Manifestante blessée: la police dit avoir suivi des protocoles précis

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La porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, Camille Godbout, rappelle que «des manifestants ont eu des dents cassées par des coups de matraque» et qu'un autre a été mordu par un chien policier lors de la manifestation de mardi à Québec.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La police de Québec affirme avoir suivi «des protocoles précis» pour éviter une confrontation corps à corps lors du rassemblement qui a tourné au vinaigre, jeudi, devant le parlement.

Sur les images captées par Impact Campus, on voit quelques manifestants s'avancer et faire face à une ligne de policiers armés et casqués qui les empêchaient de quitter les lieux. Les manifestants s'approchent de ladite ligne jusqu'à tenter d'ouvrir une brèche. S'ensuit une brève bousculade entre les manifestants et les policiers, puis un agent tire du gaz irritant sur Naomie Trudeau-Tremblay à l'aide d'une arme de type muzzle-blast.

L'étudiante de 18 ans du Cégep Garneau reçoit ensuite du gaz lacrymogène provenant de la bonbonne d'un autre policier. Puis au moins deux autres bourrées de gaz irritant sont encore tirées pour maintenir les manifestants à distance.

François Moisan, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), explique que l'arme en question est «une arme intermédiaire qu'on utilise pour éviter les confrontations corps à corps et disperser les manifestants», et que «son utilisation, hier [jeudi], a rempli ces objectifs».

Lorsqu'ils utilisent une arme de ce type, les policiers doivent viser le corps, pas le visage, convient M. Moisan. «Mais c'est sûr que l'objectif qui est de viser le corps peut être miné quand il y a du mouvement et des altercations», nuance-t-il.

Selon le porte-parole du SPVQ, les policiers ont suivi des protocoles précis avant d'en arriver là. «Hier, il y a eu une avancée, une charge [par les manifestants], et la réponse prévue dans les protocoles, c'est de passer par ces étapes-là, c'est à dire l'utilisation passive de la matraque, l'utilisation active de la matraque et, ensuite, l'utilisation du gaz lacrymogène quand vraiment on sent qu'il y a un danger de corps à corps.»

Tout le monde à risque

Dans les situations de corps à corps, tout le monde est à risque, tant les policiers que les manifestants, rappelle M. Moisan. Le porte-parole du SPVQ explique par ailleurs que les policiers ajustent leurs stratégies en fonction des actions des manifestants. Jeudi, la manifestation s'est conclue par une seule arrestation et sans distribution massive de constats d'infraction. Les policiers avaient choisi de confiner les étudiants devant l'Assemblée nationale en se postant à chaque extrémité de la fontaine de Tourny. La manifestation a été déclarée illégale lorsque des manifestants ont tenté de prendre la rue.

«On a eu deux manifestations, on a choisi chaque fois des stratégies qui étaient différentes, et on verra pour les suivantes», dit-il.

Interrogé sur les méthodes controversées du SPVQ pendant les manifestations étudiantes, M. Moisan explique qu'«il y a un cadre réglementaire, et quand il y a des manifestations à Québec, on demande aux gens de suivre le cadre réglementaire».

«On fait des avis [de dispersion], et du moment où les règlements ne sont pas respectés, on prend les mesures qui s'imposent», ajoute-t-il.

Cela dit, le SPVQ prendra le temps d'analyser «l'ensemble des éléments» de la manifestation de jeudi. «C'est sûr que quand ce type de choses là se produisent, on prend le temps de voir ce qu'on a fait et ce qui pourrait être fait» pour éventuellement améliorer les pratiques du Service de police.

L'ASSÉ blâme les policiers

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) déplore la façon dont le rassemblement a tourné, jeudi, devant le parlement. Sa porte-parole, Camille Godbout, soutient que ce qui est arrivé à la jeune Naomie Trudeau-Tremblay n'est malheureusement pas un incident isolé.

En entrevue au Soleil, Mme Godbout a rappelé que «des manifestants ont eu des dents cassées par des coups de matraque» et qu'un autre a été mordu par un chien policier lors de la manifestation de mardi à Québec.

«On fait face à une réelle répression policière et à une brutalité démesurée de la part des policiers. On est des étudiants qui sont là pour dénoncer les mesures d'austérité et les compressions en éducation. [...] Hier [jeudi], il y avait une immense présence policière devant le parlement, et face à ça, nous, on n'a que nos idées», déplore la porte-parole de l'ASSÉ.

Oui, convient Mme Godbout, des manifestants ont tenté d'ouvrir une brèche pour sortir de la souricière dans laquelle ils étaient confinés. «Il y a eu un avis de dispersion, mais les policiers nous empêchaient de quitter les lieux. Comment on pouvait se disperser si les policiers nous barraient la route? C'est un peu contradictoire», fait valoir l'étudiante.

Mme Godbout blâme par ailleurs le maire Régis Labeaume pour ses propos «incendiaires» tenus hier à l'égard des manifestants. «Il n'y a rien qui justifie le fait de blesser des gens en tirant à bout portant, rien qui justifie une brutalité policière comme celle qu'on a vue hier [jeudi]», estime la porte-parole de l'ASSÉ.

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