Procès pour violence conjugale: «Je ne l'ai jamais battue gratuitement»

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Le juge François Huot n'achète visiblement pas l'explication de l'accusé Mathieu Vanasse-Carpentier voulant que la consommation de drogue ait changé sa personnalité et soit à l'origine de sa violence.

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(Québec) Mathieu Vanasse-Carpentier s'attribue «60-70 %» des torts dans les sévices endurés pendant trois ans par son ex-copine. «Je ne l'ai jamais battue gratuitement, il y avait toujours un contexte», a-t-il expliqué jeudi.

À ces mots, le juge François Huot, exaspéré, jette ses lunettes sur son bureau et s'adosse dans son fauteuil. «Vous êtes en train de me dire que tout ça ne serait pas arrivé si votre conjointe ne vous avait pas confronté en paroles ou si elle ne s'était pas mise devant la porte pour vous empêcher de sortir?»

Effectivement, répond l'homme de 30 ans, qui dit n'avoir jamais battu un homme ni une autre femme. «C'est sûr que j'ai mes torts, mais dans un couple, on est deux, dit Vanasse-Carpentier. Si j'avais pu sortir pour prendre l'air et me calmer, il y aurait beaucoup de situations qui auraient pu être évitées.»

Le juge François Huot n'achète visiblement pas l'explication de l'accusé voulant que la consommation de drogue ait changé sa personnalité. «Êtes-vous en train de me dire que ce qui vous rendait violent, c'est de fumer 10 joints de cannabis par jour?» demande le magistrat, sceptique.

L'accusé assure que oui, car la drogue, dit-il, le refermait sur lui-même et le rendait plus susceptible d'exploser.

Selon Vanasse-Carpentier, la consommation de drogue chimique l'a rendu «déviant» sexuellement. À de multiples reprises, l'accusé a contraint sa copine à le pénétrer avec des vibrateurs sous peine de se faire battre. Il l'a aussi sodomisée de force.

Ses envies n'étaient pas impulsives et seulement sous le coup de la drogue, tranche le juge Huot. «Vous avez été acheté un strap-on [vibrateur à harnais] à la victime, vous ne me ferez pas croire que ce n'était pas prémédité!» lance le juge à l'accusé.

Excuses en larmes

Au cours de ses 17 mois de détention, Vanasse-Carpentier a suivi une dizaine de cours pour apprendre à gérer sa colère.

En pleurant, Mathieu Vanasse-Carpentier a présenté ses excuses à sa victime. Il lui assure qu'elle n'a pas à avoir peur de lui, qu'il ne cherchera jamais à se venger à sa sortie de prison. «Je veux que tu vives en paix, sanglote-t-il. Vis ta vie, je vais vivre la mienne.» Vanasse-Carpentier a imploré la clémence du juge, assurant vouloir mener «une petite vie tranquille», en reprenant le garage de mécanique de son père à Sainte-Geneviève-de-Batiscan et en fondant une famille avec son actuelle fiancée.

Durant tout le discours, la victime regarde son agresseur sans broncher. En toute fin de journée, la jeune femme s'est écroulée en sortant de la salle d'audience, submergée par le stress des procédures. Son entourage l'a aussitôt pris en charge.

Suggestions aux antipodes

La procureure de la Couronne Me Josée Lemieux réclame une peine de détention de 10 à 13 ans pour l'auteur de cette violence «extrême et sauvage», dit-elle, qui a duré près de trois ans. La détention maximale dans un cas de voies de fait graves est de 14 ans. Si la victime, une jolie universitaire de 24 ans, n'a pas de séquelles physiques, les conséquences psychologiques risquent d'être permanentes. Peur constante, idées suicidaires et estime de soi démolie, rappelle Me Lemieux. La Couronne réclame aussi que l'accusé purge la moitié de sa peine avant d'être admissible à une libération conditionnelle.

Mathieu Vanasse-Carpentier, qui n'a pas d'antécédents judiciaires et montre des remords, devrait se voir imposer une peine de trois ans, estime quant à lui son avocat Me Jean-François Lauzon. Si l'on soustrait l'équivalent de 25 mois de détention provisoire, Vanasse-Carpentier n'aurait plus que 11 mois à purger.

En réponse à une question du juge Huot, la victime avait affirmé qu'à ses yeux, la sentence appropriée serait l'emprisonnement à perpétuité. «Je ne le laisserais jamais sortir, pour la société et pour toutes les femmes.»

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