Début du procès pour meurtre du Joker

L'accusé, Richard Vallée... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'accusé, Richard Vallée

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Richard Vallée s'est transformé en justicier baptisé Joker pour tuer un voisin du quartier Saint-Sauveur en février 2012 parce qu'il croyait que ce dernier séquestrait et torturait deux femmes. L'accusé plaide la non-responsabilité pour cause de troubles mentaux.

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Le soir du crime, Vallée emporte avec lui une carabine chargée dont le canon est coupé et où il a dessiné une tête de mort. Sur la carabine de calibre .308, est aussi écrit en rouge le mot Joker à l'envers, de manière à pouvoir le lire en se regardant dans le miroir.

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Le soir de 7 février 2012, Richard Vallée... (Photo fournie par le SPVQ) - image 1.1

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Le soir de 7 février 2012, Richard Vallée enfile quatre épaisseurs de vêtements. Sur un de ses chandails, on peut voir une carte de tarot symbolisant la mort. Par-dessus, il ajoute un survêtement de travail. Vallée prend soin de glisser dans la poche de ce couvre-tout une carte à jouer du Joker.

Photo fournie par le SPVQ

Le procès pour meurtre au premier degré et possession d'une arme prohibée de Richard Vallée, un artiste de 55 ans aux longs cheveux bouclés, s'est ouvert lundi au palais de justice de Québec.

Le procureur de la Couronne, Me Jean-Philippe Robitaille, a résumé la théorie de la poursuite précisant que pour l'essentiel, les faits ne sont pas contestés par la défense.

Consommateur de cannabis depuis sa jeunesse, Richard Vallée s'installe dans un petit appartement de la rue Hermine, dans la Basse-Ville de Québec au printemps 2011. Il a auparavant roulé sa bosse à Montréal, dans l'Ouest canadien et en Californie.

Il vient à prendre en grippe un de ses voisins, Alain Delisle, qui vit à quelques portes de chez lui.

Vallée commence à accuser Delisle de séquestrer deux femmes, de les torturer et de les forcer à se prostituer. Dans l'esprit de Vallée, les policiers sont de mèche et refusent d'intervenir.

Les deux voisins auront une première altercation en novembre 2011. À ce moment, Alain Delisle porte plainte pour voies de fait contre Vallée. L'homme est remis en liberté après s'être engagé à ne pas s'approcher de son voisin.

Richard Vallée se convainc qu'il est le seul à pouvoir sauver les deux «captives». Il se crée alors un personnage de justicier, qu'il baptise Le Joker.

Le soir du 7 février 2012, Vallée enfile quatre épaisseurs de vêtements. Sur un de ses chandails, on peut voir une carte de tarot symbolisant la mort. Par-dessus, il ajoute un survêtement de travail. Il prend soin de glisser dans la poche de ce couvre-tout une carte à jouer du joker.

Pour se protéger des morsures du chien d'Alain Delisle, il s'emballe le bras avec des couvertures et du ruban gommé avant d'enfiler un gant de plastique noir et un gant de cuir.

Carabine tronçonnée

Il emporte avec lui une carabine de calibre .308 chargée au canon tronçonné. Sur l'arme, l'artiste a dessiné une tête de mort et écrit en rouge le mot «Joker» à l'envers, de manière à pouvoir le lire en se regardant dans le miroir.

Richard Vallée se rend chez Alain Delisle, au 286 de la rue Hermine, passe par la cour arrière, saute par-dessus une clôture et défonce à coups de pied la porte de l'établi où sa cible est en train de travailler.

Il atteint Alain Delisle à l'abdomen. L'homme s'écroule au sol. Richard Vallée fait ensuite feu sur le chien. Puis, il entre dans la maison, se rend dans la chambre du locataire en demandant : «où sont les filles?»

Le «Joker» redescend bredouille et tirera un second projectile sur sa victime. Alain Delisle, 48 ans, meurt quelques minutes plus tard.

Richard Vallée traverse ensuite la rue pour se rendre chez de présumés complices. Il sera arrêté à cet endroit par les policiers, quelques minutes plus tard.

La défense, représentée par Me Louis Belliard, tentera d'obtenir l'acquittement de Richard Vallée en plaidant qu'il était atteint d'un trouble mental assez important pour le rendre non criminellement responsable.

La psychiatre Dre Marie-Frédérique Allard, qui avait témoigné en défense dans le procès de Luka Rocco Magnotta, témoignera pour Richard Vallée, qu'elle a rencontré à plusieurs reprises.

Le ministère public estime pour sa part que les délires de l'accusé ne sont pas la conséquence d'un trouble préexistant, mais d'une consommation massive de cannabis.

Le psychiatre Dr Sylvain Faucher témoignera pour la poursuite.

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