Assassinat de Boris Nemtsov: les autorités à la recherche de ses ennemis

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Boris Nemtsov a déjà été vice premier ministre de Russie.

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Agence France-Presse
Moscou

Tentative de déstabilisation de l'État, extrémisme islamique, guerre en Ukraine, conflit personnel: la plus haute instance d'enquête en Russie se penche sur plusieurs hypothèses pour expliquer le meurtre de l'opposant politique Boris Nemtsov.

Boris Nemtsov se promenait avec une jeune femme... (PHOTO DMITRY SERERYAKOV, AFP) - image 1.0

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Boris Nemtsov se promenait avec une jeune femme sur le Grand Pont de pierre, juste à côté du Kremlin, quand «vers 23h15, une voiture s'est approchée d'eux, quelqu'un a tiré des coups de feu, dont quatre l'ont touché dans le dos, causant sa mort». 

PHOTO DMITRY SERERYAKOV, AFP

Dans un communiqué, le comité investigateur n'a cependant pas mentionné la possibilité - évoquée par beaucoup de supporters de M. Nemtsov - qu'il ait été tué parce qu'il était un opposant virulent au président Vladimir Poutine.

Âgé de 55 ans, il a été abattu vendredi vers minuit alors qu'il marchait sur un pont près du Kremlin, en compagnie d'une femme. Quelques heures avant, dans une entrevue à la radio, il avait dénoncé les politiques «folles et agressives» de M. Poutine. Le lendemain, il devait aider à mener une manifestation contre les actions de la Russie dans le conflit en Ukraine et la crise économique.

Les organisateurs ont annulé la manifestation après l'annonce de sa mort, décidant plutôt d'en faire un rassemblement à sa mémoire. La ville a rapidement approuvé l'événement. En comparaison, elle met habituellement beaucoup de temps à accorder des permissions pour des manifestations d'opposition politique.

Le comité investigateur a affirmé qu'il cherchait notamment à déterminer si M. Nemtsov était une «victime sacrifiée pour ceux qui ne renoncent à aucune méthode pour arriver à leurs objectifs politiques», une suggestion qui fait écho aux commentaires du porte-parole de Vladimir Poutine d'autres politiciens affirmant que le meurtre est une «provocation» contre l'État.

Les enquêteurs vérifient aussi s'il avait des ennemis personnels. La télévision contrôlée par l'État et d'autres médias favorables au Kremlin ont accordé beaucoup d'attention à la jeune femme qui l'accompagnait au moment de l'attaque, une jeune mannequin ukrainienne de 30 ans sa cadette. Le comité investigateur a affirmé que les deux se dirigeaient à l'appartement de M. Nemtsov.

Selon le communiqué du comité, les enquêteurs se penchent aussi sur les possibles liens du meurtre avec le confit ukrainien ou l'extrémisme islamique.

Un meurtre «cruel», selon Poutine

Vladimir Poutine a ordonné aux plus hauts chefs de la police de superviser personnellement l'enquête sur le meurtre de Boris Nemtsov.

«M. Poutine estime que ce meurtre cruel a toutes les caractéristiques d'un meurtre commandité et est extrêmement provoquant», a affirmé le porte-parole présidentiel Dmitry Peskov, cité par les agences de presse russes.

Ramzan Kadyrov, le président de la Tchétchénie soutenu par M. Poutine, a accusé l'Occident.

«Il ne fait aucun doute que le meurtre de Nemtsov a été organisé par les services spéciaux occidentaux, qui tentent par tous les moyens de créer des conflits internes en Russie», a-t-il dit sur Instagram.

Des hommages d'Obama et Merkel

Le président américain, Barack Obama, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont tous deux fait des déclarations louant le courage de Boris Nemtsov.

L'ancien leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev et le chef du parti communiste, Gennady Zyuganov, croient aussi qu'il s'agit d'une provocation de l'État.

Samedi en matinée, des centaines de personnes se sont rendues sur les lieux du crime pour y déposer des fleurs.

M. Nemtsov travaillait sur un rapport présentant des preuves qui, selon lui, démontrait l'implication directe de la Russie dans la rébellion des séparatistes proprusses dans l'est de l'Ukraine. Moscou a toujours nié qu'il soutenait les rebelles et leur fournissait des armes.

Il critiquait régulièrement la corruption omniprésente au gouvernement et son inefficacité.

Dans une entrevue accordée plus tôt ce mois-ci au journal Sobesednik, il avait affirmé que sa mère de 86 ans avait peur que M. Poutine le fasse tuer. Interrogé à savoir s'il avait de telles peur lui-même, il a répondu: «Si j'avais peur, je n'aurais pas dirigé un parti d'opposition.»

«C'est une monstrueuse tragédie et une perte pour nous tous», a affirmé sur sa page Facebook Alexeï Navalny, une autre des figures d'opposition les plus connues en Russie. M. Navalny purge présentement une peine de prison de 15 jours pour avoir distribué des dépliants dans le métro sans permission.

Boris Nemtsov a occupé les postes de gouverneur régional et de vice-premier ministre dans les années 1990. Il a déjà été considéré comme un successeur potentiel à Boris Eltsine, le premier président élu de Russie.

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