Peine de 42 mois pour le conjoint trafiquant d'une policière de la SQ

Keven Harvey-Maltais, 30 ans, a plaidé coupable ce... (Photo tirée de Facebook)

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Keven Harvey-Maltais, 30 ans, a plaidé coupable ce matin à une douzaine d'accusations de possession dans le but de trafic de diverses substances comme la cocaïne, des métamphétamines, du GHB, du cannabis.

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(Québec) Le trafiquant de drogue Keven Harvey-Maltais avait un atout de taille pour faire son commerce en toute quiétude : l'agente de filature Marie-Pierre Tremblay de la Sûreté du Québec qui, par amour, l'a aidé à déjouer les policiers.

L'agente de filature Marie-Pierre Tremblay de la Sûreté... (PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL, Patrice Laroche) - image 1.0

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L'agente de filature Marie-Pierre Tremblay de la Sûreté du Québec a envoyé des captures d'écran des données du Centre de renseignements policiers du Québec à son conjoint Keven Harvey-Maltais, un trafiquant de drogue, afin de l'aider à déjouer les policiers. 

PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL, Patrice Laroche

Keven Harvey-Maltais, 30 ans, a plaidé coupable mardi matin à une douzaine d'accusations de possession dans le but de trafic de diverses substances comme la cocaïne, des métamphétamines, du GHB, du cannabis.

Il a surtout reconnu que durant six mois, en 2013, il a entravé la justice, obtenu frauduleusement les services d'ordinateurs et encouragé Marie-Pierre Tremblay, sa conjointe policière, fonctionnaire de l'État, à commettre un abus de confiance.

Son plaidoyer de culpabilité jette de la lumière sur les agissements troubles de la policière Tremblay, des faits restés dans l'ombre jusque-là en raison d'une ordonnance de non-publication.

Keven Harvey-Maltais tombe sous la loupe d'un enquêteur du service de police de la Ville de Montréal au début de 2013 parce que les policiers le soupçonnent de livrer de la drogue au Lac-Saint-Jean pour une organisation criminelle.

L'enquêteur constate qu'une policière de la Sûreté du Québec, l'agente de filature Marie-Pierre Tremblay, a consulté à deux reprises le Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ) à la recherche d'informations concernant Keven Harvey-Maltais.

Confrontée par son supérieure, la policière affirme qu'elle voulait simplement vérifier le passé et le statut actuel de son nouveau «chum», un gars d'Alma, tout comme elle.

Le supérieur confirme à l'agente de filature que sa nouvelle flamme est enquêtée pour du trafic de stupéfiants et il lui demande de cesser de le voir. Selon le résumé fait à la cour, Marie-Pierre Tremblay rétorque qu'elle arrêtera de fréquenter Harvey-Maltais si elle a des preuves tangibles du trafic.

Des messages recueillis par écoute électronique révéleront que Keven Harvey-Maltais avait demandé à sa conjointe de vérifier si les policiers étaient sur sa trace. Selon le ministère public, la policière lui a envoyé des captures d'écran des données du CRPQ.

Keven Harvey-Maltais a visiblement utilisé les informations puisqu'il a cessé d'utiliser sa voiture, fichée comme celle d'un trafiquant de drogue, note le procureur de la Couronne Me Guillaume Michaud.

Peu de temps avant son arrestation en juin 2013, Harvey-Maltais confie à des proches qu'il a mis sa blonde dans le pétrin. «Elle a cherché mon nom dans les ordinateurs sécurisés de la SQ et elle m'a tout montré», dit Harvey-Maltais.

Selon le ministère public, la policière, arrêtée en même temps que son conjoint, a tout avoué lors d'un long interrogatoire. Elle a ajouté que Harvey-Maltais lui fournissait de la drogue, notamment de la cocaïne. À cette époque, Marie-Pierre Tremblay consomme beaucoup, notamment dans les rave. «Kev va me ravitailler, il faut que j'achète du liquide [GHB]», écrit la policière, qui dit aimer les «bad boys».

Keven Harvey-Maltais a pour sa part raconté à ses amis que si la policière «était en amour avec lui», lui restait pour sa part assez tiède...

L'enquête qui visait le réseau de Harvey-Maltais a complètement avorté, indique la poursuite.

Peine de trois ans et demi

L'avocat de Harvey-Maltais, MGilles Thibault, et le ministère public se sont entendus pour suggérer une peine de trois ans et demi de détention, de laquelle il faut déduire les 14 mois déjà purgés en détention provisoire.

La juge Hélène Bouillon a accepté cette suggestion, soulignant au passage la gravité de l'affaire.

Marie-Pierre Tremblay n'était en effet pas n'importe quelle patrouilleuse, mais bien une agente de filature, à ce poste depuis neuf ans. «Elle occupait un poste très important et ça ajoute à la gravité, parce qu'elle avait accès à des renseignements très confidentiels et très sensibles, surtout au niveau du trafic de stupéfiants, explique le procureur de la Couronne Me Michaud. Elle aurait pu avoir accès à des informations et les communiquer à des gens du réseau criminel.»

La policière, suspendue à demi-solde depuis son arrestation, a fait une thérapie au cours des derniers mois. Son dossier revient à la cour la semaine prochaine. Marie-Pierre Tremblay est accusée notamment d'entrave à la justice, d'avoir obtenu frauduleusement des services d'ordinateurs et d'avoir accepté par corruption une contrepartie.

***

Accusations contre le père retirées

Le père de Keven Harvey-Maltais, Denis Maltais, colocataire de son fils, avait été lui aussi arrêté à Laval en juin 2013 et accusé de possession dans le but de trafic. Le fiston a déclaré mardi que son père ignorait complètement la présence dans la maison d'un coffre rempli de stupéfiants. Le ministère public a retiré toutes les accusations concernant le père.

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