L'ingénieur aux explosifs reconnu coupable de menace

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La juge Marie-Claude Gilbert a conclu que le réel était aussi présent dans la «fantaisie» de François Daigle

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(Québec) L'ingénieur François Daigle qui voulait faire exploser son bureau de consultants a été reconnu coupable de menace et de possession d'explosifs dans le but de blesser ou mettre la vie en danger.

Employé de la firme Coulombe, Juneau et Associés, spécialisée dans l'ingénierie légale, Daigle se sent mis à l'écart dans les négociations entreprises en 2010 entre le patron bientôt retraité et ses associés.

Il en vient à maquiller ses feuilles de temps pour cacher un manque de productivité, un forfait qu'il avouera rapidement à son patron et ses collègues.

Les idées noires commencent à tourbillonner dans sa tête. Il craint d'être congédié, mis à l'amende ou radié de son ordre professionnel. L'homme de 37 ans, sans antécédent judiciaire, forme alors le projet de se débarrasser de tous les gens au courant de sa mauvaise conduite, soit son patron, deux ingénieurs, un technicien et trois secrétaires.

Au fil des mois, Daigle se procure une bonne quantité de produits chimiques, notamment du nitrate d'ammonium, des cristaux de soude et de l'acide chlorhydrique et sulfurique.

Le nitrate d'ammonium, mélangé à du diesel, avait notamment été utilisé lors des attentats d'Oklahoma City, avait indiqué la poursuite, en insistant sur le potentiel explosif important des substances trouvées chez l'ingénieur.

Daigle modifie aussi un «presto» pour qu'il puisse être relié à un compresseur.

Se disant désireux d'avoir de l'aide, François Daigle rencontre une psychologue le 1er mars 2012.

Il lui raconte en détail ses plans pour éliminer les sources de ses frustrations. Il pense à mettre une bombe dans le bureau de consultants, à installer dans les toilettes un dispositif qui libère un gaz toxique ou à organiser un empoisonnement de masse.

Au procès, François Daigle a expliqué que tous ces plans, qu'il appelle des fantaisies, sont en fait des mécanismes d'adaptation qu'il a développés pour apaiser ses angoisses.

Jamais, a-t-il dit, il n'a eu l'intention de tuer ses collègues ou sa psychologue, qui l'a dénoncé à la police.

«Dead men don't talk»

La juge Marie-Claude Gilbert a conclu que le réel était aussi présent dans la «fantaisie». «Il a été habité de cette intention de tuer ses collègues durant des années et le dessin d'intention apparaît dans ses propres mots», fait remarquer la juge, en évoquant notamment l'acronyme DMDT («Dead men don't talk») trouvé sur un document de l'ingénieur.

La poursuite a réclamé la détention immédiate de François Daigle. Le procureur de la Couronne, Me Jean-Philippe Robitaille, a indiqué qu'il entend réclamer une peine d'incarcération de plus de quatre ans.

L'avocat de la défense, Me Maxime Roy, a rappelé qu'il n'y a aucune peine minimale pour les accusations de menace et de possession d'explosifs. Il s'oppose à l'incarcération de son client avant la peine.

La juge Gilbert rendra sa décision sur ce point demain.

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