Enquête publique sur le juge Girouard: débat sur la légalité d'une vidéo compromettante

Le juge Michel Girouard allègue que la vidéo... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le juge Michel Girouard allègue que la vidéo le montrant faire un échange avec un trafiquant de drogue ne devrait jamais être regardée par les membres du comité d'enquête du Conseil canadien de la magistrature puisque cela violerait le principe de la confidentialité des relations clients-avocat.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le juge Michel Girouard tente de faire écarter de la preuve présentée devant le Conseil canadien de la magistrature (CCM) la vidéo où on le voit faire un échange avec un trafiquant de drogue de Val-d'Or, deux semaines avant d'accéder à la magistrature.

Cette courte vidéo ne devrait jamais être regardée par les membres du comité d'enquête, allègue le juge Girouard, puisque cela violerait le principe de la confidentialité des relations clients-avocat.

Le 17 septembre 2010, Michel Girouard, alors avocat criminaliste bien en vue en Abitibi, se rend au club vidéo d'Yvon Lamontagne, partenaire criminel de Denis Lefebvre, un des trois évadés d'Orsainville, arrêté et accusé de trafic de stupéfiants.

Michel Girouard et Yvon Lamontagne parlent durant une dizaine de minutes dans le bureau, la porte ouverte. 

À un moment, Me Girouard glisse une enveloppe à Lamontagne. Il dira au CCM, en janvier 2013, qu'il voulait rembourser au commerçant l'achat de vidéos dont il préférait que la nature n'apparaisse pas à son dossier client.

Les images de cette rencontre, comme toutes celles captées dans le bureau de Lamontagne, se sont retrouvées entre les mains des enquêteurs du projet Écrevisse.

Dans un bref témoignage lundi, le juge Girouard n'a pas fait référence au paiement de films. 

Il a simplement maintenu que le seul but de sa visite à Lamontagne était de discuter d'un dossier de nature fiscale. 

Le magistrat a souligné que dans un petit milieu comme l'Abitibi, la diffusion de telles images peut avoir des conséquences énormes. «Si quelqu'un pense que ça n'a pas d'impact sur ma vie privée, sur celle de ma femme et de mes enfants, ils sont dans l'erreur», a commenté le juge Girouard, d'une voix empreinte d'émotion.

Le comité d'enquête devrait annoncer aujourd'hui si la vidéo est admissible en preuve.

Une allégation principale

D'entrée de jeu, le comité d'enquête du conseil canadien de la magistrature, présidé par le juge en chef du Manitoba Richard Chartier, a annoncé son intention de se concentrer uniquement, pour le moment, sur la transaction alléguée au club vidéo, survenue alors que l'avocat attendait d'accéder à la Cour supérieure.

Au total, le juge Girouard doit répondre de cinq chefs regroupés dans un avis d'allégations déposé par l'avocate indépendante MMarie Cossette, spécialisée dans les commissions d'enquête.

L'avocate indépendante a insisté sur le fait que jamais Michel Girouard n'a été visé par les enquêteurs de la Sûreté du Québec affectés au projet Écrevisse. 

Suspendu depuis 2012

Juge résident à Rouyn-Noranda, Michel Girouard a été suspendu de ses fonctions depuis le dépôt de la plainte au CCM, en novembre 2012.

Au terme de l'enquête publique, dont l'audition est prévue jusqu'au 15 mai, le comité sera chargé de décider si le juge Girouard s'est rendu inapte à exercer sa fonction et s'il doit être destitué.

Aucune réponse obtenue lors de l'enquête n'est admissible en preuve pour une cause criminelle.

Interpellé par les médias après la pause du dîner, le juge Michel Girouard a dit «avoir confiance au comité».

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