Un agent infiltrateur témoigne à l'enquête sur le juge Girouard

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Le juge Michel Girouard

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'avocate indépendante a terminé sa preuve dans l'enquête sur la conduite du juge Michel Girouard par le témoignage d'un agent infiltrateur de la police, spécialiste des transactions de drogue.

Malgré l'opposition farouche des avocats du juge, l'agent infiltrateur a pu donner son éclairage d'expert au comité d'enquête du Conseil canadien de la magistrature. «Il se peut que le témoignage de l'expert jette de la lumière sur ce qui pourrait, à première vue et sans contexte, sembler une transaction louche et suspicieuse», a indiqué le président du comité, le juge en chef du Manitoba, Richard Chartier.

Le comité a toutefois refusé que l'expert fasse des commentaires directs sur la vidéo litigieuse du 17 septembre 2010, rappelant qu'il lui appartenait de juger les explications des protagonistes.

Rappelons que la vidéo de la caméra de surveillance du club vidéo de Val-d'Or montre l'avocat Michel Girouard, à deux semaines de devenir juge, qui glisse une liasse d'argent sous le sous-main du bureau du trafiquant Yvon Lamontagne. Aussitôt, Lamontagne met la main dans sa poche de jeans et remet à l'avocat un petit objet. Le trafiquant jure qu'il s'agissait d'un simple post-it servant de factures pour des films.

Dans l'avis d'allégation, l'agent infiltrateur, qui a vu la vidéo, concluait avec certitude qu'il s'agissait d'une transaction d'habitude.

L'agent infiltrateur, qui compte 20 ans d'expérience, a indiqué lundi que lors d'une transaction de drogue, vendeur et acheteur tentent de cacher leurs mouvements pour échapper aux regards. Ils n'ont souvent pas besoin d'échanger aucune parole.

L'acheteur n'utilise jamais de terme clair pour passer sa commande, ajoute l'expert. Par exemple, lors d'une enquête où une pizzéria servait de point de vente, les clients commandaient leur pizza en demandant «un extra de fromage blanc» pour un quart de gramme de cocaïne. Dans une autre enquête, dans une quincaillerie, on utilisait plutôt l'expression «un pot de peinture blanche» pour la cocaïne.

Rappelons que l'avocate indépendante a déposé en preuve quatre échanges téléphoniques où Michel Girouard demande des films à Yvon Lamontagne, propriétaire d'un club vidéo, qui purge une peine pour trafic de stupéfiants.

Les avocats de la défense commenceront dès mardi à faire entendre des témoins. Le juge Michel Girouard témoignera au cours des prochains jours.

Les avocats ont déposé une déclaration écrite du juge Marc Ouimet, qui siège à la Cour du Québec à Amos. Le juge Ouimet a connu le juge Michel Girouard lorsque ce dernier était bâtonnier du Barreau en Abitibi-Témiscamingue.

Le juge Ouimet affirme n'avoir jamais rien remarqué chez son collègue qui pouvait laisser croire à une consommation de stupéfiants. Il a qualifié Michel Girouard d'avocat «ordonné, efficace et très responsable».

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