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Police de Québec: le service veut revoir ses pratiques

La police de Québec veut moderniser ses façons... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La police de Québec veut moderniser ses façons de faire.

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(Québec) La police de Québec amorce un vaste chantier pour moderniser ses pratiques et sa structure, mal adaptées aux réalités de 2015. Il s'agit d'un exercice crucial qui définira un nouveau modèle d'intervention pour de nombreuses années à venir.

«Le modèle actuel remonte à 15 ans, reconnaît Jocelyn Bélanger, directeur adjoint, responsable de la surveillance du territoire à la police de Québec. Il a été pensé pour les fusions municipales en 2002. Depuis, l'environnement de la Ville a changé pas à peu près.»

Par exemple, des quartiers ont poussé là où il y avait des champs. Avec 500 rassemblements en tout genre chaque année, les grands événements se sont multipliés. De nouveaux paramètres qui ont un impact sur la façon de faire de la patrouille et de gérer des foules. 

Mais surtout, les types de criminalité ont évolué. «On remarque que la criminalité est en baisse et qu'on reçoit moins d'appels. Mais ça cache quelque chose parce que le taux de victimisation - le nombre de personnes qui se disent victimes d'un crime chaque année - demeure le même», souligne-t-il. Ce dernier met en cause tous les délits économiques et sexuels commis avec un ordinateur pour expliquer, en partie, cette situation paradoxale.

M. Bélanger assure que les modifications apportées seront visibles. «Ce ne sont pas des changements administratifs. Le comité doit se questionner sur ce qu'il mettrait en place pour bâtir un service de police qui va tenir la route pour plusieurs années. Chose certaine, nous devons gagner en efficacité et en flexibilité. Et surtout, faire que les citoyens obtiennent une plus-value au niveau des services.» 

Le directeur adjoint illustre ses propos avec le travail fait depuis cinq ans à la Saint-Jean sur les plaines d'Abraham pour que l'événement se redéfinisse comme une célébration familiale. La beuverie qu'elle était devenue engendrait de nombreux actes de violence et des débordements. 

«C'était rendu que tous les policiers travaillaient cette journée-là. On a fait de la police intelligente. Nous nous sommes questionnés si nous pouvions mettre des moyens de prévention et occuper des lieux plus problématiques. On a pris un pas de recul, on a regardé nos façons de faire et ça a fonctionné. Des fois, régler un problème ne veut pas juste dire mettre plus de policiers à un endroit.»

Changement global

Mais ces modifications «à la pièce» doivent cesser. La direction plaide pour un changement global des pratiques policières. «Nous pouvons le faire parce que nous possédons maintenant des données très pointues qui nous permettent de mieux analyser les situations. Sans compter que nous avons une fenêtre d'opportunité avec la fin de la convention collective échue depuis le 1er janvier», précise M. Bélanger.

Le comité sur la réorganisation de la gendarmerie - c'est le terme employé - a été créé début janvier. M. Bélanger a entamé vendredi dernier une tournée auprès des quelque 725 policiers pour leur expliquer le projet. 

«Une des premières tâches du comité est d'analyser ce qui se fait ailleurs dans des services de police comparables à celui de Québec. D'ici six à sept mois, nous aurons déjà plus de détails sur les avenues possibles», conclut-il.

Jocelyn Bélanger, directeur adjoint de la police de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Jocelyn Bélanger, directeur adjoint de la police de Québec

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Confronté à la «nouvelle» réalité de Québec

Faut-il conserver les quatre postes de police actuels? Comment intervenir auprès des personnes avec un problème de santé mentale? Des policiers doivent-ils se déplacer pour chaque plainte reçue? C'est à ce genre de questions que le service de police est confronté.

Le directeur adjoint, Jocelyn Bélanger, se garde bien de vouloir avancer les solutions d'un comité de réorganisation à peine naissant. Cependant, il admet que tout doit être mis sur la table.

Par exemple, le service compte quatre postes sur son territoire: Québec, Beauport, Sainte-Foy et Haute-Saint-Charles. «Le parc immobilier fait partie de la réflexion», annonce le directeur adjoint. D'ailleurs, les travaux du comité de réorganisation auront un impact sur la construction d'une nouvelle centrale au parc Victoria. 

En décembre, le chef de police Michel Desgagné expliquait sa décision de reporter le projet de 85,2 millions $. «C'est pas pour une question de coûts. C'est parce que je pense qu'on avait mal transmis nos besoins. Je veux le faire comme il faut [...] Si ça devient trop cher, est-ce qu'on peut regarder le parc immobilier qu'on a ailleurs? On verra.»

Parmi les autres avenues, il pourrait être aussi possible d'ouvrir des postes de quartier au centre-ville ou même de créer des patrouilles à pied. «Ce qui marche bien, on va le garder. On ne veut pas refaire la roue, mais revoir nos façons de faire», répète-t-il.

Parmi elles, il y a la procédure d'enregistrement d'une plainte. «Dans certains dossiers, on n'a pas de preuve ou aucun suspect. On doit se demander si le policier doit toujours se rendre sur un appel. Peut-être que le plaignant veut enregistrer sa plainte par Internet», suggère M. Bélanger. Pour cela, il faut penser développer un portail sécurisé.

La hausse du nombre d'interventions auprès de personnes qui vivent avec des troubles mentaux est un autre phénomène à considérer. «On reçoit cinq ou six appels par jour. Comment peut-on intervenir mieux auprès d'eux? C'est le genre de questions qu'on doit se poser.»

La Fraternité devrait être consultée

Le président de la Fraternité des policiers de la Ville de Québec, Marc Richard, a entendu parler des intentions de la direction, mais attend d'en apprendre davantage avant de se prononcer sur le projet en cours. «Nous sommes au fait des informations qui circulent. Cependant, rien n'a encore transpiré du comité, indique-t-il au Soleil. On comprend que nous devrons être mis au fait parce que les changements qui surviendront pourraient avoir un impact sur les conditions de travail de nos membres», ajoute le président du syndicat. Une vision partagée par la direction. Le contrat de travail des policiers est venu à échéance le 31 décembre 2014. M. Richard précise qu'il n'y a eu qu'une seule rencontre entre les parties à la fin de la dernière année «pour mettre la table». Les véritables pourparlers n'ont pas débuté. Évidemment, ils seront liés aux conclusions du comité de réorganisation de la gendarmerie.  

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