Le juge Girouard clame son innocence

En brossant le portrait de sa vie, le... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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En brossant le portrait de sa vie, le juge Michel Girouard a beaucoup insisté sur son rôle de père de quatre enfants, dont des jumeaux.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La déclaration du délateur du procès Écrevisse sur sa consommation de cocaïne est «pure fabrication», assure le juge Michel Girouard, qui demande au comité d'enquête du Conseil canadien de la magistrature de rétablir sa réputation.

Témoignant avec aisance, mais cachant parfois mal sa colère, le juge de 56 ans a nié chaque allégation et surtout celle voulant qu'il ait acheté de la drogue deux semaines avant d'accéder à la magistrature en 2010.

Ce jour-là, Michel Girouard allait chercher des documents chez son client, le propriétaire de club vidéo Yvon Lamontagne, et en a profité pour lui payer des films.

Il a glissé les billets sous le sous-main du bureau, comme on le voit sur la caméra de surveillance, car il «ne laisse jamais d'argent lousse», pas parce qu'il avait quelque chose à cacher.

Ne cherchez aucun code, dit le juge, dans ses conversations avec Yvon Lamontagne, condamné pour trafic de stupéfiants. Cinéphile compulsif, Michel Girouard ne faisait que commander des films, insiste-t-il. Pour s'endormir, pour aller à la chasse, à la pêche, en voyage, l'avocat louait des films par centaine chaque année.

Lorsque le président du comité d'enquête lui fait remarquer que les conversations avec Lamontagne surviennent les jours de livraison de stupéfiants, le juge Girouard montre des signes d'impatience. «Malheureuses coïncidences?» demande le juge Richard Chartier. «Absolument», rétorque le juge Girouard.

Le magistrat sur la sellette dit n'avoir que des hypothèses sur la raison qui aurait poussé le délateur à colporter des mensonges à son sujet. Son attitude de «warrior» - c'est son expression - lorsqu'il était avocat lui a peut-être attiré des ennemis, soumet Michel Girouard.

L'importance de la famille

En brossant le portrait de sa vie, le juge Girouard a beaucoup insisté sur son rôle de père de quatre enfants, dont des jumeaux.

Dès les débuts, il a pris en charge les purées et a multiplié les changements de couches.

Gardés par une nounou, ses enfants ne sont jamais allés à la garderie. À chacune des journées pédagogiques, l'avocat travaillait de la maison pour passer du temps avec ses enfants.

En 1990, l'avocat achète sa maison du chemin des Scouts à Val-d'Or, qu'il passera les 15 années suivantes à réaménager. Le délateur du procès Écrevisse ment lorsqu'il prétend être venu une quinzaine de fois chez lui livrer de la cocaïne. La preuve, il se trompe dans la description de la maison, dit le magistrat.

En 2002, on approche l'avocat de litige pour devenir président des Foreurs de Val-d'Or, club de hockey de la Ligue junior majeur du Québec. Grand amateur de hockey, Michel Girouard accepte avec joie.

Quelques années plus tard, on lui propose le poste de bâtonnier du Barreau de l'Abitibi-Témiscamingue. «Si j'avais eu la réputation d'être un toxicomane, je ne pense pas qu'on serait venu me chercher», lance le juge, le ton cinglant.

Même si devenir juge n'avait jamais été un rêve de jeune avocat, Michel Girouard dit apprécier au plus haut point ses nouvelles fonctions.

Il a déposé en preuve ses 200 jugements écrits et insisté sur sa durée moyenne de délibéré, 14,9 jours.

Le juge Girouard sera contre-interrogé mercredi par l'avocate indépendante Me Marie Cossette.

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