Le syndicat de la CBC se méfie de l'enquête sur Ghomeshi

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Jian Ghomeshi

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Paola Loriggio
La Presse Canadienne
Toronto

Le syndicat qui représente les employés de la CBC prévient ses membres que ce qu'ils raconteront à la personne chargée d'enquêter sur l'affaire Jian Ghomeshi pourrait être ensuite retenu contre eux par la direction.

La Guilde canadienne des médias a précisé que bien qu'elle «appuie vigoureusement une enquête indépendante dans cette affaire», elle est préoccupée par l'utilisation que pourrait faire la CBC des informations recueillies par l'enquêtrice.

Janice Rubin, une avocate de Toronto spécialisée en droit du travail - et particulièrement dans les affaires de harcèlement -, a été nommée le mois dernier par le diffuseur public pour présider une enquête indépendante sur le scandale Ghomeshi, l'ancienne vedette de la radio publique qui fait l'objet de cinq chefs d'accusation d'agression sexuelle et physique.

Le mandat de Mme Rubin est d'enquêter sur le harcèlement au travail à la CBC, mais aussi sur la façon dont la direction a réagi aux plaintes et allégations concernant Ghomeshi.

La Guilde précise, dans une note à ses membres, que selon la CBC, Mme Rubin enregistrera les entrevues avec les employés intéressés à témoigner.

Or, la Guilde soutient avoir appris que ces enregistrements pourraient ensuite être remis à la direction - «et servir de fondements pour la prise de mesures disciplinaires à l'égard de l'employé qui participe à l'entrevue».

«Nous croyons fermement que des preuves d'actes répréhensibles devraient faire l'objet d'enquête, et les mesures nécessaires prises, cependant, aucun employé ne devrait être mis dans une situation où il s'expose lui-même à des mesures disciplinaires à la suite de renseignements qu'il a lui-même fournis», écrit Marc-Philippe Laurin, président de la sous-section Radio-Canada/CBC de la Guilde.

Le syndicat prévient ses membres qu'il n'a pu obtenir de «garanties contre l'auto-incrimination», ou que les conclusions complètes et recommandations de l'enquête seront partagées avec les employés.

La CBC a aussi prévenu la Guilde que les employés ne pourraient enregistrer eux-mêmes les entrevues, ni obtenir copie des enregistrements de Mme Rubin ou une transcription de l'entrevue, jusqu'à ce que l'enquête soit terminée et les conclusions établies. Le syndicat rappelle d'ailleurs que ses membres ont le droit d'être accompagnés à ces entrevues par un conseiller syndical.

La direction de la CBC n'a pu être jointe pour commenter la mise en garde du syndicat.

Ghomeshi, âgé de 47 ans, a été congédié par la CBC le 26 octobre dernier lorsque des dirigeants du diffuseur ont vu des preuves qualifiées d'«explicites» de violences physiques infligées à une présumée victime. L'ancien animateur vedette de l'émission «Q» est accusé d'agression sexuelle par trois femmes. Il est aussi accusé d'avoir «étouffé, suffoqué ou étranglé» une présumée victime pour l'empêcher de résister.

Depuis ses déboires publics, neuf autres femmes ont soutenu dans les médias avoir été agressées sexuellement ou physiquement par l'animateur vedette.

Ghomeshi, lui, admet qu'il pratique le sexe brutal, mais toujours avec des partenaires pleinement consentantes. Il a été remis en liberté sous caution et son avocate a indiqué qu'il plaiderait non coupable aux accusations.

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