Disparition de Chantal Demers: «Ça aurait pu être moi»

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(Québec) «Ça aurait pu être moi.» Le Soleil a rencontré dimanche à son domicile Mme Fortin (nom fictif) qui se dit la conjointe de Victor Poirier depuis un an. La femme est sous le choc et espère que son «cauchemar» va se terminer bientôt.

Rappelons que M. Poirier serait la dernière personne à avoir vu en vie Chantal Demers, disparue depuis le dimanche 3 mai. L'homme de 47 ans a comparu par visioconférence au palais de justice de Québec, samedi. Il a été accusé de voies de fait causant des lésions sur la personne de Mme Demers, et de non-respect d'engagement. Les gestes reprochés se seraient déroulés entre le 1er et le 22 avril derniers.

«C'était un homme violent. Il me traitait souvent de noms. De vidanges, de chienne. Jeudi dernier, il m'a même poussée en me disant : tasse-toi», raconte Mme Fortin, encore sous le choc. «Je ne connaissais pas son passé, assure-t-elle. J'ai rencontré cet homme par mon frère.»

En 2006, M. Poirier avait été condamné à cinq ans de prison relativement à plusieurs actes de violence sexuelle commis envers une ex-conjointe. Il est aussi inscrit au Registre national des délinquants sexuels.

«C'était un homme à motel, avec des femmes. Il profitait des plus vulnérables, qui cherchent de l'amour, explique Mme Fortin. Il travaillait au noir, il avait beaucoup d'argent. Il ne détenait pas de permis de conduire, mais il conduisait pareil. Il n'avait jamais de carte avec lui. En plus, il volait mes bijoux [...] Il demeurait chez moi environ trois ou quatre jours par semaine», ajoute-t-elle. «Il bougeait beaucoup.»

Inquiète

Lors de son entretien avec Le Soleil, Mme Fortin a confié que M. Poirier a communiqué avec elle en fin de semaine dernière de la prison d'Orsainville.

Interrogée cette semaine par les enquêteurs, Mme Fortin est inquiète pour Chantal Demers.

«J'espère que les policiers vont retrouver la femme disparue. Je le souhaite tellement. Je ne savais pas que Victor la voyait. Une fois, elle l'avait appelé et j'étais avec lui. Je lui avais demandé c'était qui au téléphone. Il m'avait dit : ta yeule», raconte-t-elle.

«Mercredi dernier, il m'a demandé de déménager un matelas de chez lui [à Lac-Saint-Charles]. Avec ma voiture, on a attaché le matelas sur le toit et nous sommes allés le porter derrière un conteneur à déchets. Je ne me souviens plus c'est où. J'espère que cela n'avait aucun rapport avec ce qui s'est passé. J'ai vraiment peur. Je suis inquiète. Je suis une bonne personne», soutient Mme Fortin, qui avoue avoir très peu dormi au cours des derniers jours. «Si on peut retrouver le matelas, je vais être soulagée.»

Chantal Demers est recherchée activement par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) depuis mercredi dernier. C'est la fille de la disparue qui a communiqué avec les policiers, car elle n'avait plus de nouvelles de sa mère.

Selon nos informations, une altercation entre l'homme et Chantal Demers aurait eu lieu quelque temps avant la disparition de cette dernière. Les enquêteurs poursuivaient les recherches dimanche.

La nature de la relation entre Victor Poirier et Chantal Dermers n'est toujours pas déterminée. Il s'agirait d'une relation assez récente. M. Poirier reviendra devant la cour jeudi à 9h15 pour son enquête sur remise en liberté.

Tout renseignement concernant la femme disparue doit être transmis au Service de police de la Ville de Québec en composant le 9-1-1 pour une intervention immédiate ou au 418 641-AGIR. Chantal Demers mesure 4'11'' et pèse 95 livres. Elle a les cheveux et les yeux bruns.

Les recherches se déplacent vers Portneuf

Après une autre journée de recherches qui s'est avérée négative, dimanche, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) va établir aujourd'hui un poste de commandement dans le secteur de Saint-Raymond, à Portneuf, pour retrouver Chantal Demers, portée disparue depuis le 3 mai.

Pourquoi à Saint-Raymond? «Il s'agit de l'endroit où Victor Poirier a été arrêté [vendredi] dans sa voiture par les policiers», a confié une source au Soleil.

Dimanche avant-midi, le SPVQ a établi un poste de commandement sur la rue des Bois-Francs, à Lac-Saint-Charles. De là, une équipe de recherche accompagnée de maîtres-chiens a notamment réalisé une battue dans les mêmes boisés qui avaient été scrutés vendredi soir.

Les fouilles se sont toutefois étendues au secteur de l'Aéroport international Jean-Lesage, près de la rue de la Faune, dans des boisés à Vanier et à Sainte-Hélène-de-Breakeyville, à Lévis, où une voiture enregistrée au nom de Mme Demers avait été retrouvée samedi.

Un maître chien a été dépêché à Sainte-Hélène-de-Breakeyville en fin d'après-midi pour ratisser un secteur de 300 mètres aux alentours d'où se trouvait le véhicule. Plusieurs conteneurs et boisés ont été fouillés par les policiers au cours de la journée.

«Plusieurs effectifs ont été mobilisés aujourd'hui [dimanche]. On veut mettre toutes les chances de notre côté. Toutes les pistes sont encore envisagées. Plusieurs secteurs sont vérifiés afin de faire avancer l'enquête», a commenté la porte-parole du SPVQ, Marie-Ève Painchaud.

Les trois hypothèses, soit que Mme Demers est en fuite, qu'elle est morte ou encore qu'elle est séquestrée, sont toujours retenues par les enquêteurs.

Quant à la possibilité d'effectuer des recherches dans la rivière Chaudière à Sainte-Hélène-de-Breakeyville : «On n'en est pas là», a déclaré une source.

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