Le «Joker» nageait en plein délire

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Richard Vallée

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(Québec) Lorsqu'il a tué Alain Delisle le 7 février 2012, Richard Vallée ne croyait pas que ce qu'il faisait était moralement mal. Son jugement était perturbé à cause de sa croyance délirante.

C'est ce que croit la psychiatre Marie-Frédérique Allard, qui a témoigné jeudi au procès de l'homme de 55 ans. Richard Vallée est accusé d'avoir tué son voisin du quartier Saint-Sauveur parce qu'il était convaincu que celui-ci séquestrait deux femmes et qu'il les forçait à se prostituer. 

La défense plaide la non-responsabilité pour troubles mentaux, alors que la poursuite estime que les délires de Vallée ne sont pas la conséquence d'un trouble préexistant, mais d'une consommation massive de cannabis.

La Dre Allard a rencontré Vallée pour la première fois en juillet 2013. «J'ai tout de suite vu un homme psychotique et délirant», a dit l'experte en psychiatrie légale, qui a aussi témoigné dans le dossier de Luka Rocco Magnotta.

Au bout de trois heures d'entretien, elle lui attribuait un diagnostic de psychose. «Les événements se sont produits en février 2012, et, plus d'un an après les faits, M. Vallée demeurait avec la même conviction délirante. [...] Même trois ans après les événements, il croit toujours la même chose», a dit la Dre Allard, qui s'est entretenue avec Vallée à quatre reprises entre juillet 2013 et décembre 2014, pour un total de 13 heures de rencontre. 

L'accusé avait déjà été vu en 1999 par un psychiatre, qui lui avait alors diagnostiqué une psychose toxique. Selon ce médecin, Vallée était anxieux, présentait des traits de personnalité «antisociaux» et «schyzotypiques» de même que des symptômes dissociatifs. 

«Une psychose toxique ne devrait pas durer plus d'un mois. S'il y a encore des symptômes après un mois, il faut se demander si la personne a une maladie mentale sous-jacente», a expliqué hier la Dre Allard. 

Vallée ne consomme plus de drogue depuis trois ans, et il est convaincu encore aujourd'hui que son voisin séquestrait deux femmes, a insisté la spécialiste. «Si la personne est abstinente depuis un an et qu'elle reste psychotique, il faut se rendre à l'évidence qu'il y a une maladie mentale sous-jacente», a dit la Dre Allard, selon qui la drogue peut avoir contribué au déclenchement de la maladie. 

Soeur assassinée

«Mais il n'y a pas juste la drogue qui peut causer une psychose. Il y a d'autres facteurs comme les antécédents génétiques, les traumatismes de l'enfance, le stress, la personnalité de base...» 

La Dre Allard a rappelé que l'accusé était issu d'une famille dysfonctionnelle, qu'il avait été privé de stabilité parentale et qu'il avait commencé à consommer de la drogue à un jeune âge. 

Elle a également fait un lien entre les événements du 7 février 2012 et la disparition de la soeur de Vallée, assassinée dans les années 70. 

«M. Vallée disait qu'il entendait les filles crier chez Alain Delisle. Il en avait même parlé aux policiers en 2011. On fait facilement le parallèle avec sa soeur. Ça a joué dans l'élaboration de son délire», a souligné la psychiatre, pour qui l'accusé apparaît «sincère». Le procès se poursuit vendredi.

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