Vandalisme à la Mosquée de la Capitale: une collecte pour renforcer la sécurité

Mercredi matin, les responsables de la Mosquée de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Mercredi matin, les responsables de la Mosquée de la Capitale ont constaté deux actes de vandalisme commis en l'espace de 24 heures. Deux vitres ont été brisées.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Inquiets des actes de vandalisme commis dans les derniers mois contre leur lieu de culte, les représentants de la Mosquée de la Capitale demandent une rencontre avec le directeur de la police de Québec afin de lui exprimer leur inquiétude. Dans l'intervalle, une collecte a été lancée chez les fidèles, vendredi, pour renforcer la sécurité.

En entrevue au Soleil, vendredi, après la prière du vendredi, à l'immeuble de la rue Marie-de-l'Incarnation, l'un des imams de la mosquée, Mohamed Hafid, a expliqué que cette rencontre avec le chef Michel Desgagné visait aussi à s'enquérir des suites données aux plaintes déposées ces derniers mois.

Mercredi matin, les responsables de la mosquée ont constaté deux actes de vandalisme commis en l'espace de 24 heures. La vitre de la porte d'entrée avait été brisée à l'aide d'une barre de fer. Une vitre du côté nord avait également volé en éclats.

Les caméras de surveillance ont capté une silhouette, visiblement celle d'un homme, qui arrive du stationnement, situé à l'arrière, et qui assène un coup dans la vitre avec sa barre. «Si quelqu'un était sorti, l'aurait-il frappé? On ne le sait pas, mais ça nous inquiète. Ça va de mal en pis», lance M. Hafid.

Histoire de dormir plus tranquilles, les administrateurs de la Mosquée ont demandé aux fidèles présents vendredi de faire un don pour payer l'installation, au coût de 12 000 $, des nouvelles caméras capables de capter des images nocturnes.

La rencontre avec le chef Desgagné, qui n'a pas encore été demandée officiellement, vise à faire le point sur les deux plaintes déposées dans les dernières semaines. Un autre incident était survenu l'an dernier - un produit renversé sur le perron de la mosquée -, mais M. Hafid n'est pas en mesure de dire si la police avait été avertie.

«Nous n'avons pas de rétroaction, de feedback. On ne peut pas attendre que quelqu'un fasse un gâchis ou tue quelqu'un. On vit un climat qui n'est pas sain», s'inquiète M. Hafid.

La police de Québec confirme avoir reçu deux plaintes de la Mosquée de la Capitale depuis novembre, incluant des affiches haineuses et racistes placardées sur l'édifice, en novembre. «Nos enquêteurs sont continuellement en lien avec les plaignants. On leur signale tout progrès dans le dossier. Les enquêtes suivent leur cours», explique la porte-parole policière Christine Lebrasseur.

L'État islamique

À l'instar de la centaine de fidèles qui fréquentent la mosquée chaque semaine, Mohamed Hafid s'inquiète de voir la population faire des «amalgames» avec les exactions commises par l'État islamique. Il n'a pas attendu l'appel à la fatwa du Conseil suprême islamique du Canada, mercredi, pour dénoncer ce «groupuscule criminel qui n'a rien d'un état et rien d'islamique».

«En octobre dernier, nous avons pris une position claire contre l'État islamique, insiste-t-il. Nous dénonçons toujours, publiquement et clairement, ces terroristes et leurs actes de violence. Nous en parlons aux jeunes qui viennent à la mosquée.

Personne ne peut endosser ce qu'ils font, à part d'être un ignorant ou un psychopathe», poursuit-il avec indignation, soulignant que des musulmans combattent eux aussi Daech en Irak et en Syrie. «Nous n'avons aucun lien avec ce qui se passe au Moyen-Orient. Nous sommes des citoyens comme les autres. Nous avons un travail, une famille, nous payons nos impôts. Pourquoi vient-on nous cibler?»

Sur le port du niqab, un sujet de discorde chez les parlementaires cette semaine à Ottawa, Mohamed Hafid estime qu'il s'agit d'un vêtement féminin qui n'a rien à avoir avec l'islam, mais plutôt avec la culture et la tradition. «Personnellement, je serais gêné de faire affaire, dans un service public, avec une femme qui le porterait. Le visage découvert, c'est un minimum, et je crois qu'une majorité écrasante de musulmans sont d'accord avec moi.»

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