Intimidation: Bernard «Rambo» Gauthier absout

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Bernard «Rambo» Gauthier à sa sortie du tribunal, mardi

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Bernard «Rambo» Gauthier pourra continuer d'exercer ses fonctions de représentant syndical sur la Côte-Nord. Le tribunal l'a absous hier, à la suite de sa condamnation pour intimidation sur un chantier de construction, en juin 2013.

«Rambo» Gauthier risquait gros dans cette affaire puisque la loi interdit à un leader syndical d'avoir des antécédents judiciaires. «Je suis satisfait certain», a-t-il laissé tomber calmement, à la sortie de la salle de cour du palais de justice de Sept-Îles. «Ça va faire du bien, c'est tannant, c'est un fardeau que tu portes, puis que finalement on aura plus».

L'absolution de Bernard Gauthier est néanmoins conditionnelle à ce qu'il n'entre, d'aucune façon, en contact avec le plaignant Frédéric Boucher, qui supervisait une carrière de Sept-Îles, au moment des événements. La cour ordonne également que le syndicaliste verse un don de 500 $ à l'organisme de son choix.

Suggestion commune

C'est d'une suggestion commune que le juge Michel Parent a accordé l'absolution conditionnelle à «Rambo» Gauthier. Le ministère public a d'ailleurs dû se raviser dans sa recommandation après avoir appris que l'accusé avait obtenu un pardon dans une histoire de voie de fait, en 1990, où il avait aussi été absous.

«Notre prétention était que monsieur Gauthier ne pouvait bénéficier une deuxième fois d'une telle mesure», a mentionné Me Steeve Beaupré. «Ce qu'on ignorait, c'est qu'il [Bernard Gauthier] avait reçu son pardon [...] comme il n'avait pas de casier judiciaire, ç'a changé notre perception».

L'absence d'antécédents a aussi pesé dans la balance, a fait valoir le magistrat lors du prononcé de la peine, tout comme le contexte durant lequel se sont produits les faits reprochés, en pleine grève de l'industrie de la construction. «Mais, le tribunal ne peut écarter que M. Gauthier était le représentant, il devait donner l'exemple et moduler ses états d'âme», a soulevé le juge Parent, qualifiant «d'élevées» les responsabilités.

«Rambo» Gauthier est loin de contester les propos du juge, mais n'en démord pas moins. «L'humain étant ce qu'il est, des fois c'est intense comme dans ce dossier-là, les travailleurs étaient en beau fusil, je pouvais pas parler avec des gants blancs», a affirmé le syndicaliste, qui promet d'ailleurs d'en débattre en appel.

Bernard Gauthier confirme donc maintenir les procédures en cours pour casser le jugement de décembre, le trouvant coupable d'avoir intimidé Frédéric Boucher dans le dessein de le «forcer» à s'abstenir d'accomplir son travail. La preuve a démontré que l'accusé s'est présenté sur le chantier supervisé par M. Boucher, flanqué d'autres travailleurs, pour l'injurier et le menacer afin qu'il cesse toutes les activités.

Des lettres «qui encensent presque le comportement de Gauthier»

S'il n'a pas déposé sa pétition pour l'absoudre, Bernard «Rambo» Gauthier a néanmoins cru bon de remettre au tribunal une dizaine de lettres signées de maires, préfets et chefs de bande pour faire état de sa bonne conduite et son apport à la région.

«C'est pour casser ce que les gens, surtout à l'extérieur, peuvent penser, a soutenu le représentant du local 791 de l'Union des opérateurs de machinerie lourde. On travaille beaucoup, énormément avec la région, avec les communautés innues, le sociopolitique et on contribue à l'essor économique régional», a-t-il rajouté.

Le juge Michel Parent n'a d'ailleurs pas écarté les documents soumis à son attention «qui encensent presque le comportement de Bernard Gauthier lors de ses interactions avec le milieu politique et économique de la grande région de la Côte-Nord», a mentionné le magistrat en énumérant les facteurs atténuants la peine.

Pas de dépôt de pétition

Les maires de Sept-Îles et Havre-Saint-Pierre, le préfet de la MRC de la Minganie et les chefs des communautés de Uashat mak Mani-Utenam et Pessamit ont tous accepté de rédiger une lettre d'appui au travail de Bernard Gauthier dans la région. «Ce n'était pas une demande pour l'absolution», a nuancé le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier.

«C'est clair pour moi que ce n'était pas pour dire qu'on était d'accord avec les méthodes qu'il utilise ou pas, c'était une façon de dire que quand on a à travailler ensemble, ça se passe de façon respectueuse, point à la ligne», a-t-il expliqué.

La pétition réclamant l'absolution du représentant syndical n'a toutefois pas été déposée à la cour, mais a recueilli pas moins de 3500 noms, aux dires de Bernard Gauthier. Une bonne trentaine de supporteurs, des travailleurs de la construction pour la plupart, s'étaient aussi déplacés au palais de justice de Sept-Îles, hier en soutien au syndicaliste.

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