Le Joker justicier: fier meurtrier... puis amnésique

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Tout de suite après avoir été arrêté, le soir du 7 février 2012, Richard Vallée était calme et répondait bien aux questions. Six heures plus tard, il ne se souvenait plus de rien.

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(Québec) Ambivalent, ce Joker justicier... À son arrivée au poste de police, Richard Vallée est fier d'avoir commis un meurtre. Quelques heures plus tard, tout s'embrouille dans sa tête, et il ne se souvient plus de rien.

Tout de suite après avoir été arrêté dans la rue Victoria, le soir du 7 février 2012, Richard Vallée est calme, répond bien aux questions, a témoigné hier une des policières qui a procédé à l'arrestation musclée.

Fier de la façon dont il a lui-même coupé sa carabine de calibre 308, Vallée clame qu'il est un héros et qu'il «a tué une coquerelle», «qu'il l'a regardé chialer».

Son attitude change lorsque, six heures plus tard, les patrouilleurs l'amènent à la salle d'interrogatoire. Il se met à fixer le néant, à longer les murs.

Vêtu d'une combinaison blanche, Richard Vallée est interrogé durant plus de quatre heures par l'enquêteur Yves Huard de la police de Québec.

L'homme est détendu. Il prend le temps de mettre trois sucres et trois laits dans son café.

L'artiste décrit ses toiles, dont la dernière représente un cimetière où un ange aux traits d'Édith Piaf accueille les morts.

Il raconte avec plusieurs détails comment son voisin Alain Delisle et un gang de criminels ont enlevé sa blonde ainsi qu'une adolescente. «Ils leur ont passé sur le corps pendant une semaine de temps, ils se les ont passées d'appartement en appartement, décrit Vallée. Une fois qu'elles sont matées, ils les forcent à se prostituer.»

«Embrouillé dans ma tête»

Le Joker a du mal à croire que les policiers n'ont trouvé aucune fille en fouillant la maison de la victime. «Vous avez mal regardé!»

Le Joker affirme à l'enquêteur ne pas se souvenir de ce qu'il a fait quelques heures plus tôt. «C'est tout embrouillé dans ma tête», dit-il.

Même s'il plaide l'amnésie, Vallée dira plus tard que ce soir-là, «il a eu le guts de se dresser contre eux autres et de leur faire face».

Depuis quelques mois, Richard Vallée dit se sentir «très bizarre». «Je suis en train de déconnecter de la réalité, avance-t-il. Je me sens de moins en moins responsable, je crains d'avoir des oublis. On dirait que je tombe dans le vide.»

L'été précédent, Vallée s'est mis à se maquiller le visage en blanc, avec les yeux noirs et un grand sourire. «J'ai commencé à me déguiser en fantôme de Jim Morrison, mais tout le monde pense que c'est le Joker», explique-t-il en triturant ses longs cheveux.

Richard Vallée devrait témoigner pour sa défense aujourd'hui.

«Pas un fou»

La jeune femme, ex-prostituée, qui a fréquenté Richard Vallée durant trois semaines à l'été 2011 a confirmé mardi qu'elle n'avait jamais été séquestrée dans un logement de la rue Hermine. Elle n'a même jamais rencontré la victime Alain Delisle. Au moment du meurtre, la jeune femme travaillait dans le domaine de la rénovation dans la région de Contrecoeur. L'accusé, qu'elle appelle «Ricky», était «un charmant gars qui se fait entretenir», drôle, qui aimait les chapeaux bizarres, «mais il n'est pas fou», a-t-elle tenu à préciser aux jurés, avant d'être modérée par le juge Richard Grenier, qui lui a demandé de s'en tenir aux faits et de laisser les diagnostics aux psychiatres.

La bande sonore du meurtre

Durant quelques très longues minutes, les 12 jurés ont pu entendre mardi le son capté au moment du meurtre par les caméras de surveillance installées par la victime Alain Delisle. On peut d'abord entendre le chien japper, puis un premier coup de feu tiré par Richard Vallée. La victime se met aussitôt à pousser des hurlements de douleur. «Les filles, elles sont en haut?» demande Richard Vallée. Le meurtrier se rend à l'étage, où vit l'ancien propriétaire. Il demande au vieil homme où sont les «otages» et le menace de lui tirer une balle dans la tête. Vallée redescend ensuite à l'établi, où il tire un second projectile sur Alain Delisle avant d'abattre le chien.

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