas de drogue et on veut mettre fin à ma carrière avec ça!»

La moue hargneuse, le juge Michel Girouard a eu l'air de détester chaque minute passée à se faire contre-interroger, mercredi, par l'avocate indépendante Me Marie Cossette, chargée de présenter la preuve devant le comité d'enquête du Conseil canadien de la magistrature.

Lorsque l'avocate indépendante n'est pas assez précise à son goût, le juge Girouard la corrige sèchement. Le magistrat sur la sellette répond aux questions, mais propose surtout les éléments de preuve qu'il juge pertinents. 

Comme l'a abordé d'emblée, mercredi, le président du comité d'enquête, beaucoup de flou entoure encore le fameux échange filmé par caméra de surveillance du 17 septembre 2010 entre Michel Girouard et le trafiquant de drogue Yvon Lamontagne.

On voit l'avocat Michel Girouard entrer dans le bureau et aussitôt glisser sous le sous-main du bureau quelques billets. Il a affirmé, mercredi, qu'il venait payer au propriétaire du club vidéo des films pour adulte.

Yvon Lamontagne lui remet alors un Post-it plié pris dans sa poche de jean. Michel Girouard le juxtapose à une feuille qu'il a en main, plie la feuille et range le tout dans une poche. En même temps, Lamontagne ramasse l'argent.

Plusieurs explications

Depuis le début des procédures, le trafiquant de drogue Yvon Lamontagne et le juge Michel Girouard ont donné plusieurs explications sur ce qui était écrit sur le fameux Post-it.

Michel Girouard a d'abord dit, il y a quelques mois, au Conseil canadien de la magistrature, qu'on pouvait lire sur le papier que le trafiquant était sous surveillance. 

Pour Lamontagne, le papier est devenu une facture pour des films érotiques.

Mercredi, Michel Girouard a indiqué que sur le Post-it était inscrit le montant que Lamontagne devait rembourser au fisc.

Le juge Girouard a indiqué, mercredi, qu'il était au courant, en septembre 2010, de la présence d'une caméra dans le bureau de Lamontagne. Ce dernier l'avait installée pour protéger le coffre-fort. 

«Si je m'en allais faire une transaction illégale, je ne me serais pas assis là, fait-il remarquer. Dix pieds à côté, on était hors caméra.»

L'avocate indépendante a rétorqué que c'était peut-être justement la présence de la caméra qui avait incité Lamontagne et son avocat à cacher leurs gestes lors de l'échange de papier. 

Le juge Girouard rétorque qu'il a simplement utilisé le même type de geste que son client. «Est-ce que c'est de la façon dont ils se passent des notes, dans leurs affaires illicites?» soumet le juge.

Si l'information transmise sur le Post-it était aussi vitale pour le dossier fiscal d'Yvon Lamontagne, avec une saisie imminente, pourquoi ne pas avoir lu aussitôt le papier? a demandé l'avocate indépendante. «À cause de la manière qu'il me le remet, je fais comme lui, je le glisse dans ma poche», affirme Michel Girouard.

Par ailleurs, l'ancien associé et deux amis proches du juge Girouard ont témoigné en défense. Tous trouvent les allégations de consommation de drogue complètement incompatibles avec le style de vie et la façon de travailler de Michel Girouard.

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