Le chef-pompier de L'Isle-Verte prend sa retraite

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Le chef pompier de L'Isle-Verte, Yvan Charron, se retire après 30 ans au service de sa brigade.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(L'Isle-Verte) «Ça fait un an et demi qu'on se fait cogner sur la tête à tour de bras pour des choses qu'on n'a pas commises, soupire le chef pompier de L'Isle-Verte. Ça vient fatiguant comme vous n'avez pas idée!» C'est dans ces termes, la sérénité dans l'âme, qu'Yvan Charron se retire après 30 ans au service de sécurité incendie de sa municipalité.

M. Charron se défend bien de dire qu'il démissionne. «Je prends ma retraite», nuance-t-il. Il faut dire que l'homme ne l'a pas eu facile depuis la nuit d'horreur où il a combattu, avec ses hommes, l'incendie de la Résidence du Havre. Au matin du 23 janvier 2014, 32 aînés manquaient à l'appel.

Lors de l'enquête publique sur cette tragédie qui s'est tenue en décembre dernier, le coroner Cyrille Delâge n'a pas manqué de l'écorcher sur certains aspects de son intervention, principalement sur son manque de formation et les décisions qu'il a prises lors du sinistre. «Je suis d'accord avec certaines affaires qu'il a dites, admet-il tout de même. La formation d'officier, je l'avais pas, c'est vrai. Mais ça faisait pas de moi un moins bon pompier pour ça!»

Formation

Celui qui bénéficiait d'une clause dite «grand-père» pour justifier le fait de ne pas se soumettre à l'obligation de suivre une formation d'officier était retourné sur les bancs d'école en janvier. «Mais je pensais pas que c'était autant, fait-il comme réflexion. C'est tout rendu informatique. Je me suis assis et j'ai pensé à mon affaire comme il le faut. Puis, je me suis dit que l'année passée, j'ai vendu mon quota et mes vaches pour avoir du temps à moi. J'ai été agriculteur toute ma vie. Des vacances, j'en prenais pas, j'avais pas le temps. C'était 80 à 100 heures par semaine. Je me suis dit que c'était le temps de prendre ma retraite pour me voir vivre un peu.»

Après avoir abandonné la production laitière, il a été engagé à la municipalité de L'Isle-Verte à titre de chef opérateur.

Maintenant que la municipalité de L'Isle-Verte a confié la gestion de son service de sécurité incendie à la Ville de Rivière-du-Loup, le chef Charron part l'esprit en paix. «Suite à cette entente, il a dit qu'il voulait réfléchir, raconte la mairesse de -L'Isle-Verte, Ursule Thériault. On lui a dit de se donner du temps. Il a pris huit jours pour réfléchir. Il a décidé de se retirer. Il sait que la caserne est entre bonnes mains. Ça le rassure. Ça lui a fait tomber son stress, après toutes les choses éprouvantes qu'il a vécues depuis un an et demi.»

À 52 ans, l'homme qui est grand-père pour une troisième fois depuis quelques jours est serein avec ses choix. «J'étais rendu là, dit-il en riant, l'air soulagé d'un poids énorme. On passe à autre chose.»

Mais Yvan Charron sait qu'il n'a pas fini d'entendre parler de cette tragédie qui le suit inexorablement. «Il va y avoir procès probablement, pressent-il. L'assureur, La Promutuelle, continue sa poursuite.» À ce moment-là, il est persuadé que certaines informations, jusqu'ici demeurées inédites, vont être dévoilées au grand jour.

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