L'étudiante blessée envisage une poursuite contre la Ville de Québec

Naomie Tremblay-Trudeau a subi une brûlure au premier... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)

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Naomie Tremblay-Trudeau a subi une brûlure au premier ou au second degré en plus d'une importante ecchymose au menton.

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(Québec) Naomie Tremblay-Trudeau, l'étudiante du Cégep Garneau qui a été blessée au visage par un tir de gaz lacrymogène lors de la manifestation de jeudi soir devant l'Assemblée nationale, a déjà communiqué avec un avocat et envisage une poursuite contre la Ville de Québec.

La femme de 18 ans, qui étudie au programme de sciences humaines, monde et cultures, a subi une brûlure au premier ou au second degré en plus d'une importante ecchymose au menton. «On s'entend, ce n'est pas une brûlure au troisième degré. Mais à l'hôpital, ils m'ont dit que la pigmentation de ma peau pouvait changer à cet endroit-là», a-t-elle déclaré en entrevue au Soleil.

Préoccupée par la justice sociale, Naomie avait décidé de se rendre à la manifestation de jeudi soir, même si son association étudiante n'est pas encore en grève et se prononcera sur la question lundi.

«Je n'étais pas devant les policiers, mais plutôt en quatrième rangée quand ça a poussé. Les policiers ont frappé ceux qui étaient devant, et ces derniers ont reculé. C'est comme ça que je me suis ramassée devant les policiers», explique-t-elle.

En plein visage

La jeune femme ajoute que les policiers de la Ville de Québec ont ensuite menacé les manifestants avec leurs fusils à gaz lacrymogène. «Ils n'ont jamais averti avant de tirer. Moi, j'essayais de m'éloigner, je courrais vers l'arrière et je me suis retournée pour voir...» poursuit-elle.

C'est là que Naomie a aperçu le fusil d'un policier «directement devant [sa] face», raconte-t-elle. «Ça a pris à peu près deux secondes après que je me sois retournée. Je n'ai pas vu le projectile. J'avais de la misère à respirer, je cherchais mon air et je me suis évanouie durant environ une ou deux minutes», explique-t-elle.

Une vidéo filmée par le journal étudiant de l'Université Laval, Impact Campus, corrobore d'ailleurs les dires de Naomie. En date d'hier, cette vidéo avait été visionnée près de 50 000 internautes sur le canal YouTube d'Impact Campus.

«Quand je me suis réveillée, je ne sentais rien à cause de l'adrénaline, mais j'ai vu tout le monde autour de moi qui me disait que j'étais blessée. Je me suis dit : "Oh my God!, qu'est-ce qui se passe? Ça brûle!"»

Démarches judiciaires

Naomie et sa mère, Catherine Trudeau, ont déjà entamé des démarches afin d'intenter une poursuite contre la Ville de Québec. «Nous avons déjà contacté un avocat», a indiqué la jeune femme en n'identifiant toutefois pas le juriste en question.

La mère de Naomie avoue pour sa part qu'elle était au courant que sa fille allait participer à une manifestation et que ce n'était d'ailleurs pas la première fois qu'elle le faisait. «Par contre, je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle revienne comme ça, j'ai trouvé ça très fâchant, autant de brutalité», a déclaré celle qui souhaite maintenant que justice soit faite.

Demandes de démission et appuis au policier sur Facebook

Les réactions n'ont pas tardé vendredi, sur les réseaux sociaux, à la suite de la diffusion de l'histoire de la manifestante Naomie Tremblay-Trudeau, blessée au visage par un tir de gaz lacrymogène jeudi soir. Un groupe créé sur Facebook demande que le policier au matricule 3143, identifié comme étant responsable du tir, soit relevé de ses fonctions, alors qu'un autre demande qu'il obtienne une promotion.

Le policier en question est identifié comme étant l'agent Charles Scott-Simard sur les réseaux sociaux. Hier soir, plus de 5000 personnes avaient déjà cliqué sur «J'aime» sur la page «Pour que Charles Scott-Simard SPVQ #3143 soit relevé de ses fonctions».

«Tirer à bout portant sur des manifestants est inacceptable. Le policier Charles Scott-Simard doit subir une évaluation psychiatrique», écrivent les administrateurs de la page. De nombreux commentaires sur la page réclament la démission ou des sanctions contre le policier alors que certains blâment aussi les manifestants.

Appuis

De l'autre côté du spectre, plus de 400 personnes avaient appuyé sur le bouton «J'aime» de la page «Je suis Charles Scott-Simard», une page d'appui au policier dont le nom fait référence au slogan «Je suis Charlie» qui s'est répandu suite aux attentats commis au journal satirique Charlie Hebdo. Dix-huit personnes avaient aussi cliqué sur «J'aime» sur une page intitulée «Pour que Charles Scott-Simard SPVQ Matricule #3143 soit promu».

Là aussi, des opinions divergentes se font entendre parmi les internautes. «Vous aimeriez cela qu'un gars tire sur votre enfant dans la face, gang de caves. La loi est pour tous», écrit l'un, alors qu'une autre appuie les policiers : «Bravo aux policiers, ils font un excellent travail.»

Les instigateurs de la page «Je suis Charles Scott-Simard» planifient même une manifestation le samedi 4 avril, à 13h, devant l'Assemblée nationale, invitant à un «rassemblement pacifique et légal en support à nos policiers».

«Démontrons ensemble notre support à nos policiers en envoyant une fois pour toutes le message aux casseurs, aux anarchistes et aux extrémistes que le Québec ne leur appartient pas. Ce n'est pas un affrontement. Les casseurs sont invités à rester chez eux», écrivent les organisateurs.

Carrés... bleus!

Après les carrés rouges et les carrés verts, les organisateurs invitent aussi les participants à arborer un carré... bleu en appui au travail des forces de l'ordre. Ils ont également entrepris de faire fabriquer des t-shirts ornés du logo «Je suis 3143» en référence au matricule du policier identifié comme étant l'auteur du tir de gaz lacrymogène sur l'étudiante Naomie Tremblay-Trudeau.

Joints par Le Soleil via Facebook, les administrateurs de la page d'appui au policier ont préféré ne pas s'identifier pour l'instant. «Nous sommes un regroupement de citoyens [15 membres actifs] concernés par la sécurité et le respect de nos forces de l'ordre. En raison de menaces reçues, tous nos membres souhaitent conserver leur anonymat pendant la phase d'organisation de notre mouvement qui va rondement. Un porte-parole sera élu dans les prochaines 48 heures», déclare l'un des administrateurs.

La personne en question a ajouté que le regroupement ne comptait pour l'instant aucun policier dans ses rangs, qu'il était en contact avec le FM93, mais que le regroupement n'avait pas reçu un appui direct de la station radiophonique. «Mais une entrevue avec eux pourrait avoir lieu demain matin [ce matin]», poursuit-il en ajoutant que les t-shirts d'appui au matricule 3143 seraient accessibles dimanche en trois modèles.

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