Québec créera son propre registre d'armes

«Le message des Québécois n'a pas été entendu»,... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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«Le message des Québécois n'a pas été entendu», a déclaré la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, en évoquant le vaste consensus obtenu au Québec sur cette question ainsi que l'unanimité de l'Assemblée nationale.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) «Extrêmement déçue» du jugement de la Cour suprême et du manque de coopération des conservateurs, la ministre Lise Thériault promet un nouveau registre des armes d'épaule «à la hauteur de la capacité de payer des Québécois».

Le gouvernement du Québec entend déposer d'ici la fin de la session un projet de loi pour compenser la destruction des données fédérales autorisée par le plus haut tribunal du pays.

«On s'est battu, on a perdu», a constaté vendredi la ministre de la Sécurité publique. «On se lève les manches, puis on continue.»

Québec entend mettre sur pied son propre registre. Une évaluation préliminaire et «conservatrice» fixe à 30 millions $ la facture. Le gouvernement entend procéder «par étapes» en collaboration avec les détenteurs d'armes d'épaule. «On va se donner des balises, on va se donner du temps aussi», a dit la ministre Thériault.

La mise sur pied du registre fédéral, qui devait coûter moins de 5 millions $ en 1995, a finalement requis près de 1 milliard $ en fonds publics. Les armes de poing et les fusils automatiques doivent toujours être enregistrés au Canada. Les armes d'épaule représentent plus de 90 % des armes à feu répertoriées au Québec.

Le gouvernement du Québec s'attendait «vraiment» à gagner sa cause devant la Cour suprême. Le montant nécessaire pour le registre n'a pas été budgété, a reconnu la ministre Thériault, qui doit repartir «à zéro». Elle n'a pas l'intention de se lancer dans une ultime tentative pour convaincre les conservateurs de changer d'idée. «Les Québécois auront l'occasion de tirer les conclusions qu'ils veulent bien, a-t-elle déclaré. Il y aura des élections bientôt.»

Un outil essentiel

Le registre est un outil essentiel au travail des policiers pour assurer la sécurité au Québec, a souligné la ministre. Il est consulté 300 fois par jour par les policiers, selon la Fraternité des policiers de Montréal.

Les propriétaires d'armes à feu «ne sont pas des criminels, a insisté la ministre. Ce ne sont pas des ennemis. Ils ont le droit de pratiquer leur sport, d'aller à la chasse. On va travailler avec eux pour éliminer les irritants, mais le registre verra le jour.»

Le Parti québécois estime que le jugement des magistrats, même s'il est partagé dans ce cas-ci, est teinté par leur nomination fédérale. «À partir du moment où c'est le gouvernement fédéral qui nomme les juges à la Cour suprême, on peut raisonnablement penser que les juges ont une certaine considération pour ceux qui les ont nommés», a déclaré le péquiste Stéphane Bergeron.

À ce chapitre, la Cour suprême a récemment débouté le gouvernement conservateur à plusieurs reprises : la réforme du Sénat, la nomination du juge Nadon, l'aide médicale à mourir, la commission fédérale des valeurs mobilières, l'abolition rétroactive de la libération conditionnelle.

«On aura compris que le fédéralisme coopératif a ses limites, pour ne pas dire qu'il ne s'agit pour le moment que d'une illusion», a aussi déclaré M. Bergeron. L'opposition officielle entend donner son appui au gouvernement Couillard pour la mise sur pied d'un registre québécois.

La porte-parole caquiste en matière de justice, Nathalie Roy, déplore que le gouvernement Harper «jette carrément de l'argent par la fenêtre» en détruisant les données pour lesquelles les Québécois ont payé. «C'est du gaspillage et un très grand manque de respect à l'égard des Québécois et des députés de l'Assemblée nationale qui ont réclamé qu'un registre demeure, a affirmé Mme Roy. C'est choquant.»

Québec solidaire tient aussi à la création rapide d'un registre des armes d'épaule et dénonce de nouveau les commentaires de Stephen Harper sur l'utilisation des armes pour se défendre en milieu rural. «Nous ne mangeons pas de ce pain-là, a déclaré François David. Les Québécois tiennent au registre, qui a sauvé des vies.»

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