Délit de fuite mortel: le procès de Valérie Tremblay débute

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Ce n'est que le lendemain matin que Valérie Tremblay a constaté l'étendue des dégâts sur son pare-brise.

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(Québec) «J'ai entendu un «pock!» et j'étais certaine que c'était un animal.» D'un air détaché, presque froid, l'infirmière Valérie Tremblay explique à un enquêteur pourquoi elle a quitté les lieux après avoir frappé un piéton.

Valérie Tremblay, mince brunette aujourd'hui âgée de 29 ans, subit cette semaine son procès pour un délit de fuite mortel survenu dans la nuit du 6 au 7 mai 2011, à Charlesbourg.

La jeune femme, qui travaillait comme infirmière auxiliaire à l'unité de chirurgie de l'Enfant-Jésus, a voulu plaider coupable à l'automne 2013. Le juge a toutefois refusé d'accepter son plaidoyer de culpabilité, car la conductrice n'admettait pas avoir frappé une personne; elle maintenait que lors de l'accident, elle avait cru frapper un chien ou une poubelle.

Valérie Tremblay s'est rendue à la police trois jours après l'accident. Dans l'interrogatoire vidéo, présenté hier au procès, la jeune femme explique d'un ton ferme, sans émotion apparente, qu'elle rentrait chez elle vers 2h40 sur la 46e rue Est, pas très loin du boulevard Henri-Bourassa, lorsqu'elle a soudainement entendu un «pock!» venant de son pare-brise.

Elle dit s'être alors stationnée dans une entrée privée, quatre maisons plus loin, avoir regardé et n'avoir rien vu. «J'ai vu que mon pare-brise était cassé, mais dans ma tête, c'était quelque chose que j'avais frappé et non quelqu'un», explique la jeune femme.

Lorsque l'enquêteur Yves Huard lui demande pourquoi elle n'est pas sortie de son véhicule pour avoir une meilleure vue, la conductrice répond qu'il «pleuvait à siaux» et qu'elle était convaincue d'avoir frappé un animal.»

Elle va donc repartir.

Quelques minutes plus tard, un chauffeur de taxi voit Sébastien Dubé, 37 ans, couché sur la chaussée, face contre sol. Son passager appelle le 9-1-1. Le piéton, grièvement blessé, est amené à l'Enfant-Jésus. L'homme de Beauport, dont les proches assistent au procès, mourra de multiples traumatismes crâniens trois semaines plus tard.

Ce n'est que le lendemain matin que Valérie Tremblay va examiner sa Corolla bleue et, voyant l'étendue des dégâts au pare-brise, au capot et à un phare, comprend qu'elle n'a pas pu frapper simplement un animal ou un objet.

Un article sur le site web du Soleil lui fait comprendre qu'elle est probablement l'auteure d'un délit de fuite. «Moi intérieurement, je ne me sentais pas bien, confie-t-elle. C'est sûr que je ne voulais pas me cacher.»

L'interrogatoire se corse lorsque Valérie Tremblay refuse de dire d'où elle arrivait avant l'accident et si elle avait consommé de l'alcool.

Les policiers pourront établir que, comme la victime qu'elle ne connaissait pas, elle avait passé la soirée au bar la P'tite Grenouille. Elle n'est pas accusée de conduite avec les capacités affaiblies.

Valérie Tremblay assure à l'enquêteur qu'elle pense à la victime. Elle affirme que si elle n'est pas apte à travailler et a pris sa semaine de congé, ce n'est pas qu'elle a des remords de conscience, mais parce qu'elle «se sent mal avec la situation».

Le procès se poursuit aujourd'hui.

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