Procès du maire de Baie-Trinité: interrogatoire incisif de la présumée victime

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Le maire de Baie-Trinité, sur la Côte-Nord, est accusé d'agression sexuelle et de harcèlement criminel.

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Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Baie-Comeau) La présumée victime a été talonnée de près par la défense mercredi, au troisième jour du procès de Denis Lejeune. Le maire de Baie-Trinité, sur la Côte-Nord, est accusé d'agression sexuelle et de harcèlement criminel.

Contre-interrogé par Me Christian Maltais, le procureur de Lejeune, la plaignante s'est dite incapable de mesurer le temps qu'a duré le premier événement entre elle et l'accusé, soit lorsque ce dernier aurait immobilisé la présumée victime dans une salle de bain pour lui prendre notamment les seins et tenter d'insérer sa main dans son pantalon. «Dans cette situation, le temps est incalculable», a-t-elle lancé.

La plaignante a aussi admis qu'elle n'a jamais crié ou pleuré lors des deux supposées agressions qu'aurait commises l'accusé. Me Maltais lui a aussi fait reconnaître qu'elle ne cherchait pas à éviter Denis Lejeune après les événements et qu'elle continuait à le côtoyer comme avant.

Textos supprimés

La défense a également reproché à la plaignante d'avoir supprimé les messages textes que lui aurait envoyés l'accusé afin de la voir. Quand Me Maltais lui a souligné qu'elle aurait pu garder les textos pour appuyer ses dires lors de sa plainte aux policiers, la mère de famille a rétorqué qu'elle n'avait jamais pensé à monter un dossier contre son présumé agresseur. «Moi, dans ma tête, [ce qui m'importait] c'était de garder le silence», a déclaré celle qui dit avoir effacé les textos à mesure qu'ils entraient.

Le juge François Boisjoli a eu à intervenir à de nombreuses reprises durant le contre-interrogatoire de la plaignante, recommandant à Me Maltais de se faire moins incisif envers la présumée victime. Il a aussi souligné deux fois à cette dernière qu'elle ne répondait pas toujours précisément aux questions et qu'elle avait tendance à rajouter des détails superflus.

En fin de journée, la défense a fait entendre deux témoins, soit la soeur de l'accusé et un homme dont on ne peut révéler l'identité afin de ne pas permettre d'identifier la présumée victime. Le procès de Denis Lejeune se poursuit aujourd'hui.

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