Le délateur du procès Écrevisse affirme avoir livré de la cocaïne à Michel Girouard

La Cour supérieure a suspendu le juge Girouard... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La Cour supérieure a suspendu le juge Girouard de ses fonctions en janvier 2013, après que les allégations du délateur sur la consommation de cocaïne aient été médiatisées.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le délateur du procès Écrevisse affirme avoir fait au moins une dizaine de livraisons de cocaïne à la résidence personnelle de l'avocat Michel Girouard, à la fin des années 80.

Contre-interrogé par les avocats du juge Girouard, l'homme qui est témoin repenti pour la Sûreté du Québec depuis 2010 a affirmé s'être rendu entre 10 et 15 fois à la maison de l'avocat, sur le chemin des Scouts à Val-d'Or.

Il a décrit une grosse maison blanche, avec une cuisinette et une salle de séjour donnant sur l'entrée.

Mais le délateur n'avait pas accès à plus et restait près de la porte pour livrer la drogue à l'avocat, affirme-t-il.

Jeudi, le délateur, qui a passé un test de polygraphe en 2012, avait allégué que l'avocat Girouard passait aussi régulièrement le voir au bar où il travaillait pour acheter de la cocaïne.

«La vente de stupéfiants, ça a tout le temps été mon ouvrage», affirme le délateur, en ajoutant que Michel Girouard a été son client de 1987 à «environ» 1991.

À cette époque, l'homme avait embauché Me Girouard pour l'aider dans ses démarches avec la Régie des alcools. Selon le délateur, l'avocat avait monnayé ses conseils juridiques en échange de 10 000 $ de cocaïne.

Michel Girouard était loin d'être le seul avocat abitibien à consommer de drogue, insiste le délateur.

Dans les déclarations à la police, «des avocats, j'aurais pu en mettre, pis en mettre, illustre-t-il, peut-être pas tout le Barreau, mais une partie».

Le délateur indique que ce sont les policiers qui lui ont demandé s'il connaissait Michel Girouard. Il n'aurait pas spontanément dénoncé son ancien avocat.

Pas dans son plan de carrière

Originaire de Val-d'Or, mais ayant grandi à Amos, Michel Girouard, 56 ans, a fait son droit à l'Université de Sherbrooke.

Il a pratiqué comme avocat en Abitibi à partir de 1985, travaillant en droit familial, en droit civil général et, dans une faible mesure, en droit criminel. Il était associé au sein du cabinet Girouard & Adam de Val-d'Or.

En entrevue au défunt hebdomadaire Abitibi Express après sa nomination à la Cour supérieure le 30 septembre 2010, Michel Girouard affirmait que devenir juge ne faisait pas partie de son plan de carrière jusqu'à récemment.

«C'est mon implication au Barreau de l'Abitibi-Témiscamingue comme bâtonnier [2008-2009] et au conseil exécutif du Barreau du Québec qui m'a présenté une perspective différente de la justice et qui m'a donné le goût d'apporter une contribution différente», expliquait Michel Girouard au journal Abitibi Express.

«C'est un honneur d'avoir la chance d'accéder à la magistrature et apporter une contribution différente à notre système judiciaire.»

La Cour supérieure a suspendu le juge Girouard de ses fonctions en janvier 2013, après que les allégations du délateur sur la consommation de cocaïne eurent été médiatisées.

Décisions du juge Girouard

Durant sa courte période sur le banc, il a rendu plusieurs décisions en matière civile dont certaines concernaient la région de Québec.

  • Le juge Girouard avait notamment donné raison à deux anciens étudiants du cégep Lévis-Lauzon qui avaient échoué au test cardiorespiratoire conditionnel à l'obtention de leur diplôme d'études collégiales. 
  • Le juge Girouard a condamné Desjardins à verser 180 000$ à un couple de personnes âgées, qui avait eu besoin de soins médicaux en voyage et qui avait été mal conseillé, analyse le juge.
  • Le juge Michel Girouard a rejeté une poursuite de 250 000$ du chanteur Martin Fontaine, qui s'est fait connaître par le spectacle Elvis Story, contre un homme d'affaires de la Mauricie. 
  • Le juge Michel Girouard a tapé sur les doigts du ministère des Tranports du Québec qui avait exclu les firmes Genivar/Dessau d'un important appel d'offres pour une voie de contournement à Rouyn-Noranda. Le MTQ estimait que le consortium n'avait pas respecté la politique anti-collusion.

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