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L'avocat de Marilyne Potvin quitte le navire

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Le dossier de Marilyne Potvin reviendra à la cour en juin. Un nouvel avocat devrait comparaître officiellement à ses côtés.

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(Québec) L'avocat de Marilyne Potvin, accusée d'une fraude de près de 2 millions $ aux dépens d'une trentaine de ses proches, quitte le navire. La Couronne remettait en question la conduite de Me Jean Petit et soutenait qu'il aurait transféré plus de 500 000 $ pour aider sa cliente à garder son train de vie princier.

Me Jean Petit, avocat de défense de Québec, a demandé et s'est vu accorder mardi une requête pour cesser d'occuper. Le ministère public le talonnait depuis plusieurs mois et avait déposé lundi au dossier de la cour une requête pour faire déclarer l'avocat inhabile à siéger dans ce dossier.

Comme l'avocat s'est retiré, l'audition de la requête, prévue pour le mois d'août, n'aura jamais lieu.

Dans une requête de 10 pages, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Marlène Archer, soumet à la Cour du Québec une douzaine de raisons pour lesquelles Me Jean Petit ne devrait plus représenter Marilyne Potvin.

Parmi elles, le fait que sur une période de sept mois, après l'arrestation de la jeune femme, Me Jean Petit aurait remis une somme de 539 000 $ au nouveau conjoint de Marilyne Potvin, Pascal Auclair.

Selon la requête, les sommes auraient été versées par l'avocat par le biais de comptes personnels, corporatifs et en fidéicommis. L'analyse des comptes bancaires de Pascal Auclair montre que les sommes transférées ont servi pour d'importants retraits en comptant, des achats divers et des paiements de factures, dit la poursuite. «Aucun investissement de ces sommes n'a pu être retracé», affirme-t-on dans la requête.

Me Jean Petit aurait de plus, selon le ministère public, procédé à l'émission de sept chèques sans provision payables à Auclair pour une somme de 300 000 $. Durant la même période, Pascal Auclair aurait procédé à l'émission de plusieurs chèques sans provision, dont cinq pour l'avocat totalisant 476 000 $. «Aucune justification n'a pu être trouvée pour de tels transferts», écrit la procureure de la Couronne.

Les victimes alléguées, qui ont perdu des dizaines de milliers de dollars, ont déploré le fait que, après avoir fait une faillite dont elle n'est pas libérée et avoir été accusée au criminel, Marilyne Potvin ait gardé un rythme de vie imposant.

L'enquête de la Sûreté du Québec aurait permis de confirmer que Marilyne Potvin utilisait des véhicules de luxe loués par son nouveau conjoint.

«Les importants transferts ayant servi à maintenir l'important train de vie de la mise en cause [Marilyne Potvin], faillie non libérée, soumise à d'importantes conditions notamment de nature bancaire, alors que les nombreuses victimes alléguées demeurent à ce jour non remboursées, entraîne la perception aux yeux d'un membre raisonnable du public, au fait de l'ensemble des circonstances, que l'intimé [Me Jean Petit] n'a pas sauvegardé son indépendance professionnelle», allègue le ministère public.

La poursuite assure que si Marilyne Potvin tentait de soulever un doute en affirmant que son comportement relève de la mauvaise gestion et non de la fraude, «la poursuite se devrait d'utiliser en preuve les nombreux transferts de Me Petit à Pascal Auclair et leur utilisation subséquente».

Code de déontologie

Par ailleurs, ajoute le ministère public, l'avocat de défense aurait contrevenu à une demi-douzaine d'articles de son code de déontologie, notamment en proposant qu'un membre de son cabinet juridique surveille sa cliente lors d'un voyage à Las Vegas, pour lequel elle demandait à la Cour de pouvoir reprendre son passeport.

Le ministère public soulève aussi le fait qu'avant l'arrestation de Marilyne Potvin, Me Jean Petit a déjà représenté Yann Fortier, l'ex-conjoint de la fraudeuse alléguée. Il a défendu Fortier dans le dossier criminel qui l'opposait à la jeune femme, ainsi que pour la garde de leurs enfants.

De plus, le ministère public allègue que Me Jean Petit se serait placé dans une position de témoin potentiel dans l'éventuel procès de sa cliente, puisque, avant l'arrestation de la femme d'affaires par la police, il aurait déclaré à certaines victimes alléguées qu'il n'y avait pas eu de fraude. L'avocat aurait aussi laissé sous-entendre que les victimes seraient remboursées.

Le dossier de Marilyne Potvin reviendra à la cour en juin. Un nouvel avocat devrait comparaître officiellement à ses côtés.

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Rappel des accusations

Après avoir défrayé la chronique mode avec ses produits de beauté pour peaux foncées, Marilyne Potvin, 29 ans, a fait les manchettes judiciaires lors de son arrestation en octobre 2013. Elle a été accusée au total de 25 chefs de fraude, pour un montant qui approche les 2 millions $. La plupart des victimes sont des membres de la famille de l'accusée ou des proches. Selon la poursuite, sept des victimes alléguées ont dû faire faillite.

Selon la Couronne, entre 2010 et 2012, Marilyne Potvin aurait convaincu les plaignants de lui prêter de l'argent ou d'investir dans une de ses sept compagnies de cosmétiques, leur faisant miroiter des dividendes alléchants. La jeune femme aurait même exhibé un faux contrat d'exclusivité avec une entreprise française pour convaincre ses investisseurs. Selon la poursuite, la femme d'affaires remboursait certains investisseurs avec les fonds fournis par d'autres. Elle aurait signé pour plus de 2 millions $ de chèques sans provision.

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