Disparition de Chantal Demers: aucun effort ménagé

Samedi, les enquêteurs poursuivaient leurs recherches pour retrouver... (Collaboration spéciale Steve Jolicoeur)

Agrandir

Samedi, les enquêteurs poursuivaient leurs recherches pour retrouver Mme Demers.

Collaboration spéciale Steve Jolicoeur

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Malgré plusieurs recherches dans la région, les enquêteurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) n'ont toujours pas de nouvelles de Chantal Demers, disparue depuis le dimanche 3 mai.

Samedi, un proche de la femme de 46 ans, Victor Poirier, a comparu par vidéoconférence au palais de justice de Québec. Il fait face à des accusations de voies de fait causant des lésions et de non-respect d'engagement. Les gestes reprochés se seraient déroulés entre le 1er et le 22 avril derniers. Il reviendra devant la cour jeudi à 9h15 pour son enquête sur remise en liberté.

Rappelons que M. Poirier, serait la dernière personne à avoir vu Mme Demers. Il a été interrogé par les enquêteurs durant la nuit de vendredi à samedi.

M. Poirier est bien connu du milieu policier. En 2006, il avait été condamné à cinq ans de prison relativement à plusieurs actes de violence sexuelle commis envers une ex-conjointe. Il est aussi inscrit au Registre national des délinquants sexuels.

C'est la fille de Mme Demers qui a communiqué avec le service de police la semaine dernière parce qu'elle n'avait plus de nouvelles de sa mère. Son dernier contact avec elle remonte au dimanche 3 mai, quand Mme Demers lui avait demandé de l'aide.

«Elle disait que cela ne se passait pas bien avec lui. Elle voulait qu'on fasse quelque chose. Qu'on aille la chercher. Elle paniquait un peu. Elle pleurait», a raconté la jeune fille dans une entrevue à Radio-Canada. «On n'a pas parlé longtemps au téléphone, car il est arrivé. Victor nous a appelés après pour nous dire que cela allait bien. Je trouvais cela bizarre qu'il nous appelle et que cela ne soit pas elle. Mercredi, lorsque j'ai communiqué avec lui, il m'a dit qu'il ne savait plus où elle était. J'ai alors décidé d'aller voir la police», raconte-t-elle.

Selon nos informations, une altercation entre l'homme et Chantal Demers aurait eu lieu quelque temps avant la disparition de cette dernière. D'ailleurs, l'enfant d'un voisin de M. Poirier a affirmé samedi que Mme Demers lui avait demandé de l'aide dimanche dans la journée. «La madame demandait de l'aide dans la rue», a souligné le jeune voisin. «Je l'ai vu sortir de la cour arrière et venir demander de l'aide. Elle avait l'air terrorisée.»

Samedi, les enquêteurs poursuivaient leurs recherches pour retrouver Mme Demers. Depuis jeudi, ils ont notamment fouillé dans les secteurs de Lac-Saint-Charles, de Limoilou et de Sainte-Hélène-de-Breakeyville. Trois hypothèses étaient toujours retenues, samedi : soit la femme est en fuite, soit elle est morte ou encore elle est détenue de force par le suspect.

Locataire «discret»

Rencontré par Le Soleil, le propriétaire de l'immeuble d'appartements du 574, rue des Bois-Francs, où réside M. Poirier, assure que l'homme est une personne très discrète.

«C'est très rare que je le voyais. Il était toujours parti. J'ai vu une seule fois Mme Demers depuis qu'il reste ici», a affirmé l'homme d'affaires préférant ne pas donner son nom. «Il ne demeure ici que depuis quelques mois et, souvent, je devais aller le voir pour qu'il paye son loyer. D'ailleurs, il me doit plusieurs mois [...] Je ne le connaissais pas vraiment. Il était ici, car mes anciens locataires lui avaient transféré le bail de l'appartement», ajoute-t-il.

Pour un voisin proche, M. Poirier était au contraire une personne très bruyante. «Il y avait beaucoup de va-et-vient. Il y avait souvent des chicanes», soutient-il. «Il avait souvent des voitures différentes et il ne respectait pas les autres. Il se stationnait même dans mon entrée. Ce n'était pas quelqu'un de gêné.»

Tout renseignement concernant la femme disparue doit être transmis au Service de police de la Ville de Québec en composant le 9-1-1 pour une intervention immédiate ou au 418 641-AGIR. Mme Demers mesure 4'11'' et pèse 95 livres. Elle a les cheveux et les yeux bruns.

Les scènes d'investigation

1 Logement au 574, rue des Bois-Francs à Lac-Saint-Charles, où habite le suspect Victor Poirier. Les enquêteurs ont fouillé le bâtiment vendredi. Selon un voisin, ils auraient quitté les lieux avec un tapis. Les policiers ont aussi fouillé les boisés aux alentours. Une battue a été organisée la même journée pour retrouver Chantal Demers. Les policiers ont ratissé le boisé entre la rue des Merisiers, le boulevard de la Colline et la rue des Amélanchiers. Ils ont aussi effectué des recherches entre les rues des Vinaigriers et des Bois-Francs. Le point central des recherches était le boulevard de la Colline.2 Logement au 1555, rue Ozanam, dans Limoilou. Les enquêteurs se sont présentés dans un appartement de Limoilou, au coin de la rue De L'Espinay, près de l'Hôpital Saint-François d'Assise. L'intervention s'est déroulée de vendredi soir à samedi après-midi. Il a été impossible d'identifier le locataire du logement.

3 L'une des voitures de Chantal Demers, la femme de 46 ans portée disparue, a été retrouvée par les policiers sur l'avenue Robitaille, dans le secteur Sainte-Hélène-de-Breakeyville, à Lévis. Le Service de police de la Ville de Lévis a assuré le périmètre jusqu'à l'arrivée des enquêteurs du Service de police de la Ville de Québec. Selon nos informations, plusieurs véhicules étaient enregistrés au nom de Mme Demers. Trois ou quatre véhicules auraient été fouillés par les enquêteurs depuis jeudi. Cependant, la voiture retrouvée à Sainte-Hélène-de-Breakeyville serait la première à l'extérieur de Québec. C'est un voisin qui aurait communiqué avec les policiers pour mentionner qu'un véhicule était stationné près de chez lui depuis plusieurs jours.

Attente difficile pour les proches

Les nouvelles se faisaient rares samedi à Saint-Patrice-de-Beaurivage, dans Lotbinière, où des proches de Chantal Demers espéraient recevoir une bonne nouvelle des enquêteurs.

«C'est triste comme situation. Nous ne savons pas grand-chose. Pour le moment, oui, certains membres de notre famille ont eu des nouvelles des enquêteurs, mais c'est surtout en consultant les médias que nous avons eu le plus d'information. Pour moi, j'ai appris qu'elle était recherchée alors que j'étais au travail», a confié une parente de la disparue, rencontrée samedi à Saint-Patrice-de-Beaurivage.

Comme plusieurs autres proches de Chantal Demers que Le Soleil a visités à leur domicile, samedi, cette femme écoutait les nouvelles en boucle afin d'en savoir un peu plus sur le déroulement de l'enquête. Et chaque fois que le téléphone sonnait, elle espérait entendre qu'on avait retrouvé Mme Demers saine et sauve. Tous les proches sont restés peu loquaces sur la situation et ont refusé de s'identifier.

«Nous n'avons pas beaucoup de nouvelles. Chantal était une personne bien. Elle ne consommait pas de drogue, elle était saine d'esprit», a assuré la femme, encore sous le choc. «Nous ne connaissions pas vraiment cet homme [le suspect, Victor Poirier]. Ils ne sortaient pas ensemble depuis longtemps. Du moins, je pense, car je n'étais pas au courant et je discutais souvent avec elle. Je suis certaine que Chantal ne connaissait pas les antécédents de cet homme, sinon elle n'aurait jamais été avec.»

Quant à la fille de la disparue, la femme interrogée assure qu'elle est en sécurité chez un membre de la famille. «Il l'a quand même déjà menacée», avance-t-elle, au sujet de Victor Poirier.

«Pas leur première chicane»

Un ami de la famille a confié par téléphone avoir déjà entendu que l'homme la battait. «Je sais que ce n'était pas leur première chicane. Maintenant, j'aimerais savoir elle est où. Si lui est en prison, pourquoi on ne sait pas elle est où?» demande-t-il. «J'espère qu'on va avoir des nouvelles, car c'est difficile comme situation. Je ne veux pas trop parler, car je trouve ça vraiment lourd», conclut-il.

Selon nos informations recueillies sur le terrain, Chantal Demers, qui a grandi à Saint-Patrice-de-Beaurivage, était sans travail et fréquentait Victor Poirier depuis «quelque temps».

Chronologie

3 mai

Disparition de Chantal Demers, une femme de 46 ans originaire de Saint-Patrice-de-Beaurivage, dans Lotbinière

7 mai

Un avis de recherche pour retrouver la femme est diffusé par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Les enquêteurs interrogent le voisinage où habitait Victor Poirier, un suspect dans l'affaire.

8 mai

Victor Poirier est arrêté à Portneuf et interrogé par les enquêteurs du SPVQ. Les policiers fouillent le logement du suspect au 574, rue des Bois-Francs, à Lac-Saint-Charles. En fin d'après-midi, une vingtaine de policiers sont dépêchés à Lac-Saint-Charles pour ratisser des boisés. L'intervention s'est étendue entre les rues des Sablières et des Amélanchiers.

9 mai

Victor Poirier comparaît brièvement par vidéoconférence au palais de justice de Québec. Il est accusé de voies de fait causant des lésions et de non-respect d'engagement. Les policiers fouillent un autre logement, au 1555, rue Ozanam, dans Limoilou. En après-midi, une voiture inscrite au nom de Chantal Demers est retrouvée sur l'avenue Robitaille, dans le secteur Sainte-Hélène-de-Breakeyville, à Lévis.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer